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lundi 8 février 2010

Réactions en cascade...

Aujourd'hui, j'ai envie de modifier quelque peu le format des billets auxquels vous avez habituellement droit sur Unique et Commun.

L'actualité a provoqué en moi de multiples indignations et je ne veux pas les taire. Dès lors, au lieu de ne traiter qu'une information et de la commenter à la manière d'un chroniqueur, je vous livre mes réactions aux différentes nouvelles en une de nos quotidiens électroniques*.

Le stress des transports en commun en région parisienne sape le moral des salariés

On ne sait apparemment plus faire de titres accrocheurs chez LeMonde.fr. L'article a au moins le mérite de s'attaquer à ce qui paraît être un truisme: les transports publics sont stressants.
Que voulez-vous ma brave dame, difficile d'être parfaitement imperméable à cette agression permanente lorsque vous devez affronter une heure de train entrecoupée d'une correspondance augmentant les chances de retard...
Vous n'avez pas le droit d'être en retard et vous le savez...tout comme les millions de français qui partagent votre sort au quotidien et doivent aussi supporter une promiscuité inconfortable. Cette meute au sein de laquelle vous vous trouver réveille le sentiment que vous n'êtes qu'un mouton dans un troupeau, installant sournoisement l'idée dans votre inconscient que vous n'êtes qu'un numéro, de la viande prête à servir les intérêts d'autres que vous devriez remercier quotidiennement parce qu'ils vous rémunèrent bien trop généreusement alors que d'autres seraient prêts à prendre votre poste pour moins cher.
Bien sûr, ces mêmes autres se moquent bien eux de servir l'intérêt général...
Alors ajoutez à cela, la racaille du coin qui vient s'afficher en essayant de semer la crainte dans votre rame...
Oui, les transports publics sont stressants.

Régionales : l'UMP en tête des intentions de vote, le PS en progression

Pourquoi ai-je le sentiment désagréable que l'on continue à s'enfermer dans un clivage qui ne devrait plus exister?
Que l'UMP ou le PS sorte vainqueur des régionales doit-il nécessairement déboucher sur un renversement du sarkosisme en 2012?
Si tel était le cas, faut-il souhaiter que l'on retombe à nouveau dans le bipartisme UMPS qui nous a amenés là où nous en sommes aujourd'hui?
Voilà près de 30 ans que les deux monolithes s'échangent le pouvoir... pour moi, la tendance générale est claire: la dégradation.

Le poids des "émergents" à l’ONU freine de nouvelles sanctions contre l’Iran

La Chine se fait le leader des pays émergents, comme la résurgence d'une bipolarisation mondiale que l'on a connu autrefois entre soviétiques et capitalistes...sauf qu'ici, on s'acoquine volontiers avec une dictature en l'enrichissant sans cesse parce que la misère des autres, ça nous arrange bien...et que la dictature on s'en fout tant qu'elle reste chez elle...
Sauf qu'à force de s'enrichir, cette dictature risque bien un jour de montrer les biceps...et cela a déjà commencé...
Mais bon, tant qu'il y a du fric à se faire, on s'en fout !

Identité nationale : les mesures envisagées par le gouvernement

Je rejoindrai volontiers la Méluche qui s'exprimait au micro de RTL hier soir.
Je ne suis pas véritablement de gauche mais sur cet aspect là, je suis en total accord avec l'ex-socialiste:
Nous nous plaignons que débarquent sur nos côtes quotidiennement quantités d'immigrés clandestins (ou non), arrachés à leur pays, leur famille, leurs amis, par l'impérieuse nécessité de survivre et ceci, parce que nos chers pays occidentaux ne se gênent pas pour s'enrichir à leurs dépens créant les conditions de l'invivable, leur interdisant de s'émanciper véritablement de notre domination économique.
Les Démocrates ont par ailleurs toujours développés cette question sous cet angle. La seule véritable réponse au problème de l'immigration massive est le développement des pays pauvres.
J'ai toujours beaucoup de mal à ce que l'on considère qu'un territoire nous appartient en exclusivité à tel point que l'on se montre inhumain face à la misère.
Un peu comme les SDF dans le métro, on préfère détourner le regard et continuer son chemin.
Certains vont même jusqu'à les interdire dans leur ville...
Les immigrés clandestins sont les SDF de l'Occident.

Lever le voile sur les ambiguïtés, par Frédéric Bourgade

Curieux événement que celui-ci. Le NPA nous propose sur leur liste aux élections régionales dans le Vaucluse, une candidate s'affichant avec le voile. Or, le NPA est peut-être ce qui se fait de plus athée dans le panel des idéologies politiques représentées en France...coup de pub ou non, peu m'importe.

Ne croyez pas que je devienne Frontdegauchiste, mais ici aussi je suis d'accord en partie avec Jean-Luc Mélenchon qui démontre que l'on peut être républicain ET de gauche: la religion n'a rien à faire dans le paysage politique. Elle est affaire de coeur et de conscience personnelle. A partir du moment où l'on décide de participer politiquement à la vie de la Cité, on ne saurait afficher de manière ostentatoire ses croyances religieuses.
Cela n'interdit pas de les assumer mais cela dicte d'en réserver la pratique et l'expression à la sphère privée et personnelle.

Je n'ai pas envie qu'un représentant politique me parle de Dieu. Et c'est un Catholique qui vous le dit.

Heureusement, je ne suis pas politicien.

*LeMonde.fr est ma source principale pour ce billet.


samedi 7 novembre 2009

Retour sur l'actualité de la semaine

Certains commentateurs ont justement souligné que le rythme de ce blog était irrégulier cette semaine.

Impossible de bloguer depuis le travail, surcharge oblige.
Impossible de bloguer depuis la maison, deux enfants en bas âge et la fatigue de la journée s'y ajoute.

Que voulez-vous cher lecteur, je ne suis pas surhumain. Et bloguer doit rester ludique.
Cela ne m'empêche pas d'avoir entraperçu quelques informations et quelques billets cette semaine m'ayant donné l'envie de réagir.

