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vendredi 16 avril 2010

Et si l'espoir Démocrate venait d'Angleterre?

Je sais, c'est un peu tôt pour s'enflammer mais voyez-vous, bien que j'ai la tête ailleurs en ce moment, j'ai pu consacré une attention particulière au débat télévisé sur ITV en vue des Elections Législatives qui opposa les leaders des trois formations principales de Grande-Bretagne: Gordon Brown, actuel Premier Ministre, représentant le Labour, David Cameron, chef des conservateurs et Nick Clegg pour les Libéraux Démocrates.

Oui, vous n'hallucinez pas chers lecteurs. Dans un pays qui organise institutionnellement le bipartisme en raison d'un mode de scrutin que l'UMP envie, une troisième force politique a émergé. Pas n'importe laquelle: celle des Démocrates.
Or, l'opportunité était enfin donnée pour la première fois dans l'histoire britannique à ce qu'un tel débat se tint à la télévision. En effet, il n'était pas acquis que les formations politiques acceptent le jeu dans la mesure où d'un côté, Gordon Brown n'excelle pas dans l'exercice et de l'autre, les "Tories" ne voyaient pas nécessairement d'un bon oeil de jouer à armes égales avec le parti orange, ce qui les crédibilisait un peu plus aux yeux du public.

Je ne vous cacherais pas que j'ai tout bonnement exulté devant mon écran de télévision. Nick Clegg a tout simplement été formidable: il a maîtrisé l'exercice avec brio s'adressant toujours à la caméra et ne tombant dans aucun des pièges posés par ses opposants du soir.
En outre, il est de toute évidence un fieffé débatteur, habitué qu'il est à souffrir au Parlement les attaques de part et d'autres de l'échiquier politique. Enfin, il a maîtrisé son programme, chiffré, complet et concret et s'est clairement élevé au-dessus de ceux qu'il a réussi à ringardiser en démontrant

"The more they [Mr Brown and Mr Cameron] attack each other, the more they sound the same"
Traduction: "Plus ils s'attaquent l'un l'autre, plus on a l'impression d'entendre la même chose"

La presse d'aujourd'hui est unanime et se fait l'écho d'un succès télévisé d'une part et d'autre part, d'une opinion publique qui reconnaît en grande majorité que le leaders des LibDems a emporté ce premier débat, "haut la main" pour 51% de la population selon la plupart des sondages.

Que voulez-vous, Nick Clegg, c'est mon chouchou.
N'y voyez point d'idolâtrie, ce n'est guère ma tasse de thé (Earl Grey de préférence).
La raison de mon engoument pour le leader des LibDems est qu'il confirme jour après jour qu'il incarne certainement une version anglaise améliorée de François Bayrou.

Plus débatteur qu'orateur, parfait bilingue, bien qu'il ne s'impose pas naturellement comme un leader, c'est à la force des arguments, de l'expérience et de la patience qu'il émerge en tant que tel.

Crédité de 20% d'intention de votes avant ce débat, Nick Clegg ne sera peut-être pas Premier Ministre mais il y a de fortes chances qu'un gouvernement ne puisse se former sans une Alliance avec les Libéraux-Démocrates, ce qui serait en soi un véritable tour de force avec un tel mode de scrutin.

Ce que l'histoire ne dit pas, c'est comment faire s'entendre des Conservateurs extrêmement eurosceptiques avec des Libéraux-Démocrates très europhiles.

Ce que l'histoire dit en revanche, c'est qu'hier soir, dans ma petite lucarne a jailli une lumière d'espoir, la même qui avait enflammé mon coeur lors de la création du Mouvement Démocrate.

Pour cela, je remercie Nick Clegg.

jeudi 25 mars 2010

Que penser de la politique actuellement?

C'est la question qui me vient à l'esprit tant la politique française me désole par sa vacuité.

Tout d'abord, les médias ainsi que les commentateurs s'évertuent à vouloir tirer des enseignements des résultats, fort prévisibles au demeurant, des dernières élections régionales.

D'aucun parlent de nouvelle vague rose, d'autres de l'émergence pérenne d'une déclinaison écolo-gauchisante, certains évoquent même la sanction solennelle du peuple à l'égard de la politique de Nicolas Sarkozy.

Foutaises !

1. Les électeurs ne se sont pas déplacés, c'est le seul enseignement valable que l'on peut tirer de ces élections en demi-teinte.
2. Les raisons pour lesquelles l'abstention a été si importante ne tiennent nullement à une volonté collective de sanctionner ou de promouvoir un parti ou l'autre. A mon sens, les Français se détournent de la politique qui n'est plus que jamais, source de déceptions et de népotisme institutionnalisé. La représentation politique française n'est plus légitime, elle n'est pas fidèle aux aspirations des français, du moins de la majorité silencieuse.

Ceci est encore la preuve que l'abstention sert les intérêts des vainqueurs qui ne manquent pas de communiquer sur leur triomphant succès ! Et oui, cela a toujours de la gueule que de dire que l'on a remporté 56% des suffrages ! Cela en a moins lorsque l'on rapporte cela au nombre d'électeurs...

Le Mouvement Démocrate dégringole?

Certains se frottent les mains d'un tel revers, d'autres tentent d'expliquer cet échec cuisant.
Il ressort de mes différentes lectures que le projet du MoDem reste illisible pour une grande partie de l'électorat. L'idéologie démocrate n'est par une évidence pour tous, le clivage droite-gauche français du XXe siècle perdure encore dans les esprits et beaucoup ne conçoivent pas que l'on s'affranchisse d'un raisonnement binaire dépassé.

