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vendredi 14 août 2009

L'ouverture nuira-t-elle à Nicolas Sarkozy?

Comme le rappelle le Faucon, tel le parti communiste dans ses heures soviétiques, l'UMP dispose d'un Comité de Liaison* permettant le dialogue avec les proches formations politiques.

Seulement, déjà qu'il est difficile de classer la majorité sur l'échiquier classique idéologique - si ce n'est cette appétence pour la monarchie élective - identifier les partis aux idées approchantes tient de la gageure.

Tel un enzyme glouton, sont attirées dans son sillon, les pêcheurs de Nihous et les souverainistes de de Villiers.

Moi, je dis oui et mille fois oui !

Le débauchage façon Sarkozy commence à diviser au sein même de la majorité dont l'édifice ne tient que par l'omniprésence de son chef. Le moindre relâchement de l'hypergesticulant ne manquera pas de mettre en lumière les dissensions internes.

Seulement comment être présent sur tous les fronts?

D'aucun disent qu'une élection se remporte au centre...courtiser élus et électeurs de son aile droite risque d'en froisser plus d'un.
En tout état de cause, l'exercice va rapidement relever de l'équilibrisme.

Il est difficilement envisageable qu'un parti soit capable de fédérer en son sein des électeurs des europhiles convaincus au centre et des souverainistes assumés, des écologistes de tout poil et des défenseurs de la chasse, des tenants d'un libéralisme débridé et les amoureux de la monarchie, etc. Rassembler les élus peut encore se comprendre, l'appel de la gamelle a déjà démontré sa puissance...

Je vois trois bonnes nouvelles dans cette information:
Tout d'abord, plus un bloc se constitue, plus l'émergence d'une opposition ferme et construite devient impérieuse et tend à se constituer naturellement.

Ensuite, les expériences à l'étranger ont déjà démontré les limites d'une ultra-bipolarisation de la politique, surtout lorsque aucune idéologie claire ne sert de liant à ces unions. Aborber sans cohérence mène nécessairement à l'implosion. Un leadership fort ne suffit pas sur le long terme car il ne s'agit pas uniquement de maintenir son électorat traditionnel en disciplinant élus et personnel politique mais aussi de plaire à l'électorat flottant, celui situé idéologiquement sur les ailes.

Enfin, ceci démontre que l'union apparente n'est pas si tenace et que déjà, la colère gronde.
On ne peut à la fois faire un appel du pied manifeste à gauche et caresser sa droite dans le sens du poil sans provoquer des dissensions.

L'inconnue demeurant est: jusqu'à quand cela tiendra-t-il? Quelle offre politique opposer à la monarchisation élective?

Certains ne manqueront pas d'affirmer que le PS est l'alternative qui s'impose. Je leur répondrais comme mes amis blogueurs démocrates que si c'est pour remplacer l'UMP de droite, par un UMP de gauche, non merci.

*certainement pour s'assurer que nous prononcions correctement le "z" dans les chasseurs "z'à" l'UMP...)

mercredi 24 juin 2009

UMP et Europe-Ecologie: il y a de quoi être vert !

Fallait-il ou ne fallait-il pas autoriser la diffusion du film Home à seulement quelques jours du scrutin européen?

Au Royaume-Uni, la réponse a été simple: interdiction de diffusion.
L'Etat français l'UMP, semble lui, n'avoir été pas tout à fait neutre dans cette affaire, incitant les préfectures à faire la promotion de l'oeuvre de Yann-Arthus Bertrand.

Ajoutons à cela les très étonnantes déclarations de l'UMP, notamment de Michel Barnier, faisant de Daniel-Cohn Bendit, le seul véritable européen à gauche (pourtant on devrait savoir qu'avec l'UMP il faut se méfier des compliments).

Saupoudrons le tout d'une incapacité affligeante des partis d'opposition (MoDem y compris) à développer une communication efficace et vendeuse sur leur programme européen, face à la machine bien huilée de la majorité.

Etonnons-nous après cela que la liste Europe-Ecologie ait remporté un tel succès en France alors que la plupart des électeurs était incapable de ne mentionner qu'une seule ligne de leur programme au sortir du vote, encore moins les hésitants de la dernière heure.

Pour ceux qui se réjouiraient d'une prise de conscience environnementale européenne, calmons immédiatement leurs ardeurs, il n'y a qu'en France que les listes écologistes ont remporté un tel succès. (53 eurodéputés pour le groupe Greens/EFA cette année contre 42 précédemment...pour 8 sièges supplémentaires apportés par la France...)