1. David Douillet: j'ai déjà dit ma grande déception qu'il y ait encore une majorité d'électeurs s'exprimant votant aveuglément pour un visage connu et un sticker UMP. Mais le résultat est là. David Douillet a été élu sans que cela souffre de contestations. Cette tendance à vouloir ressortir des écrits anciens pour entâcher la personne du fraîchement élu est nauséabonde. S'il avait fallu agir, il aurait fallu voter. Ceux qui n'ont pas voté n'ont qu'à se taire, ceux qui ont voté doivent accepter le résultat. Cela n'interdit pas de commenter et de s'indigner mais sur un terrain politique. Personnellement, je me fous que David Douillet soit prétendument misogyne. Il y avait un bon nombre de raisons bien plus pertinentes sur lesquelles il aurait fallu s'en prendre au député débutant. Des raisons politiques de surcroît.
Extraire une phrase d'un livre vieux de quelques années ressemble plus à une attaque sous la ceinture, comme indigné par son impuissance à lutter contre l'inacceptable.

2. Christophe Ginisty: d'une certaine sympathie à son endroit, je nourris de plus en plus un certain scepticisme voire un agacement contre l'ex-fondateur des Promoteurs. Son acharnement contre le Mouvement Démocrate et aujourd'hui, sa volonté provocatrice de réunir les "déçus" laisse à penser de plus en plus que Christophe Ginisty est un opportuniste mû non par des convictions politiques mais par des pulsions personnelles. Tout chez lui démontre qu'il s'agit avant tout d'une affaire d'ego. Les Promoteurs étaient indissociables de la personne de Christophe Ginisty, son blog a été alimenté par un nombre important de querelles personnelles. De fidélité, il a avoué publiquement son antipathie contre le personnage de François Bayrou, les fidèles de Ginisty s'en prennent depuis fort longtemps à la personne de Marielle de Sarnez, etc.

3. Rama Yade: après s'être fait vertement tancé par "The Invisible PM" (le Premier Ministre Invisible), certains pensent qu'il faudrait sauver le soldat Rama Yade. Le Parti Socialiste lui aurait ainsi offert un droit d'asile en lui proposant d'être la tête de liste PS aux élections régionales au sein même du fief de la sarkozie, les Hauts-de-Seine. Je ne crois pas que cela contribue à éclaircir la ligne politique du monolithe en décrépitude. Pis encore, à trop singer l'hypergesticulant, on finit par se tâcher soi-même.
Le PS ferait mieux d'affirmer haut et fort l'abandon des idées communistes en faveur de la socio-démocratie et de l'économie de marché. Cela éviterait que l'on traite des DSK, Peillon ou autres d'ennemis infiltrés.
En bref, on n'apprend rien de bien nouveau dans cette affaire Rama Yade, Nadine Morano est toujours égale à elle-même, le Frédéric Lefebvre au féminin...et croyez-moi, ce n'est pas un compliment.

4. Le droit à l'image: terrible message envoyé par le gouvernement au monde du sport qui est déjà fort marginalisé en France, football excepté. Une mesure qui non seulement est démagogique mais qui de plus aura pour effet pervers de faire perdre potentiellement une source importante de revenu fiscal en ce que ce sont autant de grands sportifs qui s'expatrieront
ou qui ne viendront pas en France et donc à terme, la masse salariale des clubs diminuera.
Ce sont autant de charges sociales et d'impôts sur le revenu en moins pour Bercy.
Il aurait fallu raisonner d'un point de vue européen mais le droit fiscal ne fait pas encore partie de l'harmonisation communautaire.
Il est étrange que l'on s'attaque à une telle niche fiscale lorsqu'il aurait été peut-être plus opportun de s'atteler en priorité aux avantages concédés aux grandes entreprises ainsi qu'aux grandes fortunes. Oubliais-je, on ne touche pas au club du Fouquet's.

En conclusion, cela fait donc trente mois en Sarkofrance et je ne vois aucune raison pour reconduire Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République.

Mais selon mon beau-père, il est persuadé qu'il ne se représentera pas en 2012...j'aimerais le croire moi aussi.

mercredi 24 juin 2009

Un MoDem au gouvernement? Oui, on sait...

Certains se jettent un peu trop facilement sur une nouvelle qui n'en est pas une.

Allez lire ce très bon billet chez Skeptikos qui explique très bien ce secret de polichinelle et cette nomination qui vient remercier un politicien pour bons et loyaux services.

Obama europhile au bas mot !

Oui, le jeu de mot est facile et je l'assume.

Je vous faisais déjà part récemment de la décision des Conservateurs anglais menés par David Cameron de se retirer du groupe du PPE, animés par un important euroscepticisme. Or, le Labour actuellement au pouvoir étant à l'agonie, il y a de grandes chances que les prochaines élections législatives du 3 juin 2010 consacrent l'alternance bipartiste. Le Royaume-Uni pourrait bien prendre un tournant eurosceptique ferme dans la mesure où le leader des Tories s'est déjà exprimé nettement en faveur d'un retrait de l'Union Européenne.

Le gouvernement de Tony Blair avait déja affirmé sa vision atlantiste notamment à l'occasion de l'invasion de l'Irak, semant la division au sein de la famille européenne et emmenant dans son sillon des pays comme l'Espagne. Dès lors, les conservateurs britanniques bien mal inspirés voudraient confirmer cet élan en se détournant de sa famille européenne pour embrasser ses cousins d'Amérique du Nord.

Pourquoi bien mal inspirés?

Non pas parce que la crise financière actuelle aurait des raisons de calmer certaines ardeurs pro-américaines, mais bien parce l'actuel gouvernement à Washington ne souhaite pas voir le Royaume-Uni opérer un tel revirement.

En effet, selon le Financial Times, Barack Obama s'est exprimé en faveur d'une Union Européenne unie à l'occasion de questions abordées en matière défense et de sécurité internationale, infligeant au passage un camouflet à David Cameron:

Le message est particulièrement pertinent à l'égard de M.Cameron, comme je l'ai entendu moi-même la semaine dernière. Barack Obama, selon des hauts fonctionnaires américains, croit sincèrement en l'Europe. Mais il n'est pas sentimental à cet égard. Le Président américain n'est pas intéressé dans les arguments théoriques sur l'intégration ou le fédéralisme. Il veut savoir quelle sera la contribution de l'Europe en matière de sécurité mondiale.

(...)

Le gouvernement américain semble réellement perplexe à l'égard de l'enthousiasme de M.Cameron de se retirer de l'Europe. L'hostilité à l'égard de la co-opération démontrée par Liam Fox, le conseilleur conservateur à la Défense, n'est pas passée inaperçue. Si M.Cameron transpose une telle politique au gouvernement, la relation spéciale entre Royaume-Uni et les Etats-Unis pourrait bien devenir soudainement moins spéciale.

