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jeudi 10 septembre 2009

La Taxe Carbone, c'est fait !

Voilà donc la 20e taxe qui sera instaurée depuis l'accession de Nicolas Sarkozy à la tête de l'Etat.

La tonne de CO² se marchandera donc à 17 EUR, le gouvernement et les Français vont donc pouvoir s'acheter une conscience écologique.

Certains pensent que ce n'est pas assez. D'autres comme moi, pensent que l'on se trompe de combat et qu'une taxe à la seule échelle française est une hérésie.

Pendant que l'on taxe Madame Michu qui n'a d'autres choix que de prendre son véhicule pour aller travailler en l'absence de transports en commun efficaces, les véritables sources de la pollution sont ignorées: constructeurs automobiles n'ayant jamais véritablement investi dans les énergies alternatives, industries pétro-chimiques, transporteurs aériens, collectivités territoriales ne proposant pas de véritables alternatives de transport en commun, etc...

Que voulez-vous, c'est tellement plus simple de taxer le quidam que de contraindre les puissants.

mardi 8 septembre 2009

Supprimons des impôts, tout simplement !

Je rebondis rapidement sur le billet de l'Hérétique qui répond au mien.

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer mon opposition à l'ISF qui n'est finalement qu'une façon d'imposer (le patrimoine) ce qui l'a déjà été (le revenu).

En fait, d'un point de vue plus global, il s'agit de cesser cette bureaucratisation dont la France a le secret, jouant un jeu hypocrite et cumulant près de 214 impôts et taxes divers, pour finalement favoriser un chevauchement de chacun. Qui dit chevauchement, dit imposition ou taxation de la même somme plusieurs fois.

C'est tout simplement inacceptable ! Soyons francs et honnêtes. S'il s'agit d'augmenter la pression fiscale, il convient alors d'augmenter le taux de l'impôt ou de la taxe en question, et non de faire cumuler les outils afin de perdre et de tromper le contribuable.

Aux blogueurs de gauche, je leur répondrais que la simplification aurait pour intérêt principal de réduire la fraude, volontaire ou non, d'améliorer le recouvrement et que cela n'interdit pas d'augmenter les taux ou d'élargir les assiettes correspondantes. Mais attention, Laffer veille au grain.

Qui dit simplification, dit aussi suppression de niches fiscales dont la surmultiplication est devenue aberrante.

Je ne mets évidemment pas les contributions sociales dans cette catégorie, bien que je sois grandement en faveur du principe des trois "uniques": cotisation, document et organisme collecteur uniques.

Supprimons les impôts...et remplaçons-les par des taxes !

Je ne sais pas s'il s'agit d'une grande tendance française ou si le gouvernement actuel s'en est fait une spécialité.

Certains avaient déjà souligné l'hypocrisie de ce jeu qui consiste à afficher une volonté effrenée de ne pas augmenter les impôts, fût-ce en période de crise financière et économique sans précédent.
"Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts".
Nicolas Sarkozy, 17 mars 2009.
Pourtant, les Etats-Unis (ces vilains ultra-libéraux) avaient eux-mêmes augmenté lourdement le taux marginal de l'impôt sur le revenu de 25% en 1931 à 79% en 1936 pour répondre à une crise dont la plupart des spécialistes s'accorde à dire qu'elle présente de nombreuses caractéristiques identiques à celle que nous connaissons aujourd'hui.

Non. Nicolas Sarkozy n'a pas été élu pour augmenter les impôts, il ne reviendra donc pas sur le bouclier fiscal, mesure qui a bénéficié à 18 893 bénéficiaires en 2007. Selon un rapport de l'Assemblée Nationale:
2 euros sur 3 payés au titre du bouclier fiscal vont donc aux ménages disposant de plus de 15 millions d’euros de patrimoine. En outre, les 10 % de Français les plus aisés en terme de revenus bénéficient de 83 % des remboursements liés au bouclier fiscal.
Oui, mais voilà, les caisses sont vides. La dette publique devrait atteindre 73,9% cette année, pour atteindre 94% en 2014. Le patrimoine des Français régresse même pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Alors que fait-on? On ne supprime pas le bouclier fiscal, les foyers les plus aisés de France ne sont donc pas mis à contribution. En revanche, le gouvernement crée des taxes. Mais oui, ma brave Madame Michu, des taxes, ce ne sont pas des impôts !
La distinction est subtile, certes mais on ne vous aura pas menti !

Du coup, on s'en donne à coeur joie ! 19 taxes ont été crée depuis 2007, il faudra désormais y additionner la "Taxe Carbone", et maintenant une taxe sur les antennes de téléphonie mobile.

Le pire étant que ces deux dernières ont essentiellement pour but de compenser la perte due à la suppression de la taxe professionnelle.

Je vous invite à réfléchir au symbolisme de telles manoeuvres hautement hypocrites et fortement inéquitables. La taxe professionnelle visait à peu près toutes les entreprises et l'impôt sur le revenu impacte à peu près l'ensemble des contribuables.

De l'esbrouffe, toujours de l'esbrouffe... des inégalités, encore plus d'inégalités.
 
blog d'expatrié