Il n'en demeure pas moins que l'on peut s'interroger sur la qualité de la gouvernance du parti du 133bis rue de l'Université. Communication approximative, procédures peu transparentes et infidèles aux promesses...

Je commence moi aussi à me demander si l'on peut véritablement promouvoir un message neuf en utilisant des recettes éculées...

Le retour en force du politiquement correct?

Eric Zemmour est devenu la victime expiatoire d'un avatar de l'antiracisme: la bienpensance.
Cette forme de pensée qui s'abat sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la discrimination, par crainte que ne s'éveille le spectre fascisant français quitte à que se taise toute forme de pensée un tant soit peu sulfureuse.
J'ai pu déjà dire ça et qu'il m'en coûte de défendre le personnage Zemmour tant son côté réactionnaire volontairement provocateur et sa tendance quasi-clownesque m'insupportent.
Mais vous devez déjà savoir, chers lecteurs, que je suis un amoureux de la liberté d'expression et que je m'inscris dans l'héritage voltairien: "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire."

Or, en l'occurrence, si je reconnais volontiers que Zemmour s'est peut-être laissé emporter par la volonté de polémiquer*, j'abonde aisément dans le sens de ceux qui s'offusquent que la levée de boucliers à laquelle il a eu le droit est totalement injustifiée et fleure bon l'hypocrisie.

Je n'aime pas cette propension qu'ont certains à vouloir se donner bonne conscience en dénonçant tout et n'importe quoi à l'instar du fayot du premier rang de la classe en CE1.
Prêt à tout pour plaire à la maîtresse? Ceux-là sont prêts à tout pour plaire aux victimes des discriminations. Pourquoi? Parce que nous ne cessons encore aujourd'hui de faire amende honorable pour des fautes que nos ancêtres ont commises, prisonniers que nous sommes d'un sentiment de culpabilité tenace.

Ces fautes sont avérées. Nul doute sur ce point. Mais je rejoindrais encore Eric Zemmour (aïe, mes doigts sur le clavier...) dans sa tribune publiée dans Marianne2, il n'est pas question de renoncer à l'universalisme et l'égalité républicaine en reconnaissant un statut spécifique à une partie quelconque de la population. Entendez par là, chaque communauté éthnique ou religieuse constituant le tissu national enrichit ce dernier de son histoire, de ses souffrances, de ses particularités mais à aucun moment, nous ne saurions dresser les uns contre les autres au motif de cette histoire !

Ainsi, dès lors que l'on déclare:
«les Français issus de l’immigration étaient plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait »
Inutile de pousser des cries d'orfraies ! Ce silence assourdissant des institutions qui refusent de dresser des statistiques nationales à caractère ethnique ne fait qu'installer un peu plus le racisme ! Or, restons dans le domaine factuel:
Il y a quelques années, une enquête commandée par le ministère de la justice, pour évaluer le nombre d’imans nécessaires, évaluait le pourcentage de «musulmans dans les prisons» entre 70 et 80%. En 2004, l’islamologue Farhad Khosrokhavar, dans un livre «L’islam dans les prisons ( Balland) confirmait ce chiffre. En 2007, dans un article du Point, qui avait eu accès aux synthèses de la Direction Centrale de la Sécurité Publique ( DCSP) et de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) on évaluait entre 60 et 70% des suspects répertoriés issus de l’immigration. Il y a près de dix ans, la commissaire Lucienne Bui Trong, chargée des violences urbaines à la direction centrale des RG relevait que 85% de leurs auteurs sont d’origine maghrébine. Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes, établissaient que 87% étaient de nationalité française; 67% d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. La «plupart» est donc, au regard de ces chiffres, le mot qui convient.
Ceci, les professionnels de la justice ne le savent que trop bien. Ainsi, c'est fort de cette expérience que les forces de l'ordre en viennent à contrôler spontanément les populations à risque. Le racisme ne se terre pas dans les faits mais dans l'interprétation que l'on en fait.

Il n'est pas raciste de tirer les leçons de telles statistiques en reconnaissant que cette population est plus sujette à la délinquance tout simplement parce qu'elle est exposée plus frontalement à la pauvreté, à l'exclusion et à des circonstances socio-économiques défavorables.
Il serait en revanche inacceptable de tenter de n'avoir que la seule approche ethnique de la question de la délinquance et de la criminalité, sous-entendant que ce serait le seul facteur qui expliquerait pourquoi cette catégorie de la population serait un vivier de "sauvageons".
Mais les médias aiment les réflexions à l'emporte-pièce et le sensationnalisme quitte à alimenter cette chappe de plomb qui s'est abattue sur la liberté d'expression depuis la fin des années 80.

C'est peut-être ici que Zemmour aurait du expliciter sa pensée...encore aurait-il fallu qu'on lui en donnât l'opportunité. Mais où se cache réellement le diable ? Dans l'intention supposée mais indémontrable d'un journaliste ou dans la volonté de lutter aveuglément contre toute reconnaissance de distinctions au sein de la population ?

Egalité n'est pas égalitarisme.
Lutte contre les discriminations n'est pas bienpensance.

* Forcément, lorsque l'on est emporté par la volonté de deux hommes (Paul et Mickey), on ne fait pas le poids...

samedi 8 août 2009

Les politiciens ont-ils le droit d'être drôle?

Décidément, il faut croire que l'air de la Bretagne ne met pas mon intellect en vacances...loin s'en faut.