L'art de mettre la pression sans trop en avoir l'air. Qui aurait dit qu'un vent d'europhilie pourrait venir du gouvernement américain? Il y a peu, encore personne.

mardi 23 juin 2009

Mitterrand à la Culture !

Je m'arrête cinq minutes pour commenter cette nouvelle vue chez Nicolas, Libération nous informe que Frédéric Mitterrand devrait remplacer Christine Albanel au Ministère de la Culture.

Quoi de plus normal qu'un spécialiste des monarchies au service de notre monarque élu?

Bon en même temps, c'était ça ou Stéphane Bern...

La France: l'histoire d'une monarchie qui s'ignore

Fanfare et paillettes, le Président de la République française vient d'achever en grandes pompes son triomphe romain, comme le souligne Libération.fr.

L'analogie me semble loin d'être impertinente. Incomplète toutefois.

Nicolas Sarkozy s'exprimant devant le Congrès à Versailles: difficile de ne pas y voir des allures de Jules César souhaitant s'imposer face au Sénat au retour de la campagne des Gaules. Notez un instant l'imprécision de la page Wikipédia qui parle de "Conquête des Gaules" lorsque c'est précisément ce point qui a nourri de fortes tensions en 51 av.JC . Conquête ou campagne? L'ager romanus, le territoire de la République s'est-il étendu à l'occasion des batailles livrées?
D'aucuns considéraient alors la Gaule comme territoire romain lorsque d'autres soulignaient au contraire que la guerre remportée par le Proconsul Jules César était l'événement, le fait générateur comme les juristes disent, qui assit définitivement la domination romaine sur les gaulois.

Ces fortes tensions étaient loin d'être des discussions de forme, chacun connaissant l'enjeu du triomphe romain. Le Sénat voyait en ce Jules César, auréolé de ses victoires récentes, une grande menace pour la République dont les institutions déjà usées par le temps résisteraient difficilement à une figure aussi populaire, à la fois héros du peuple et icône de l'armée. Or, Jules César cachait peu son ambition de prendre le pouvoir aux élites corrompues de Rome afin de le restaurer en faveur du peuple. Un Robin des Bois avant l'heure en somme.

Ainsi, le triomphe romain était le symbole donné au peuple d'une légitimité consacrée et incontestée d'un meneur, d'un Sénat soumis devant la toute-puissance d'un héros du peuple.

C'est ici que l'analogie prend tout son sens.

Si Nicolas Sarkozy ne jouit pas d'une légitimité historique, comme le Général de Gaulle au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, celui-ci se fonde sur la légitimité populaire qu'apporte le suffrage universel direct. Dès lors, l'image donnée urbi et orbi, n'est pas celui du chef de l'exécutif s'exprimant devant les représentants du pouvoir législatif, mais celui d'un leader qui veut faire prévaloir sa légitimité sur toute forme de contre-pouvoir.

Cette manoeuvre est loin d'être anodine et bien qu'elle nous ait été vendue par certains comme l'évolution naturelle d'un régime présidentialiste, il n'en est rien.

L'héritage des philosophes des Lumières, inspirateurs de la Révolution Française, fondateurs de l'ère moderne institutionnel, reposait notamment sur une théorie si chère à Locke et Montesquieu: la séparation des pouvoirs. Quel que soit le régime adopté à travers le monde, ce principe fondamental a été brandi afin de protéger nos sociétés des dérives totalitaires et monarchiques: éviter les collusions, les connivences ainsi que la concentration des pouvoirs qui désservent nécessairement l'intérêt général.

Certaines nations, comme la France ont transposé ces principes de manière relativement peu franche. D'autres comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, ont eux, farouchement et scrupuleusement implémenté ces garde-fous.

C'est ainsi que plus de 250 ans d'évolution, confortés par plus de 2000 ans d'Histoire, nous ont appris que le chef de l'exécutif devait rester responsable devant le Parlement. Les fondateurs de la Ve République avaient composé avec cet impératif en instituant un pouvoir exécutif bicéphal, le chef du gouvernement, responsable devant les représentants du peuple, et le chef de l'Etat, dont seule la responsabilité pénale pour haute trahison peut-être engagée. Nulle motion de censure, nul impeachment, nulle atteinte politique ne sauraient être mis en jeu. Ce pourquoi les Présidents successifs depuis 1958 ont toujours respecté avec plus ou moins d'ardeur cet héritage républicain.

Le passage au quinquennat conjugué au changement du calendrier électoral, la disparition des périodes de cohabitation, la possibilité pour le Président de s'exprimer devant le Parlement sans qu'aucune réponse ne puisse lui être apportée, sont autant d'éléments qui ont provoqué le glissement d'un régime sui generis, que d'aucuns qualifient de présidentialiste, vers un régime présidentiel mais privé des gardes-fous démocratiques.

Ainsi, un régime présidentiel où le chef de l'Etat n'est responsable ni politiquement, ni pénalement n'est plus un régime démocratique. Ajoutons à cela la concentration des pouvoirs constitutionnels (législatif, exécutif et judiciaire) ainsi que les autres formes de pouvoir (financier et médiatique) aux mains d'un réseau incarné par le Président de la République, le régime devient de fait une monarchie élective. N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, une monarchie n'est pas nécessairement héréditaire.

Dès lors, lorsque le Président de la République bafoue une tradition inscrite dans le marbre depuis 1875, année où la monarchie a définitivement disparu des institutions françaises, celui-ci inflige bien un dangereux camouflet aux principes essentiels de la démocratie républicaine.

Oui, je crois bien qu'il s'agit ici de singer Jules César imposant son triomphe romain. Lorsque l'on sait que Jules César a été le dernier Consul de Rome avant qu'Octave, son héritier désigné, ne devienne Auguste, 1er Empereur romain, achevant définitivement la République moribonde, il y a de quoi nourrir de grandes craintes que l'histoire ne se répéte, fût-ce de manière plus sournoise.

Il est ainsi absolument risible d'assister aux manoeuvres de la Présidence destinées à leurrer le peuple quant à la survivance d'un Etat démocratique, d'un gouvernement responsable devant le Parlement. C'est dans ce cadre que s'inscrit le prochain remaniement ministériel: de la prestidigitation détournant l'attention du chaland sur le truc qui permet de faire le tour.