A qui profite réellement l'essor d'Europe-Ecologie en France? A l'écologie (si seulement...) ou à une majorité trop contente de diviser l'opposition, seule garantie pour elle de remporter aisément les prochaines échéances électorales?

mardi 16 juin 2009

Rassembler les Centristes?


Jean Arthuis, Sénateur Union Centriste, UDF, fait partie de la floppée de parlementaires qui ont quitté le navire MoDem, bien qu'il ait été membre de son bureau exécutif.

Face aux résultats décevant des suffrages municipaux de 2008, c'en était trop, la tactique de François Bayrou lui est apparu intolérable, surtout dans son isolement à l'égard de la droite. (Bon j'avoue déjà avoir du mal à comprendre le concept de centrisme, si cher à Jean Arthuis, mais excentré à droite...alors Jeannot, au centre ou à droite?).

En Juillet 2008, résolument attaché à l'ex-UDF, il fonde une association politique, Rassembler les Centristes, afin de "rassembler les membres de (la) famille politique (centriste) aujourd’hui éclatée" (on ne peut que décemment reconnaître que le nom de l'association ne manque pas de transparence).

Cette initiative ne manque pas de m'interroger à plusieurs égards. Je présente donc virtuellement mes questions à Jean Arthuis:
- Quelles sont les différences fondamentales entre le Nouveau Centre et Rassembler les Centristes?
- Qu'y a-t-il de totalement inacceptable idéologiquement à gauche pour que l'on considère naturelle l'alliance à droite et non celle à gauche?
- Le Nouveau Centre et Rassembler les Centrises dénoncent tous deux "l'éclatement de la famille centriste", pourquoi avez-vous donc quitté le Mouvement Démocrate pour fonder deux mouvements distincts, contribuant à éclater un peu plus la famille centriste?
- Qu'est-ce qui interdit les membres de Rassembler les Centristes d'adhérer à l'UMP et de pondérer le parti de l'intérieur, plutôt que de l'extérieur? Qu'est-ce qui permet d'affirmer qu'un parti extérieur mais affilié à l'UMP aura plus de poids que les membres mêmes de l'UMP aux affinités "centristes"? Croyez-vous que les députés NC ont réussi à influencer la politique de Nicolas Sarkozy?
- En janvier 2006, 92% des adhérents de l'UDF ont approuvé la ligne d'émancipation à l'égard de la droite. Pourquoi ne respectez-vous pas ce choix...démocrate?
- Rassembler les Centristes et le Nouveau Centre sont deux mouvements comptant un grand nombre d'élus mais un nombre marginal d'adhérents. Le Nouveau Centre ne présente des candidats que là où l'UMP les y autorise. Aux yeux des électeurs, qu'est-ce qui distingue ces affiliés de l'UMP? Comment espérer faire triompher les idées centristes si l'UMP décide dans les faits de l'importance que doit garder ce mouvement sur le terrain par le jeu des accords électoraux?
- Estimez-vous que la politique de la majorité actuelle respecte sans réserve vos convictions centristes et républicaines?

samedi 13 juin 2009

Sarkozy, chasseur de tête

Dans sa grande stratégie "débauchage qui a l'odeur de l'ouverture mais qui n'en a pas la saveur", le Président de la République poursuit sa quête folle consistant à fragiliser tout mouvement d'opposition à l'UMP, rappelant les plus grandes heures des démocraties...populaires.

Effectivement, si l'on peut comprendre l'envie d'assurer une réélection, frapper un homme à terre est tout de même symptomatique d'une dérive inquiétante.
Que cherche-t-il réellement à obtenir? Un parti unique en France? Le contrôle de tous les pouvoirs entre ses mains uniques avec le consentement et la satisfaction du peuple?
Le beurre, la crémière...tout ça...

Mais mettons ces considérations de côté.
Ce qui est bon de relever c'est que contrairement au PS, les membres prétendument sollicités du Mouvement Démocrate ne rompent pas...ils ne plient d'ailleurs même pas, ils démontrent que toute idée d'alliance avec un gouvernement dont ils n'ont de cesse de dénoncer les dérives est absolument incompatible avec leurs convictions politiques.