Ou bien est-ce le rôti de porc de ce soir qui m'a particulièrement inspiré? Je ne saurais dire.
Si d'aventures un questionnement métaphysique s'empare de vous alors que vous venez d'avaler une bouchée d'un somptueux lard grillé, ne cherchez pas plus loin la source de votre illumination céleste. Dans le cochon tout est bon !

Ces considérations gastronomiques écartées, nous voici face à l'interrogation qui me tarabuste, voire me taraude comme dirait l'autre.

Pourquoi les hommes politiques français sont-ils tous si sinistres?

Je l'affirme haut et fort, les professionnels de la langue de bois française donnent l'étrange sensation d'être issus du même moule versaillo-bourgeois. Si, si, vous connaissez ! La raie sur le côté, la paire de lunettes qui donnent l'air sérieux mais pas méchant, le pull posé nonchalamment sur les épaules, etc. N'est-ce pas chers amis gaullistes?

Une espèce pas-du-tout-en-voie-de-disparition aux moeurs quelque peu étranges, observant un rituel migratoire tout particulier en période estivale. On peut en observer une forte concentration du côté du Morbihan, principalement le 15 août dans les parages de Saint Anne d'Auray. (Abstraction faite de la duplication incontrôlée de familles Le Quesnois, c'est une cérémonie que je conseille sincèrement, même aux non-croyants!)

Rapporté au monde de la politique, le polo faussement détente est délaissé pour un classique ensemble veste-cravate-pantalon à pince. Peu m'importe au final ces accoutrements s'ils n'étaient pas accompagnés d'une standardisation du comportement qui m'incommode.
Langage lissé et policés, l'homme politique français est sérieux, voire se prend au sérieux.
Même si beaucoup paraphrasent le bon vieux Georges en avançant que la politique est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques, elle est de facto monopolisée par une caste uniformisée.

Je n'ignore pas qu'il s'agit plus que jamais d'une vocationun métier d'images. Je regrette profondément qu'elle ait pris le dessus sur le fond. En la matière, on peut dire que l'hypergesticulant qui nous sert de chef d'Etat en est un brillant représentant.

Ce qui m'incommode le plus est que finalement, l'être humain, et particulièrement les Français aiment ranger les individus dans des cases. Ça les rassure...comme si une personnalité pouvait se résumer à une profession, un rôle, un métier !

Un homme (ou une femme) politique, ça ne chante pas, ça ne fait pas l'acteur, ça ne fait pas rire (sauf si c'est au dépens du parti d'en face). Du moins, c'est ce qu'on voudrait nous faire croire si l'on en juge notamment par la candidature très crédible de feu Michel Colucci.

Pourtant ailleurs, ça marche.
Aux Etats-Unis, Ronald Reagan, Arnold Schwarzenegger. Au Royaume-Uni, dans une moindre mesure, Boris Johnson, dit "Boris le Bouffon" dont la coiffure illustre à merveille combien sa candidature à la mairie de Londres était...peu conformiste.

En France, nada. Discours convenu voire convenable. Il ne faut pas sortir des sentiers battus.
La faute probablement à un bipartisme exacerbé : l'émergence des nouvelles têtes est contrôlée par les deux monolithes en place. Dès lors, il faut entrer dans le moule...

Ce n'est qu'un exemple supplémentaire du pouvoir qui a été pris en otage par une caste qui ne vit que par le népotisme et le trafic d'influence. Elle ne nous ressemble pas.

C'est ce qui m'a toujours un peu freiné à me lancer dans une "carrière" politique.
Prisonnier d'une image, on ne peut être tout à fait soi-même.

Il est vrai que comme certains se sont construits une âme de geek comme mécanisme de défense, personnellement, c'était l'humour. Je suis aujourd'hui fort heureusement débarrassé de ce besoin de plaire. Il n'en demeure pas moins que l'humour fait partie de nous. Tout comme la musique, l'amour de la comédie, etc.

Aujourd'hui, la blogosphère permet l'émergence d'une réflexion citoyenne qui nous ressemble.

Exit les tristes sires qui nous servent de porte-parole, les français parlent aux français.

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais personnellement ça plaît que l'on reconnaisse à un pilier de bistro l'aptitude à formuler des critiques politiques recevables.

Son succès est un plaidoyer pour une politique moins formatée !

Merci Nicolas et merci à la blogosphère !

PS: Allez faire un tour chez Disparitus, il nous révèle qu'aujourd'hui encore, aux portes de l'Europe, la censure, la vraie, celle organisée par l'Etat existe...encore une démonstration que l'on a bien tort de se coucher devant Poutine/Medvedev.

vendredi 24 juillet 2009

Comment s'y retrouve-t-on entre tous ces partis?

Les blogueurs de gauche m'ont fait comprendre que tout ce qui ressemble de près ou de loin à du libéralisme était de la droite, rejettant avec force la socio-démocratie qu'elle avait attirée à nouveau dans son giron depuis la création de la FGDS en 1965.

A droite, on a bien compris que l'UMP avait établi comme tactique d'assimiler le Mouvement Démocrate à la gauche.

Moi, dans toute cette constellation de partis politiques, je m'y perds un peu. J'essaye de comprendre pourquoi les partis ne savent pas se rassembler en analysant ce qui les distingue.

La tâche est ardue.

J'ai bien identifié Debout La République comme fondamentalement gaulliste, le MoDem comme démocrate, les Verts comme écologistes de gauche, le MPF comme conservateur et le FN comme nationaliste.