En attendant, il s'agit bien d'une monarchie élective.

lundi 22 juin 2009

La Burqa ne passera pas par moi

Je singe volontairement cette fameuse campagne publicitaire, non pas pour m'opposer à la burqa (bien que je le sois par principe) mais pour lutter contre l'omniprésence médiatique et bloguesque dudit sujet sur la toile.

On en parle partout notamment chez Nicolas, Suzanne, l'Hérétique, Criticus et même chez Aliocha.

Je m'interroge profondément sur l'opportunité d'un tel sujet. Mais pourquoi diable apparaît-il précisément à ce moment? La crise économique ne voit pas de fin, les élécteurs se détournent de la politique, certaines affaires de corruption sont en train de voir le jour, Nicolas Sarkozy organise un Triomphe Romain à Versailles aux frais de la République, et je ne parle même pas des sujets internationaux notamment avec l'Iran.

Et quel sujet à polémique, fortement trollogène, nous donne-t-on à moudre?
Le port de la burqa et de ses ersatz dans l'espace public français...

Concentrer une attention aussi minime sur ce sujet sans aucune pertinence en termes d'actualité (un fait divers a-t-il généré la discussion? des statistiques viennent-elles d'être publiées par un organe officiel?) revient à soustraire celle-ci des questions qui elles, se posent actuellement à nous. Aujourd'hui.

Ne participons pas à ce phénomène de suraccumulation de l'information, forçant les médias et les lecteurs à "zapper" alors que des sujets comme ceux que j'ai évoqués ci-dessus méritent le temps de la réflexion et surtout, de la pression médiatique sur le long terme.

dimanche 21 juin 2009

Amis Démocrates, arrêtez de tirer sur l'ambulance !

Voilà le genre d'attitude que je crains.

Comment tirer sur son camp en une leçon.

C'est ce qui s'appelle jeter le bébé avec l'eau du bain...

Il y a un parallèle intéressant à faire avec les relations psychologiques parents/enfants:

Lorsqu'il grandit, l'enfant réalise petit à petit que ses parents ne sont pas les êtres idéaux et divins qu'il avait fantasmés.

Dans ce parcours de déception, l'inconscient cherche spontanément une branche sur laquelle il puisse se soutenir dans la mesure où les deux parents représentent les piliers de leur évolution, de manière iconique, du moins dans la phase pré-pubère.

Aussi, face au traumatisme crée par la déception du parent désacralisé, dans sa construction basée sur les modèles parentaux, l'enfant va-t-il souvent mettre en place un mécanisme contradictoire consistant à idéaliser le parent qui ne l'a pas encore déçu et à désidéaliser profondément l'autre et ce, afin de contrebalancer la profondeur la blessure par une forte sécurité.
La déception provoque la peur et le doute contre lesquels ces enfants vont opposer la force d'un modèle parental idéalisé...mais qui ne repose sur rien de bien concret.

C'est un peu la sensation que j'ai en lisant des billets comme celui-ci. J'ai été déçu par le fonctionnement du Mouvement Démocrate jusqu'à aujourd'hui, je me tourne vers les solutions alternatives. Ne répétons pas ce schéma psychologique en conspuant ce qui a été le fonctionnement du Mouvement Démocrate jusqu'à ce jour et en idéalisant les solutions alternatives (Europe-Ecologie? Cap21, les Promoteurs...).

Que l'on s'entende bien: que des idées s'expriment par un prisme autre qu'institutionnel m'apparaît nécessaire. Pour autant, cette agitation doit se faire en un temps limité et ces idées doivent nécessairement être traduites par l'appareil du parti afin d'être concrétisées.

A défaut, il ne s'agit que d'énergie dissipée dans la nature. Pis encore, la multiplication de ces initiatives donnera à l'extérieur la perception d'une cacophonie ou d'une lutte des égos.

Dès lors, je crois nécessaire de provoquer des réunions de discussions entre les adhérents et la direction du mouvement, Président et Vices-Présidents.

Nous ne pouvons nous permettre de dériver à la façon du PS ou des Verts, ce pourquoi nous ne pouvons laisser les initiatives isolées se multiplier. Réunissons-nous pour dans un premier temps analyser les raisons de l'échec (tout le monde ne s'accorde pas sur le constat).
Ensuite, établissons les solutions. Ce travail doit se faire dans le temps de la discussion et de la réflexion et c'est ce qui est actuellement mené depuis les fédérations départementales jusqu'au niveau national.

En attendant, il faut cesser de donner l'image d'un parti en dérive, aussi importantes soient les raisons de la grogne.

Je me permettrais de vous livrer mon opinion personnelle sur les raisons de l'échec vu d'Angleterre: le problème n'est pas idéologique, loin s'en faut. Il s'agit avant tout d'un problème de communication. L'incroyable travail des Conventions Thématiques n'a pas été "vendu" à l'électorat. Où sont les deux ou trois idées force? Quel argumentaire "unifié" a-t-il été développé par les militants et les cadres du mouvement? Pourquoi François Bayrou a-t-il été surexposé médiatiquement par rapport aux autres candidats?

La bévue de François Bayrou face à Daniel Cohn-Bendit n'aura été que le paroxysme de l'échec de communication.

Mais par pitié épargnez-nous les analyses péremptoires à l'emporte-pièce qui encenseraient le programme d'Europe-Ecologie prétendument européen mais dont la plupart des électeurs n'en connaissait aucune ligne, tout en démolissant celui du MoDem, supposément réduit à la candidature de François Bayrou en 2012. Relisez le programme européen du MoDem. Je doute que vous ne vous y reconnaissiez pas.

Ainsi, doit-on jeter l'anathème sur tout ce qui a été réalisé jusqu'à aujourd'hui? Ne peut-on faire preuve un tant soit peu de tolérance à l'égard de certains errements? Réformer ne signifie pas démolir !

La situation est urgente, certes mais il est avant tout urgent de communiquer entre nous. Et comme dans toute communication, il nous faut une direction. Celle du MoDem.

vendredi 19 juin 2009

Plan de com' à pas cher, qui n'en veut?

Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique avait organisé un dîner mardi 16 juin avec plusieurs représentants éminents de la blogosphère, accueillis pour l'occasion sous les ors de la République.

Spontanément, je ne peux m'enlever de l'esprit ce billet d'Aliocha sur les tentatives de manipulations exercées par le pouvoir sur la blogosphère, fût-ce à son corps défendant. Si l'on peut déjà craindre la collusion, il faut surtout redouter l'instrumentalisation qui puisse en être faite.