Arrêtons-nous un instant sur le mécanisme de la stratégie sarkozyste: il n'est en fait nul besoin d' offrir un portefeuille ministériel à qui que ce soit pour faire vaciller les adversaires. La tactique utilisée est celle du "name dropping" (mais comme je n'apprécie guère les anglicismes, parlons de "lâché de nom").

La technique est simple: il suffit que quelques membres du gouvernement ou bien de la majorité viennent à évoquer l'idée qu'untel est reconnu pour ses compétences professionnelles ou qu'il verrait bien untel au Ministère de l'Environnement pour que le "buzz" et l'agitation incontrôlée se diffusent au sein du parti politique concerné.

Le dernier en date concerné par une telle manoeuvre est Jean-Luc Bennahmias, Vice-Président cofondateur du MoDem et transfuge des Verts.
Oui mais voyez-vous, tout le monde ne va pas à la soupe, certains savent encore garder une certaine intégrité morale et politique.

Celui-ci a donc profité du micro qui lui était offert par Parlons Net pour affirmer sans ambages son refus catégorique de rejoindre le gouvernement si un poste lui était proposé.
L'information est relayée fidèlement par LeFigaro.fr et Rue89.com.

Avec le temps je devrais savoir qu'il ne faut pas lire les commentaires très partisans sous les articles de ces deux journaux en ligne mais que voulez-vous, faible que je suis, je ne sais pas résister à l'envie d'en découdre.

Ce qui est atterrant et à la fois inquiétant pour la vie politique française, c'est que malgré une attitude exemplaire et un discours franc - Bennhamias ne pratique pas vraiment la langue de bois - vous avez toujours une quantité importante de commentateurs pour suspecter quelque manigance inavouée.

Voyez par exemple ce commentaire sélectionné par la rédaction de Rue89 d'un internaute nommé Numerosix:
C'est bien pour des gens sensés être dans l'opposition d'expliquer longuement pourquoi ils n'iront pas ( ou n'iraient pas) au gouvernement , mais ça reste suspect …
Ce qui serait plus rassurant, quand on leurs pose la question , ce serait qu'ils répondent « Moi ? HA ! HA ! Mais ça va pas la tête , non ? »
Curieusement, ils ne répondent jamais comme ça , vous avez remarqué ?
Sur le Figaro.fr, voici un commentaire que j'ai moi-même sélectionné représentant toute une frange des lecteurs dont je ne comprends pas l'agressivité:

PhilUSA 12/06/2009 à 20:35

Ca tombe bien !...
Comme il le reconnaît lui-même, personne ne le lui a demandé !
Ce qui est très drôle, c'est que pour tous les "Has been" du Modem ou du PS, annoncer qu'ils n'iront pas au gouvernement est leur dernier moyen de faire parler d'eux !
Ils devraient faire comme les Anglais : monter un "gouvernement fantôme" (Shadow cabinet)... avec D. de Villepin par exemple !
Pauvres gens...
Rappelons ici que c'est une information révélée par le Canard Enchaîné qui a initié la discussion à ce sujet.

Ce que je ne comprends pas réellement chez cette partie de la population (de droite comme de gauche en l'occurrence), c'est que si JLB ne s'était pas exprimé on aurait pris ce silence pour un consentement tacite, s'il avait accepté ce poste hypothétique tout le monde aurait crié "z'avez vu? Le Modem, l'UMP et le PS, c'est pareil" et lorsque les membres du MoDem refusent nettement, ces gens là trouvent l'affaire suspicieuse...

Va savoir Charles...

Amuse-toi avec tes amis: si tu cherches bien dans le texte, tu trouveras un appeau à trolls.

jeudi 9 avril 2009

De vrais politiciens, ça existe !


Bravo à Lionel Tardy, député de Haute-Savoie pour s'exprimer publiquement sur les magouillages de la majorité dans le cadre du vote de la loi HADOPI.

On peut tout autant féliciter cet homme car il appartient lui-même au groupe parlementaire de l'UMP.
Il n'est pas à douter que d'aucuns ne manqueront pas de souligner que ceci est la preuve que le débat existe au sein de la majorité...ce serait faire fi des éléments qui ont été soulevés par plusieurs députés dont la voix dissonait avec celle du gouvernement.