Mais idéologiquement:
Quelle est la différence entre le NPA et le PCF?
Quelle est la différence entre le PCF et le Parti de Gauche? (Là, je sèche totalement).
Quelle est la différence entre l'aile gauche du Parti Socialiste et le Parti de Gauche?
Quelle est la différence entre l'UMP et le Nouveau Centre?
Quelle est la différence entre l'Alliance Centriste et le Nouveau Centre?
Aucune mauvaise volonté dans ces questions mais une véritable intention de comprendre pourquoi nous sommes tant divisés en France, là où moi, je trouve qu'il y a beaucoup de concordances.

Si un commentateur ou un blogueur se dévoue à la tâche, il ou elle a mon entière gratitude.

samedi 18 juillet 2009

En France, c'est la gauche qui définit la droite

Nicolas a répondu partiellement à la chaîne que j'ai lancée.

Après avoir lu le billet d'Olibé, je me rends compte que si finalement la notion de droite sur l'échiquier politique renvoit à plusieurs réalités, il n'en est pas réellement de même à gauche. Du moins en France.

Nicolas confirme la perception que j'ai, celle-là même qui discerne le schisme qui est en train de se créer au sein du PS et partant, de l'ensemble de la gauche.

Ce schisme que le nom même de Parti Socialiste attise en ce qu'il induit en erreur et fait peser un héritage idéologique lourd.

En effet, le socialisme hérité originairement de Marx s'était construit en opposition frontale à une forme de libéralisme économique, le capitalisme. Même si de Jaurès à Mitterrand, ce socialisme s'est fait moins abrupt, cet héritage est resté fortement ancré dans l'inconscient collectif.

La tendance bipartiste renforcée par la complicité des mégalithes PS et UMP a éclipsé l'émergence d'une véritable force social-démocrate qui a dû resté dans le giron de la gauche française sans prendre acte du divorce consommé depuis de nombreuses années entre socialistes et socio-démocrates. (II et IIIe internationale socialiste)

Il ne s'agit pas que d'un divorce de façade mais bel et bien d'un incompatibilité idéologique. Les uns rejettent en bloc l'idée du libéralisme ne concevant la politique qu'au travers de la lutte des classes (remise au goût du jour) lorsque les autres au nom du pragmatisme souhaitent composer avec elle et l'adoucir pour la conformer à l'idéal socialiste.

C'est certainement ce que la crise actuelle a réveillé: le schisme qui n'a jamais été totalement consommé. Le Parti de Gauche s'est crée en réaction à cette tendance socio-démocrate du PS, portée notamment par Ségolène Royale. Pour autant, ses défenseurs n'ont pas quitté le navire de la Rue de Solférino. Preuve en est s'il le faut de la récente prise de bec entre Martine Aubry et Manuel Valls.

Dès lors, il n'est pas étonnant que ceux qui s'affirment de la gauche française identifient tout ce qui se rapproche de près ou de loin à du libéralisme à la droite, bien que cette dernière est loin de n'être composée que de libéraux.

Détail amusant, le libéralisme est considéré comme étant plutôt à gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni bien que chacun s'accordera à dire que les notions de gauche et droite y sont substantiellement différentes de que nous connaissons en France.

La droite française, loin d'être un ensemble idéologique cohérent est composée aussi bien de libéraux, de chantres de la dérégulation totale, de défenseurs du protectionnisme, d'ayatollahs de l'interventionnisme et d'amateurs de nationalisme aux couleurs du socialisme.

En effet, depuis le gaullisme jusqu'au libéralisme en passant par le poujadisme, la palette est très diverse et sans réelle cohérence apparente.

C'est donc bien l'unité d'une certaine gauche qui détermine ce qu'est la droite.
Les juristes diraient qu'il s'agit d'une définition négative, c'est à dire qu'elle est définie non pas par ce qu'elle est mais par ce qu'elle n'est pas: l'héritière du socialisme international et de ses déclinaisons.

vendredi 17 juillet 2009

C'est quoi être de droite ou de gauche? La chaîne

L'idée a plu à l'Hérétique et m'a donné envie de lancer une chaîne pour avoir les opinions de la blogosphère.


Le principe?

Un billet simple (pas nécessairement simpliste) sur ce que signifie pour vous être de droite ou de gauche aujourd'hui.
Pour que le débat soit constructif, essayez de ne pas vous montrer condescendant ni même arrogant à l'égard des opinions contraires.

Dis Maman, c'est quoi être de droite?

...ou de gauche?

C'est la réflexion qu'a suscité en moi ce billet du Faucon et qui m'amène à inventer ce dialogue imaginaire entre une maman comme il en existe tant et son jeune fils, confronté pour la première fois à la question de la politique et dont la soif de savoir est sans limite.
" Maman, maman ! A la télé, je n'arrête pas d'entendre des gens qui disent qu'ils sont "de gauche" ou "de droite", ça a un rapport avec la main avec laquelle on tient son stylo?

- Non, mon chéri. C'est une manière pour les gens de définir leur idéologie politique.

- C'est quoi une "idéologie politique"?

- La politique à l'origine, c'est l'art de diriger la Cité. Aujourd'hui, la Cité a disparu et est devenu l'Etat. Donc la politique, c'est l'art de conduire un Etat, comme la France par exemple.

- Mais ça veut dire quoi, une "idéologie"?