Or, en l'occurrence, on ne peut que s'interroger dans un premier temps sur le profil des invités, uniquement blogueurs politiques, Criticus nous en dresse par ailleurs une liste non exhaustive.

On nous répondra que le thème de la soirée ne concernait que les blogueurs politiques. En effet, comme indiqué chez Luc, le Chef avait mitonné au menu du dîner:
Y a-t-il une conscience politique numérique ? Quel est le véritable impact d’Internet sur une élection, sur une décision politique ? Quelle est la frontière entre le journaliste et le blogueur ? Le citoyen de demain sera-t-il forcément connecté? A quoi ressemblera l'élu 2.0 ?
Or, voyez-vous, comme Criticus me l'a confirmé en commentaires, ces questions n'ont pas été abordées. La ministre l'aurait "regretté à la fin de la réunion". Bon, on s'en est mis plein la panse, on a eu une discussion détendue et informelle...ah zut, on a oublié pourquoi on s'était réuni. Cela peut arriver entre copains, on se laisse enivrer par la légèreté du moment, mais ramené à une conférence, ou une colloque professionnel, ne pas aborder ne serait-ce qu'une seule des problématiques au programme a de quoi laisser circonspect.

Heureusement, certains internautes restent vigilants. On peut lire ce commentaire pertinent d'Aurélien chez Criticus:
(...) ce principe de com qui fait des blogueurs des "intimes" de cette sphère politique inaccessible au commun des mortels, en échange de quoi chacun va y aller de son billet amusé, critique ou enthousiaste, c'est un jeu gagnant gagnant. Mais c'est elle qui tirera le plus grand bénéfice de cette flatterie subtile. Le but de la manoeuvre est d'avoir des commentaires légers (donc positifs pour NKM) sur son nom, ce qui alimente son image branchouille malgré vous. La blogosphère est instrumentalisée malgré elle depuis la présidentielle de 2007, c'est une formidable caisse de résonnance pour pas cher.
On peut effectivement réfléchir à cela. Doit-on ou ne doit-on pas rédiger des billets sur ces soirées? Croit-on réellement que si demain les blogueurs cessaient de publier des billets sur ces réunions, celles-ci continueront à être organisées par les représentants du pouvoir?
Comment se fait-il que certains blogueurs, comme Criticus, ne s'étonnent pas publiquement que le thème de la soirée n'ait même pas été évoqué, qu'il n'y a eu aucun débat formel, etc...

Restons vigilants.

jeudi 18 juin 2009

Ca promeut, et ça promet !

Un petit message rapide pour signaler l'initiative lancée par quelques cadres du Mouvement Démocrate, destinée à "ne pas reproduire les mêmes erreurs", objectif fort louable.


Bon, je passerais rapidement sur l'esthétique du site qui s'approche plus du décor de "Big Brother à la Star Academy a échangé sa maman" que d'un site institutionnel, le dynamisme en plus.
Je ne m'attarderais pas non plus sur le choix du nom "les promoteurs" qu'on n'arrive difficilement à dissocier de Century21 ou de la Fnaim.

Il reste que l'initiative a le mérite d'exister et qu'elle ne réclame pas à corps et à cri la tête des dirigeants actuels, contrairement à quelques iznogouds en puissance, pressés de reproduire les erreurs du PS ou des Verts.

Souhaitons-leur bonne chance même si vous n'êtes pas militant démocrate, après tout plus on a de choix, plus le résultat d'un suffrage est pertinent.

Venissieux - Kaboul

Vu chez Nicolas, qui l'a lui-même vu chez Romain, qui l'a lui-même vu sur Libération.fr, le député-maire de Venissieux, (banlieue lyonnaise) souhaiterait réunir une commission parlementaire pour réflechir à l'interdiction de la burqa.

Délicate question que voilà.

Spontanément, je m'érigerais moi aussi contre le port de ce que je considère comme un carcan imposé par les hommes. D'ailleurs, c'est bel et bien ce que les défenseurs de la burqa, tenue que nous avons découvertes au travers des talibans d'Afghanistan, avancent: la burqa est destinée à protéger les hommes de leurs pulsions sexuelles.

Ce qu'il y a d'insupportable dans cet argumentaire est cette tendance à la déshumanisation des comportements, agir comme si nous n'étions que des bêtes dépourvues de conscience, incapables de lutter contre nos instincts primaires. Comment ne pas y voir une discrimination du faible contre le fort, qui une fois le pouvoir entre les mains, s'est empressé de déplacer le fardeau de la responsabilité sur autrui.
Le même type d'argumentaire que l'on retrouve dans les prétoires, lors des procès pour viol développés par ceux qui en sont suspectés: "elle m'a provoqué, Monsieur le juge!". Détestable.

Le Coran comporte certains versets fortement contextualisés dont l'interprétation aujourd'hui pourrait heurter frontalement les principes fondamentaux des Droits de l'Homme. Mais la burqa n'en fait pas partie. Il n'est nul besoin d'en rajouter une couche.

Dès lors, s'inscrivant dans la tradition plus générale "un fait divers, une loi", le député PCF André Gérin voudrait réunir une commission d'enquête parlementaire sur le port du vêtement litigieux.

D'emblée, ma réaction serait: "pourquoi pas, si tant est que cela n'aboutisse pas à une loi isolée".
Si la commission arrivait à la conclusion qu'un tel port n'est pas compatible avec les principes fondamentaux de la République, utilisons l'existant et améliorons-le.

Plusieurs pistes: la répression de la discrimination ? Les articles 225-1 et 225-2 du Code Pénal répriment déjà "toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison (...) de leur sexe" mais ne reçoit sanction que lorsque cette distinction résulte sur une décision économique (refus d'embauche, refus de fournir un service ou un bien...). Le port de la burqa n'entrait donc pas dans cette catégorie jusqu'à aujourd'hui. Les tribunaux contraints par une intreprétation de la loi pénale a minima (en ce qui concerne les faits réprimés et non le quantum de la peine) ne peuvent donc sanctionner ce comportement sur cette base, ni sur aucune autre.

L'atteinte aux bonnes moeurs? Celle-ci n'existe plus désormais que dans le cadre du délit d'exhibition sexuelle, article 222-32.

L'apologie du sexisme?