Renforcer le rôle du Parlement vous aviez dit?
Je rendrai compte régulièrement de mon action devant les Français et devant le
Parlement. Je veux renforcer les pouvoirs de celui-ci et l’associer aux nominations les
plus importantes.
Bravo, encore pour un acte et un engagement propres à redonner foi dans l'Homme Politique.

lundi 27 octobre 2008

Les politiques et la justice : un mutisme assourdissant

LeMonde.fr relayait les affirmations de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et apparemment soutien inconditionnel et parfaitement aveugle, méprisant à l'égard des magistrats:
De son côté, l'UMP a dénoncé, samedi, l'attitude des syndicats de magistrats qu'il a accusé de "corporatisme". Dans un communiqué, son porte-parole Frédéric Lefebvre a estimé que "les magistrats sont les gâtés du budget et leurs représentants en demandent encore plus". Pour le député des Hauts-de-Seine, "un des seuls budgets en hausse en période de crise ne les empêche pas de se plaindre et d'appeler à la résistance la profession pour défendre des enjeux corporatistes".
Réduire la grogne de la justice française aux seules questions budgétaires est parfaitement insultant et démontre l'étonnante capacité du personnel politique en place et de la majorité qui la soutient à jouer la sourde oreille.

Je déplore malheureusement que médiatiquement parlant, les partis politiques français ne s'approprient pas ce sujet essentiel, pilier de notre civilisation.

Tous, aspirés par la crise financière - bien qu'incontournable et invitant à une forte réflexion dans le domaine économique - ne disent mot sur l'état de notre justice et leur soutien ou non au mouvement des magistrats.

La LCR d'Olivier Besancenot dédie un communiqué laconique qui a le mérite d'exister:
- La politique judiciaire sur la sellette.

Communiqué de la LCR.

Le Syndicat de la Magistrature, l’Union syndicale des magistrats organisent une journée de mobilisation, aujourd’hui 23 octobre, pour dénoncer « les dérives » et l’autoritarisme de la ministre de la justice.

D’autres organisations, comme le Syndicat national des Personnels de l’Education et du Social Protection Judiciaire de la Jeunesse (SNPESPJJ-FSU), ont décidé de se joindre à cette journée. Un mécontentement profond a éclaté parmi les personnels pénitentiaires. Le malaise est général dans le monde judiciaire. Le tout répressif, les peines planchers, le désintérêt pour les peines alternatives font exploser les prisons. Plus de 63 000 personnes incarcérées pour 51 000 places. Les cinq suicides intervenus depuis le début du mois, portant à 91 le nombre de suicides en 2008, ne font que souligner une situation déplorable qui vaut à la France de pointer à la 35e place en Europe. Sans compter la condamnation récente, de la France, par la « Cour européenne des droits de l’homme » pour « traitement inhumain ».

Le même aveuglement répressif frappe durement la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Les foyers éducatifs ferment les uns après les autres au profit des centres fermés.

La LCR soutient cette mobilisation. L’empilement de lois toujours plus répressives, la mécanique implacable des peines planchers, la disparition programmée de l’ordonnance de 1945, c’est toujours plus de prisons et de centres fermés. Il faut mettre fin à la spirale infernale du tout sécuritaire, restaurer la mission éducative à l’égard de la jeunesse, développer les peines alternatives, améliorer les conditions de vie dans les prisons avec la mise en place du principe de la cellule individuelle, améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, donner les moyens d’un vrai suivi des prisonniers et de leur réinsertion une fois la peine accomplie.

Le 23 octobre 2008.

Le Parti Socialiste titre "Crise financière : propositions contre propositions", "SPECIAL CONGRES - "Le mot du jour" : Europe" puis "La gauche rassemblée face à la crise".

Les Verts se concentrent uniquement sur les problèmes d'écologie.

Mais le plus triste reste certainement le mutisme relatif du Mouvement Démocrate: http://www.mouvementdemocrate.fr/

Pas un mot.

Espérons que dans la réflexion qui est actuellement engagée, la justice et le respect dû à ceux qui la font au quotidien auront pleinement leur place.

mercredi 16 juillet 2008

Faites-moi part de vos idées, je transmettrai...


Dans un entretien accordé au Monde.fr, le Président de la République défend son projet de réforme des institutions, soulignant son souhait profond d'accorder plus d'espace, plus de pouvoirs à "l'opposition".

Dans le flot de mesures en stock, il serait envisagé de garantir et contrôler un temps de parole dans l'audiovisuel au profit de cette "opposition".
Oui, vous avez bien lu "audiovisuel" et non parlementaire.