- Tout le monde n'est pas forcément d'accord sur la manière de conduire un Etat. Certains groupes de personnes partagent toutefois des idées proches et c'est ce qui a permis de déterminer deux grands camps. Historiquement, les représentants du peuple siégeaient au Parlement à côté de leurs copains aux idées proches, et c'est ainsi que sont nées les distinctions "à gauche" et "à droite" en fonction de l'endroit où ils siégeaient dans la salle.

- Ah, et si on est copain avec les deux?

- Heureusement, on a crée des salles en forme de demi-cercle que l'on appelle hemicycles. Ce n'est toutefois pas le cas partout comme en Angleterre, mon chéri, où la chambre des députés, la House of Commons, est clairement divisée en deux rangs...ce n'est pas sans poser problème à certains.

- Mais Maman, ça veut dire que ces deux camps sont toujours en désaccord sur tout?

- Disons que lorsqu'un des deux camps est majoritaire, l'autre camp qu'on appelle "opposition", a tendance à contredire tout ce que fait l'autre pour pouvoir à son tour devenir majoritaire. C'est un peu comme si à un match de foot, on autorisait une équipe à faire entrer des remplaçants sur le terrain sans faire sortir qui que ce soit. La victoire est donnée à ceux qui sont les plus nombreux. Et pour que l'arbitre (les électeurs) autorise à être plus nombreux, chaque camp crie sans cesse que le jeu de l'autre équipe est nul, qu'ils sont mauvais joueurs, etc...

- Mais on est obligé d'être copain avec un seul des deux camps?

- Non, mais c'est malheureusement la tendance en France où les deux grands partis refusent de travailler ensemble. Notre Président de la République fait même croire le contraire en faisant venir dans son gouvernement des gens du camp d'en face mais au lieu de les laisser diriger leur ministère selon les idées de leur camp, il les force à appliquer les idées de son camp à lui.

- Ces gens-là vont devoir s'asseoir de l'autre côté de la salle maintenant ?

- Hélas, non mon chéri. Pour cela, il faudrait que ses anciens copains décident de l'exclure et que ses nouveaux copains décident de l'accueillir. C'est peu probable.

- Alors, ça veut dire qu'il peut y avoir des gens "de gauche" qui travaillent comme des gens "de droite"?

- Oui.

- Comment on fait alors si jamais on m'a mis "à gauche" mais que parfois, je suis d'accord avec ceux qui sont "à droite"?

- Si tu veux rester avec tes copains "de gauche", il faudra faire ce que leur chef dit. Sinon, ils risquent de t'exclure de l'équipe.

- Qu'est-ce qui se passe si le chef est mis "à gauche" mais qu'il décide de faire la même chose que ceux "de droite"?

- Je crois bien qu'ils feront tout pour faire croire qu'ils sont pourtant bien à gauche.

- C'est donc le chef qui décide si on est à gauche ou à droite? On ne peut pas avoir des copains des deux côtés?

- J'en ai bien peur mon chéri. L'arbitre se mêle rarement de ces affaires-là. Mais sache que depuis de nombreuses années, il y a des petits groupes qui grandissent et qui essayent de changer cela. On les a mis au milieu de la salle, on les appelle parfois "centristes", parfois "démocrates". Ils sont comme toi, ils estiment qu'on peut avoir des copains "de gauche", comme "de droite", tout dépend du problème soulevé.

- Ca veut dire que tous ceux qui sont "à gauche" sont copains et tous ceux qui sont "à droite" aussi?

- Pas vraiment. C'était le cas il y a de nombreuses années, ce ne l'est plus véritablement aujourd'hui.

- Maman...j'ai rien compris. C'est quoi finalement être "à gauche" ou être "à droite"?

Elle embrasse affectueusement son fils sur le front.

- La prochaine fois, mon chéri. La prochaine fois.

mardi 3 février 2009

Sarkozy et la relation au pouvoir

Bruno Masure, dans un entretien livré aux riverains de Rue89.com, évoque le comportement du Président de la République, souligné par le livre de Philippe Ridet, journaliste au Monde chargé de suivre Nicolas Sarkozy jusque récemment.

" Il est capable, dans la même phrase, d'engueuler un journaliste, voire de l'insulter comme c'est déjà arrivé, puis de le cajoler. "

Cette phrase m'a amené à la réflexion suivante (que vous retrouverez en commentaire sur Rue89).

La pratique du chaud et du froid chère à Sarkozy est bien connue des psychologues: user du bâton et de la carotte à leurs extrêmes, une forte proximité apparente et un avilissement le plus total sont des procédés visant à asseoir une domination sur son interlocuteur.

Ce mélange des genres vise à non pas imposer mais modeler la volonté même de l’autre, en mettant en avant l’image du pouvoir.

C’est un peu le fonctionnement qui amène au Syndrôme de Stockholm : la victime se prend d’empathie pour son preneur d’otage, roi absolu qui détient le pouvoir de vie et de mort.L’inconscient cherche à obtenir les faveurs de ce maître d’apparence.

C’est un élément de plus qui démontre que Nicolas Sarkozy n’est pas un républicain ni même un démocrate mais un amoureux du pouvoir ego-centré, fût-ce au mépris des autres qu’ils aient la forme d’une institution (parlement, média, peuple) ou d’un individu (journaliste, ministre,…)
Le peuple s’aura-t-il s’émanciper de cette emprise?
Espérons-le

jeudi 29 janvier 2009

Les nouvelles ne sont pas bonnes

Selon le FMI, l'économie britannique devra affronter la plus importante année de récession depuis les années 30.