Quelle que soit la piste, une difficulté majeure se pose: qui est la victime, qui est l'auteur?
Admettons qu'une loi interdise le port de la burqa. Que faire si l'on voit une femme circuler en pareille tenue? On l'emmène au poste? On emmene le mari ou le père? La femme est-elle nécessairement innocente et l'homme coupable et vice-versa?

Je souhaite bonne chance à la commission qui se penchera sur cette question car il est tout bonnement illusoire de penser qu'une loi puisse résoudre individuellement un problème social. Alors oui, on pourra bien trouver un moyen de mettre ces tenues hors de notre vue mais en attendant, aura-t-on émancipé ces femmes de cette inacceptable soumission?
Non. Pire que cela, on se sera donné bonne conscience en ayant nettoyé les rues d'une vue qui nous incommode.
Il est en outre fort à parier que nous ne ferons qu'attiser des tensions communautaristes comme il en a été question lors du débat sur le port du voile à l'école. Or, en cette période troublée, on peut se demander s'il ne faudrait pas reporter ce sujet à plus tard.

Si l'on veut s'attaquer au problème de certaines pratiques en France, il est temps de donner une réponse éducative à un problème sociologique.

Remarquez, une fois n'est pas coutume, nos amis bruxellois ont répondu à la question en soumettant le port de costumes et de masques à une autorisation préalable, assimilant la burqa à une tenue de festival.

Je vois déjà d'ici la scène:
"Hep, vous là-bas, que faites-vous dans cette tenue?"
- Decalecatan, decalecatan...ohé ohé...

mercredi 17 juin 2009

Les dérives budgétaires du Calife

Il y a de ça plusieurs mois, je soulignais déjà l'inquiétante dérive budgétaire de l'Elysée.

Selon l'Annexe au Projet de Loi de Finances de 2009, on y annonçait que les collaborateurs du Président de la République (attention, j'ai bien dit collaborateurs et non ministres, même s'il est vrai qu'on a bien du mal aujourd'hui à distinguer les deux) verraient leur traitement ou salaire de base augmenter de 50% sur deux ans.

La crise financière et désormais économique n'avait pas encore frappé l'Occident même si la situation française était tout de même loin de l'embellie, ce qui rendait difficilement acceptable cette idée. Aujourd'hui, le marasme s'est installé, le battement d'ailes à New York a provoqué un ouragan à Paris entraînant dans son sillon de nombreux licenciements (Michelin vient encore d'annoncer la suppression de 1500 postes).

L'Elysée ne se démonte pas, et annonce une augmentation de budget de 18,5% qui selon certains serait en fait très en deçà de la réalité.
Il n'est pas étonnant de premier abord que dans ce contexte de présidentialisation du pouvoir, à l'instar des Etats-Unis, le désormais chef unique de l'exécutif s'entoure d'une pléthore de conseillers, experts dans chacun de leur domaine.

Mais...mais, voyez-vous, la France n'est pas l'Amérique et la Ve République n'est pas la Constitution Américaine (j'entends de Gaulle hurler d'outre-tombe rien qu'à cette idée).
Admettons un instant (désolé mon Général!) que nous soyons effectivement dans un tel régime (ce qui nécessiterait un grand nombre de révisions constitutionnelles...voire la convocation d'une Assemblée Constituante afin de déclarer la VIe République).

A quoi servent alors les ministères? L'augmentation du budget de l'Elysée a-t-elle été opérée par un transfert de financement des ministères dont les attributions ont glissé vers la Présidence de la République? Bien sûr que non, chers lecteurs...bien sûr que non.

Il ne faudra pas réellement compter (jeu de mots!) sur la Cour des Comptes pour obliger le pouvoir à plus de transparence: il y a bien longtemps que l'on sait que l'Inspection Générale des Finances n'est guère plus que l'antichambre du pouvoir, façon piston. Alors lorsque l'on sait que loin d'être un organisme indépendant, ce dernier se place sous l'autorité du Ministère de l'Economie et des Finances, lui-même désormais subordonné à l'Elysée...la boucle est bouclée.

On a décidément des progrès à faire pour sortir de cette bananiérisation de la République.

Petit aparté: Vous remarquerez (ou pas) que j'ai ajouté un blog à la liste de ceux que je vous conseille (sur la colonne de droite), celui de l'Hérétique. Un blog de qualité, des avis pertinents, d'autant plus qu'ils convergent souvent avec les miens, preuve s'il en est d'une grande intelligence (oui, je m'autocongratule et alors?).

mardi 16 juin 2009

Qui veut la peau de Manuel Valls?

Certains dignitaires du PS, n'appartenant pourtant pas à la génération du paléolithique, haranguent Manuel Valls par presse interposée, trop prisonniers du politiquement correct qu'ils sont.

Le jour où la direction du PS aura compris qu'il faut savoir s'émanciper de ce carcan de bienpensance, et surtout que ce n'est pas ainsi qu'ils réuniront la grande famille socialiste, peut-être retrouveront-ils un semblant de crédibilité politique.

En attendant, chers amis socialistes, si vous n'en voulez plus de Valls, vous pouvez toujours nous le donner au MoDem...nous on prend !

Hadopi est mort, vive Hadopi !













Quel rapport peut-il bien y avoir entre Richard Branson et Christine Albanel?

Nul n'ignore (sauf à résider au fin fond des steppes du Kazakhstan) qu'en France, le Conseil Constitutionnel vient de porter un coup fatal au projet de loi Hadopi, porté à bout de bras par Christine Albanel, faisant la joie d'internautes - dont votre serviteur - qui y voyaient une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales, atteinte qui plus est dénuée de toute pertinence technique, culturelle ou économique.

Pendant ce temps à Vera Cruz, au Royaume-Uni, Virgin Media, principal cablo-opérateur, vient d'annoncer un partenariat avec Universal Music visant à la mise à disposition de la totalité du catalogue musical de la Major française exempte de tout DRM en échange d'un forfait mensuel qui devrait osciller entre £10 et £15 par mois.

En contrepartie, Virgin Media s'engage à mettre en place la riposte graduée dont la mesure ultime viserait à la suspension temporaire de la connexion Internet de l'utilisateur en question.

Pour l'heure, on ne sait que peu de choses sur les procédés de preuve, la surveillance du réseau, l'intervention d'un juge ni même sur les moyens de défense pour la mise en oeuvre du dispositif.
Les FAI anglais avaient jusque là été timorés quant à la mise en place d'un tel mécanisme. Il aura fallu qu'il y en ait un pour oser faire le premier pas.