Vous noterez que le discours de Nicolas Sarkozy se teint de l'habituelle bienveillance, histoire de mieux faire glisser le mélange des genres.

Aussi, sur le fond, une question demeure-t-elle:

Qu'est-ce que "l'opposition"?

Pourquoi diable répondre à une question qui n'a pas été posée ?
Après tout, la presse traditionnelle se complait depuis quelques temps dans la manichéisme !
A tel point, que dans l'inconscient collectif, chacun sait qu'il est fait référence implicite au Parti Socialiste.

C'est ce que j'appelle du prêt-à-penser. Ce postulat n'est que trop rarement remis en question par les journalistes.

Il n'y a là rien de bien scandaleux, me direz-vous, c'est la seule véritable force politique nationale alternative, si l'on en croit leur nombre de députés élus.

Vigilance ! vous rétorquerais-je. L'opposition parlementaire n'est pas l'opposition "idéologique".

Réfléchissons à la définition de ce terme et aux conséquences liées à son institutionnalisation, voulez-vous?

Selon la croyance populaire, l'opposition désignerait le second parti politique du pays par le nombre de représentants à l'Assemblée Nationale.

Aussi, rapportée à l'espace médiatique, cette définition apporte-t-elle plusieurs commentaires:
1. Quid de la visibilité des partis représentés localement (conseils généraux, régionaux, collectivités locales, communes...) ?
2. Quid de la quasi impossibilité pour des partis émergents d'être visible médiatiquement en pareil cas?

Le mélange des genres n'a pas très bonne saveur.
Au Parlement, la légitimité de ceux qui ont droit à la parole s'acquièrent par le vote.
Dans le PAF, cette légitimité s'obtient par la potentielle représentativité - ce qui par ailleurs a donné lieu à la pratique surabondante des sondages.

Or, n'est-il pas légitime de craindre que de consacrer institutionnellement nos deux monolithes politiques comme "majorité" et "opposition" par-delà le cadre parlementaire enfermerait notre République dans un fonctionnement en vase clos, donnant lieu à une surmédiatisation de leurs déclarations et pendant, à une sous-médiatisation d'autres mouvements.

En conséquence, le PS et l'UMP finiraient par contrôler l'offre idéologique*, puisque devenus les prismes de l'expression de toutes nouvelles idées. Ainsi, pouvons-nous craindre un tel glissement dans la mesure où :

1. Depuis 50 ans, la classe politique française n'a pas brillé par sa discipline, sa rigueur intellectuelle et son envie de se renouveler.
Lorsqu'une idée ou un personnage échoue, les voilà resservis 5 ans plus tard affectés de deux ou trois modifications cosmétiques destinées à donner l'apparence du neuf.

2. Quel espace pour les mouvements institutionnellement considérés comme "minoritaires" bien que légitimes (forte représentation locale, important nombre de militants et d'adhérents,...) étouffés par cette surmédiatisation?

3. En période électorale, le jeu démocratique n'en sera-t-il pas faussé?

Est-ce là l'idée de la démocratie? Voulons-nous réellement d'une France bipartiste à l'instar du modèle outre-atlantique?

D'aucuns pourraient voir en cette manœuvre la tentative dissimulée de mettre aux oubliettes la promesse d'injecter une dose de proportionnelle aux différentes élections, seule garante d'une offre politique véritablement représentative et démocratique.

Que voulez-vous, la classe politique est taxée de copinage de toutes parts:
ENA, Inspection des Finances, cercles de pouvoir telle le Siècle..., autant de vecteurs favorisant la formation d'un aréopage des temps modernes.

Ces écoles du pouvoir permettaient jusqu'à présent d'uniformiser d'une certaine façon le personnel politique.

Et bien, vous serez fort aise d'apprécier la mainmise de ce personnel sur l'offre idéologique publique.

Internet sera-t-il le dernier rempart des nouvelles idées politiques?

Favoriser la démocratie, avez-vous dit?

*Partant de l'hypothèse qu'une offre idéologique n'existe que lorsqu'elle est captée par une audience

vendredi 11 juillet 2008

La régression sociale, société en progrès?

Vu sur Intox2007.

Dans la même veine du "la France, elle a changé(...): désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit» encensé par un parterre de cadres de l'UMP.

La majorité semble faire rimer régression sociale et projet de société.

Souhaitons que je me trompe.
 
blog d'expatrié