Contrairement à ce qu'affirmait le Premier Ministre Gordon Brown, le Royaume-Uni n'est peut-être pas mieux préparé que d'autre pays pour affronter cette crise.

La comparaison laisse quelque peu à sourire (jaune) dans la mesure où les autres pays occidentaux qui s'en tireraient mieux verront vraisemblablement leur économie baisser de 2,5% pour l'Allemagne (contre 2,8% pour la Grande-Bretagne), 2,6% pour le Japon, 1,6% pour les USA, etc.

Ce qui apparaît aberrant est que ce systême économique globalisé dans lequel nous évoluons depuis plusieurs années, disposant de ramifications dans les Etats du monde entier, souffre d'une crise plus structurelle que conjoncturelle mais à laquelle seules des réponses locales sont données !

Imaginez-vous un instant que l'on vous dise que vous êtes atteint d'une maladie répandue dans tout votre système mais que l'on ne vous donne que des traitements locaux pour soigner le pied ou la main !

D'aucuns reprendraient mon analogie pour me dire : "mais si on soigne le coeur du système, l'ensemble du corps ira mieux !"
Certes, mais où se situe désormais le "coeur" du système économique?
L'un des premiers effets de la globalisation a été de fragmenter le coeur des investissements, ainsi que le capital à travers le monde, donc traiter le coeur pourquoi pas, mais celui-ci est désormais un coeur global, seule une action concertée des pays occidentaux, une réflexion sur l'utilisation des fonds et de la relance économique est à même de répondre aux défis de cette crise.

Pensez qu'un nouveau New Deal aux Etats-Unis pourrait permettre de relancer la machine est une erreur grossière ! Nous ne sommes plus dans le même contexte que celui qu'a connu Roosevelt !

La multiplication des plans de relance locaux n'est que la démonstration de l'absence de véritable fonctionnement des organisations multipartites telles que le G20, l'OMC, le FMI et autres...

A quand une solution mondiale à une crise mondiale?

mardi 2 décembre 2008

La Sarkobama Team...

Le site Communication-Politique.info se fait le relais du buzz organisé autour du blog de la "Sarkobama Team":
Ceux qui se présentent comme "la Sarkobama Team" viennent de mettre en ligne un blog [http://sarkobama.blogspot.com/]. Dans un premier post les auteurs de la campagne d'affichage se déclare "supris du buzz créé malgré eux " (mon oeil ?) et précise l'objet de leur démarche : "Le but initial de nos affichages était de montrer aux parisiens les similitudes frappantes quil existe entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy".
D'emblée, on pourra arguer que Barack Obama est apparemment devenu une icône marketing avant l'heure, ce qui risque de faire des déçus lorsqu'il prendra les renes du pouvoir en mains.

Ce qui m'amuse non sans une pointe d'agacement, c'est cette attitude grossière, symbole d'une appétance pour l'image plus que pour l'idéologie, faisant d'un événement quel qu'il fût, un motif bon pour se vendre. Se vendre conformément à ses idées, c'est bien. Vendre ses idées, c'est moins bien.

Le blog a donc pour objet premier de pointer les "similitudes frappantes" qui existe entre les deux personnages que sont le futur président américain et notre actuel président de la République.
Je vous avoue que je m'étonnais singulièrement que l'on puisse rapprocher ces deux-là dans la mesure où si j'y vois quelque élément de ressemblance, je vois en revanche une grande liste de dissemblances.

Je n'ose croire que l'on cherche à les comparer que sur un seul terrain donc analysons l'ensemble.
Bon, l'un est grand et métis, l'autre ne brille pas par sa taille, ni par la singularité de sa couleur de peau. (On n'avait dit pas le physique Nemo! Aïe !).

Evacuons ces bassesses auxquelles je n'ai pu resistées par amour de l'humour facile.

On peut d'ores et déjà tous s'accorder sur le fait que l'élection de Barack Obama doit beaucoup à la volonté américaine (qui s'est fait l'écho d'un consensus international) de couper définitivement les liens avec 8 ans d'une administration qualifiée de Bushiste pour la pérennité au grand damne de Bush Senior.
Le Bushisme a consisté en 8 années de galvanisation des peurs de l'étranger, du terroriste, de glorification de la guerre, d'unilatéralisme et de népotisme. 8 années durant lesquelles les libertés fondamentales américaines ont été réduites (ex: Patriot Act), où les droits de la défense ont été considérablement amoindris, où les procédures les plus illégales les unes que les autres ont été acceptées sur l'autel de la peur (ex: Guantanamo, Abu Grahib,...)

J'ai du mal à voir les différences avec Nicolas Sarkozy, largement élu sur le thème de la répression, leitmotiv qui trouve aujourd'hui encore écho dans les actions du gouvernement.
Instauration des peines planchers, renforcement des directives à l'égard du Ministère Public, augmentation des incarcérations et détentions (la récente affaire de Filippis démontre un peu plus les dérives ultrarépressives du gouvernement actuel).

Lorsque Nicolas Sarkozy parle de gouvernement d'ouverture, faute de concertation, il s'agira en fait de débauche pour mieux abattre ses ennemis, la pluralité et le choix politique ne faisant pas partie des convictions de celui-ci qui n'est donc pas mauvais non plus en matière d'unilatéralsime.