Manque de pot...c'est mon FAI...

Mais croient-ils réellement que l'industrie du disque repartira du bon pied avec un tel dispositif?
A croire que Christine Albanel et Richard Branson ne font qu'un !

Toi aussi, amuse-toi chez toi. Sauras-tu distinguer la future ex-Ministre de la Culture française de l'actuel P-DG du groupe Virgin malgré le même sourire mutin et le même regard désespéré de cocker?
Un indice (Julien Lepers sort de ce corps!): l'un des deux semblerait y connaître quelque chose au monde de la musique.

lundi 15 juin 2009

Diction du jour

Une élection ne se joue pas nécessairement sur des idées mais sur la perception que les électeurs en ont
Une devise qui devrait faire réfléchir les commentateurs des élections européennes.

La réforme oui, la chianlit non!

Que ne lis-je comme inepties sur des forums ou sites Internet de la part de membres parfois cadres, parfois simple sympathisants sur les réformes à mener au sein du Mouvement Démocrate suite à la débâcle des élections européennes.

La défaite est incontestable - et je crois incontestée -, des erreurs ont été sans doute commises mais voyez-vous, l'agonie est le moment préféré de certains pour commenter. Non pas qu'il s'agisse d'une propension mortifère mais simplement d'un traumatisme dont la douleur nous atteint au plus profond et nous réveille de la léthargie dans laquelle nous étions tombés.

Oui, car de léthargie il était question. Au gré du parcours du MoDem, les idées, le travail de terrain et le combat européen ne transitaient plus depuis le corps jusqu'à la tête et partant, depuis la tête vers l'extérieur.
Aussi, nul ne s'était réellement alarmé jusqu'à cette terrible déconvenue du 7 juin 2009, aspirés par le discours antigouvernemental de notre Président, François Bayrou.

Or, soulignons un instant cette forte incompréhension de certains Démocrates lorsque ces derniers réalisèrent amèrement qu'on ne pouvait apparemment mêler politique nationale et enjeux européens. D'un côté, d'aucuns considèrent que l'opposition frontale au gouvernement n'est guère une posture antisarkozyste, mais cet antisarkozysme n'est qu'un symptôme de l'incompatibilité définitive entre le projet de société porté par la majorité en place (que Bayrou qualifie de "société des inégalités croissantes") et celui des Démocrates, foncièrement républicain en ce qu'il est libéral* (liberté), social (égalité) et humaniste (fraternité). Or, ce projet de société est aussi valable pour la France que pour l'Europe qu'on ne peut raisonnablement dissocier.

De l'autre, le message a été perçu comme individuel, adressé par un futur candidat à la présidentielle de 2012 contre son opposant, faisant fi de l'excellent programme européen du parti et de ses candidats pourtant reconnus pour leur qualité.
Les raisons sont multiples, notamment:
- l'individualisation apparente du parti, un François Bayrou surexposé (fût-ce volontaire ou la conséquence indésirée de médias qui ne jurent que par le Président du mouvement? L'oeuf ou la poule...). Ce qui atteint François Bayrou, atteint le MoDem aux yeux des tiers.
- le discours de François Bayrou résolument antigouvernental et la parution d"Abus de pouvoir"
- une élection de groupes et de listes à laquelle le MoDem a répondu par une communication adaptée à une élection présidentielle
- un discours politique adressé aux militants qui ne sont pas ceux à convaincre.

Malgré la subtilité de la situation, certains ont cette tendance détestable, irraisonnée et épidermique, à réclamer la tête de celui qui incarne le mouvement (comme on licencie un entraîneur "fusible" dans un club de foot en dérive, persuadés que c'est l'unique solution).
On ne peut tout à fait reprocher aux médias de pratiquer cet exercice: l'urgence de l'information ne permet pas d'essayer d'analyser le fond. On se contente des apparences.

Non. Ce qui n'est pas tolérable, c'est cet appel de la part de certains à brûler aujourd'hui ce qu'ils ont encensés hier. Entre ceux résolus à jeter le bébé avec l'eau du bain et ceux déterminés à installer la collégialité, le seul choix qui nous serait offert serait:
Vous voulez mourir façon PS ou façon Verts?

Allons, allons. Les déconvenues font partie de la vie politique, aussi forte soit la désillusion.
Le tout est de savoir apprendre de ses erreurs. Pour autant, aux ayatollahs de la collégialité, je les renvoie à l'intervention de Jean-Luc Bennahmias, brillante de pertinence. Quant aux autres, je les renvoie à cette célèbre déclaration du Général de Gaulle:
La réforme oui, la chianlit, non !
Ne touchez pas aux idées ! Cessez de contribuer à répandre l'idée qu'il n'y aura pas eu de programme au MoDem, arrêtez de tirer contre votre propre camp ! Nous avons déjà fort à faire avec les autres partis d'opposition qui n'ont pas compris que tirer contre nous, c'est favoriser leur ennemi.
Traitons ensemble le problème pour ce qu'il est principalement: une erreur de stratégie de communication et un manque de visibilité des cadres du mouvement.

Le reste n'est que gesticulation d'apparatchiks.

* Veuillez comprendre libéral dans son sens véritable et non dans la dérive de sa compréhension où certains qualifient la société actuelle de libérale, ce qui est une erreur fondamentale.

dimanche 14 juin 2009

Quelle horreur !

Mes chers concitoyens, il semblerait que notre peine ait été alourdie de 5 ans ferme.

Espérons que le tribunal populaire sera indulgent en 2012 pour nous faire bénéficier d'une libération anticipée...

samedi 13 juin 2009

Sarkozy, chasseur de tête

Dans sa grande stratégie "débauchage qui a l'odeur de l'ouverture mais qui n'en a pas la saveur", le Président de la République poursuit sa quête folle consistant à fragiliser tout mouvement d'opposition à l'UMP, rappelant les plus grandes heures des démocraties...populaires.

Effectivement, si l'on peut comprendre l'envie d'assurer une réélection, frapper un homme à terre est tout de même symptomatique d'une dérive inquiétante.
Que cherche-t-il réellement à obtenir? Un parti unique en France? Le contrôle de tous les pouvoirs entre ses mains uniques avec le consentement et la satisfaction du peuple?
Le beurre, la crémière...tout ça...