Quant au népotisme, la connivence entre les grands patrons et le Président de la République permet de remplir largement la condition. (Grands patrons de presse, amis de Nicolas Sarkozy, ou même grands industriels tels que Bouygues). Si ces amitiés n'avaient pas d'effet sur les décisions prises par le gouvernement, il serait inutile de crier haro.
Mais pour le moment, les réformes visant à éviter ces situations de conflits d'intérêts en interdisant aux fournisseurs de l'Etat d'investir dans les médias sont clairement rejetées par Nicolas Sarkozy. Lorsqu'une quatrième licence d'opérateur mobile est à l'ordre du jour et qu'une société comme Iliad (propriétaire de Free) rassemble les critères principaux pour y postuler, le gouvernement finit par se rétracter et favoriser le jeu de l'oligopole actuel comptant SFR, détenu par Bouygues.
Enfin, nous n'allons pas rappeler les innombrables attaques du gouvernement à l'égard de la Justice, au mépris du rôle constitutionnel du Chef de l'Etat, garant de son indépendance.

Plus de sécuritarisme, plus de répression, moins de libertés publiques, plus de copinages, moins de démocratie...
Non, franchement, comparer Nicolas Sarkozy, héritier illustre du Bushisme à la française, à Barack Obama, symbole d'un espoir d'un retour vers plus de justice sociale, plus de respect de la démocratie et des libertés publiques, comment ne pas créer le buzz?
Et puis comparer un homme du centre avec un homme de droite "décomplexée", quelle escroquerie !

Mise à jour du 3/12 : Greenpeace à l'origine des affiches "Yes, we can" de Sarkozy

vendredi 21 novembre 2008

Brève 1: Où sont les idées?

Nul n'a pu échapper en France au battage médiatique organisé autour des élections au Parti Socialiste visant à établir le nouveau Premier Secrétaire, successeur de François Hollande.
Les paris sont lancés, les luttes intestines mises au grand jour, la question centrale de l'alliance au national avec le MoDem, pierre d'achoppement des promesses faites par les candidats.
En bref, des manoeuvres politiques en voulez-vous, en voilà.

Qui a entendu parler des programmes, d'une vision de société, des idées à défendre?
Totalement éclipsé. Quelle honte.

De toutes façons, il est fort à parier que le Parti Socialiste soit amener enfin à constater que la "synthèse" n'est tout simplement pas possible entre l'aile gauche du Parti Socialiste, très teintée de communisme et d'anticapitalisme et "l'aile droite" plus colorée socio-démocrate, naturellement attirée par le MoDem.

lundi 27 octobre 2008

Les politiques et la justice : un mutisme assourdissant

LeMonde.fr relayait les affirmations de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP et apparemment soutien inconditionnel et parfaitement aveugle, méprisant à l'égard des magistrats:
De son côté, l'UMP a dénoncé, samedi, l'attitude des syndicats de magistrats qu'il a accusé de "corporatisme". Dans un communiqué, son porte-parole Frédéric Lefebvre a estimé que "les magistrats sont les gâtés du budget et leurs représentants en demandent encore plus". Pour le député des Hauts-de-Seine, "un des seuls budgets en hausse en période de crise ne les empêche pas de se plaindre et d'appeler à la résistance la profession pour défendre des enjeux corporatistes".
Réduire la grogne de la justice française aux seules questions budgétaires est parfaitement insultant et démontre l'étonnante capacité du personnel politique en place et de la majorité qui la soutient à jouer la sourde oreille.

Je déplore malheureusement que médiatiquement parlant, les partis politiques français ne s'approprient pas ce sujet essentiel, pilier de notre civilisation.

Tous, aspirés par la crise financière - bien qu'incontournable et invitant à une forte réflexion dans le domaine économique - ne disent mot sur l'état de notre justice et leur soutien ou non au mouvement des magistrats.

La LCR d'Olivier Besancenot dédie un communiqué laconique qui a le mérite d'exister:
- La politique judiciaire sur la sellette.

Communiqué de la LCR.

Le Syndicat de la Magistrature, l’Union syndicale des magistrats organisent une journée de mobilisation, aujourd’hui 23 octobre, pour dénoncer « les dérives » et l’autoritarisme de la ministre de la justice.

D’autres organisations, comme le Syndicat national des Personnels de l’Education et du Social Protection Judiciaire de la Jeunesse (SNPESPJJ-FSU), ont décidé de se joindre à cette journée. Un mécontentement profond a éclaté parmi les personnels pénitentiaires. Le malaise est général dans le monde judiciaire. Le tout répressif, les peines planchers, le désintérêt pour les peines alternatives font exploser les prisons. Plus de 63 000 personnes incarcérées pour 51 000 places. Les cinq suicides intervenus depuis le début du mois, portant à 91 le nombre de suicides en 2008, ne font que souligner une situation déplorable qui vaut à la France de pointer à la 35e place en Europe. Sans compter la condamnation récente, de la France, par la « Cour européenne des droits de l’homme » pour « traitement inhumain ».

Le même aveuglement répressif frappe durement la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Les foyers éducatifs ferment les uns après les autres au profit des centres fermés.

La LCR soutient cette mobilisation. L’empilement de lois toujours plus répressives, la mécanique implacable des peines planchers, la disparition programmée de l’ordonnance de 1945, c’est toujours plus de prisons et de centres fermés. Il faut mettre fin à la spirale infernale du tout sécuritaire, restaurer la mission éducative à l’égard de la jeunesse, développer les peines alternatives, améliorer les conditions de vie dans les prisons avec la mise en place du principe de la cellule individuelle, améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, donner les moyens d’un vrai suivi des prisonniers et de leur réinsertion une fois la peine accomplie.

Le 23 octobre 2008.