Mais mettons ces considérations de côté.
Ce qui est bon de relever c'est que contrairement au PS, les membres prétendument sollicités du Mouvement Démocrate ne rompent pas...ils ne plient d'ailleurs même pas, ils démontrent que toute idée d'alliance avec un gouvernement dont ils n'ont de cesse de dénoncer les dérives est absolument incompatible avec leurs convictions politiques.

Arrêtons-nous un instant sur le mécanisme de la stratégie sarkozyste: il n'est en fait nul besoin d' offrir un portefeuille ministériel à qui que ce soit pour faire vaciller les adversaires. La tactique utilisée est celle du "name dropping" (mais comme je n'apprécie guère les anglicismes, parlons de "lâché de nom").

La technique est simple: il suffit que quelques membres du gouvernement ou bien de la majorité viennent à évoquer l'idée qu'untel est reconnu pour ses compétences professionnelles ou qu'il verrait bien untel au Ministère de l'Environnement pour que le "buzz" et l'agitation incontrôlée se diffusent au sein du parti politique concerné.

Le dernier en date concerné par une telle manoeuvre est Jean-Luc Bennahmias, Vice-Président cofondateur du MoDem et transfuge des Verts.
Oui mais voyez-vous, tout le monde ne va pas à la soupe, certains savent encore garder une certaine intégrité morale et politique.

Celui-ci a donc profité du micro qui lui était offert par Parlons Net pour affirmer sans ambages son refus catégorique de rejoindre le gouvernement si un poste lui était proposé.
L'information est relayée fidèlement par LeFigaro.fr et Rue89.com.

Avec le temps je devrais savoir qu'il ne faut pas lire les commentaires très partisans sous les articles de ces deux journaux en ligne mais que voulez-vous, faible que je suis, je ne sais pas résister à l'envie d'en découdre.

Ce qui est atterrant et à la fois inquiétant pour la vie politique française, c'est que malgré une attitude exemplaire et un discours franc - Bennhamias ne pratique pas vraiment la langue de bois - vous avez toujours une quantité importante de commentateurs pour suspecter quelque manigance inavouée.

Voyez par exemple ce commentaire sélectionné par la rédaction de Rue89 d'un internaute nommé Numerosix:
C'est bien pour des gens sensés être dans l'opposition d'expliquer longuement pourquoi ils n'iront pas ( ou n'iraient pas) au gouvernement , mais ça reste suspect …
Ce qui serait plus rassurant, quand on leurs pose la question , ce serait qu'ils répondent « Moi ? HA ! HA ! Mais ça va pas la tête , non ? »
Curieusement, ils ne répondent jamais comme ça , vous avez remarqué ?
Sur le Figaro.fr, voici un commentaire que j'ai moi-même sélectionné représentant toute une frange des lecteurs dont je ne comprends pas l'agressivité:

PhilUSA 12/06/2009 à 20:35

Ca tombe bien !...
Comme il le reconnaît lui-même, personne ne le lui a demandé !
Ce qui est très drôle, c'est que pour tous les "Has been" du Modem ou du PS, annoncer qu'ils n'iront pas au gouvernement est leur dernier moyen de faire parler d'eux !
Ils devraient faire comme les Anglais : monter un "gouvernement fantôme" (Shadow cabinet)... avec D. de Villepin par exemple !
Pauvres gens...
Rappelons ici que c'est une information révélée par le Canard Enchaîné qui a initié la discussion à ce sujet.

Ce que je ne comprends pas réellement chez cette partie de la population (de droite comme de gauche en l'occurrence), c'est que si JLB ne s'était pas exprimé on aurait pris ce silence pour un consentement tacite, s'il avait accepté ce poste hypothétique tout le monde aurait crié "z'avez vu? Le Modem, l'UMP et le PS, c'est pareil" et lorsque les membres du MoDem refusent nettement, ces gens là trouvent l'affaire suspicieuse...

Va savoir Charles...

Amuse-toi avec tes amis: si tu cherches bien dans le texte, tu trouveras un appeau à trolls.

mercredi 10 juin 2009

Chapeau, messieurs les sages !

Vu sur le Monde.fr:

Hadopi : le Conseil constitutionnel censure la riposte graduée

Tellement juste constitutionnellement et pourtant si inespéré ! Chapeau bas !

lundi 8 juin 2009

Pour changer des élections françaises

N'oublions pas que le suffrage qui vient de se dérouler est à l'échelle européenne et qu'il n'est pas inintéressant de constater le mouvement global plutôt qu'une analyse pays par pays.

Tout d'abord, comme l'on pouvait se douter, le Labour s'est fait ratissé sévèrement ici au Royaume-Uni. Mais ceci ne s'est pas fait au profit d'une seule formation, loin de là.
Il y a, à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle:
La mauvaise (je préfère toujours finir sur une note positive): l'UKIP (Parti de l'Indépendance du Royaume-Uni) reçoit 17,5% des suffrages, raflant au passage un siège de MEP (sigle anglais pour député européen) supplémentaire.
La bonne: les LibDems (équivalent du MoDem, siégeant ensemble à Strasbourg au sein de l'ADLE); remportent 14% des suffrages, obtenant lui aussi un siège supplémentaire.
C'est tout le paradoxe de la Perfide Albion: rejet et désir d'Europe se cotoîent.

A l'échelle de l'Union, voici un graphique tiré due The Guardian:


On y apprend notamment que:
1. Le score des LibDems est au-dessus du niveau européen et que celui du MoDem en France est lui, très en deça (le contraire eut été étonnant).
2. Les changements par rapport à la précédent législature sont peu nombreux
3. Le résultat inespéré d'Europe-Ecologie en France (près de 15%) est très supérieur aux résultats des Verts en Europe (près de 7%).

Je vous invite à regarder ces statistiques avec circonspection et surtout sous un angle affranchi des réflexes nationaux. Le PPE n'est pas l'équivalent de l'UMP, le PSE par celui du PS et l'ALDE pas non plus celui du MoDem. Il est fréquent que s'y côtoient des partis aux affinités partielles et au vote, non homogène...ainsi en va-t-il du PSE partagé sur certaines questions, notamment en ce qui concerne le choix du Président de la Commission.

Notons au passage que les Conservateurs anglais ont décidé de se retirer du PPE qu'ils jugent trop "pro-européens". Etant donné que le pouvoir leur est promis sur le territoire de Sa Majesté aux prochaines élections, ce n'est décidément pas avec le Royaume-Uni que la construction européenne avancera d'un grand pas dans les temps à venir.
 
blog d'expatrié