Le Parti Socialiste titre "Crise financière : propositions contre propositions", "SPECIAL CONGRES - "Le mot du jour" : Europe" puis "La gauche rassemblée face à la crise".

Les Verts se concentrent uniquement sur les problèmes d'écologie.

Mais le plus triste reste certainement le mutisme relatif du Mouvement Démocrate: http://www.mouvementdemocrate.fr/

Pas un mot.

Espérons que dans la réflexion qui est actuellement engagée, la justice et le respect dû à ceux qui la font au quotidien auront pleinement leur place.

jeudi 16 octobre 2008

C'est la crise ! Vite augmentons les salaires...

..des collaborateurs de l'Elysée !

Lorsque l'on entend à tout va, que la crise financière nous plonge déjà dans des abîmes de dette publique dans la mesure où il nous faut couvrir les pertes des établissements financiers, que la croissance et le pouvoir d'achat risquent d'être en berne pour un moment, que le chômage va augmenter en conséquence, que les entreprises vont se serrer la ceinture, notre gouvernement décide d'augmenter le traitement des collaborateurs de l'Elysée de 50% en deux ans.

Cela se passe de commentaires.

mercredi 15 octobre 2008

Quand l'immobilier va, tout va?


Depuis plusieurs mois, chacun ressent que le marché de l'immobilier se tasse.

Les opérateurs économiques du secteur et plus particulièrement les agents immobiliers ont tenté tant bien que mal de camoufler la baisse des prix, espérant endiguer l'effet boule de neige.

Comme à l'accoutumée, les spécialistes se déchirent sur le constat et les prévisions des chiffres du secteur.
Lorsque l'un annonce une baisse importante de 18%, d'autres comme le rapporte l'article de Rue89.com, affirme péremptoirement qu'il ne s'agira au pire que d'une légère baisse de 5%.

Aujourd'hui, le lien entre la disparition de certaines agences immobilières et la crise américaine des subprimes est pourtant peut-être une erreur. En tous cas, ne s'agit-il pas de l'unique facteur.

D'aucuns ne prêtent pas de grande sympathie pour ces intermédiaires - à tort ou à raison -, les considérant comme des "voleurs". La valeur ajoutée apportée par un service onéreux, chiffré en dizaines de milliers d'euros apparaît à l'heure d'Internet, plus que criticable.

1. L'information sur les prix dans tel ou tel quartier est on-ne-peut-plus aisément accessible au quidam pour peu qu'il dispose d'un ordinateur et d'une connexion Internet à portée de mains.
L'expertise de l'agent immobilier et son estimation devienne bien moins indispensable.

2. La "mise en contact" entre acquéreur et vendeur est d'autant plus facilitée par des sites à succès comme entreparticulers.com ou pap.fr.

3. Un Notaire efficace saura accompagner efficacement son client dans une opération immobilière par le conseil et la rédaction d'actes.

Certains ont crû pouvoir profiter de l'eldorado de l'immobilier, songeant aux hausses spéctaculaires des prix comme on en a connu en 2003 en France, et attiré par des commissions qui se chiffrent en pourcentage de prix de vente.

Malheureusement pour certains, c'était faire l'impasse sur une notion essentielle du commerce, l'équilibre entre l'offre et la demande. Moins la valeur ajoutée est évidente aux yeux du client, plus il faut se faire indispensable. Force est de constater que certains n'ont pas appris la leçon.

Manifestement, Internet force beaucoup de secteurs à se réinventer.

vendredi 19 septembre 2008

Le pouvoir d'achat baisse?

Ca, c'est de l'information !

Heureusement que le gouvernement et les journalistes sont là pour confirmer ce que les Français constatent depuis trop longtemps.

Alors, le but d'un tel article et de l'étude - des plus officielles - correspondante, quel est-il?
Contribuer à la déprime ambiante?

Quelles conséquences sont tirées de ce constat?
Le journaliste s'abstient de mener un début de réflexion et l'on attend la réaction du gouvernement... si la seule réponse, c'est une campagne publicitaire.

Attendez ! Les premiers effets vont arriver nous dit-on!
Espérons-le, car entretemps, les dirigeants des entreprises du CAC40 ont vu leur rémunération augmenter de 58% en 2007 et les bénéfices totaux des mêmes entreprises de 5% sur la même période.

L'économie va mal...mais pas pour tout le monde.

mardi 16 septembre 2008

Et Tazer?

Depuis un certain temps, la polémique fait rage aux Etats-Unis ainsi qu'au Canada sur la prolifération du Tazer X26, arme électrique que son constructeur défend d'être létale.

Or, cette arme classée dans la 4e catégorie par arrêté ministériel du 22 août 2006 de M.Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, équipe les forces de police et de gendarmerie nationale depuis 2004.

Rappelons au passage qu'une arme de 4e catégorie, au même titre que les fusils à pompe et autres joujoux-qui-font-mal, ne sont donc pas en vente libre. La détention, l'usage et la circulation de ces armes sont extrêmement réglementés et soumis à autorisation.

Une polémique récente est née de la volonté gouvernementale d'étendre aux équipes de police municipale la possibilité d'utiliser ce que d'aucuns qualifient de "chaise électrique mobile". Le X26 décharge 50.000V sur la cible mais comme diraient certains de mes amis geeks: "à faible ampérage, 50.000V ne sont pas mortels". Or, ici, l'intensité du choc est de "seulement" 2,7 mA.

Les détracteurs du X26 s'appuient essentiellement sur la bavure qui s'est déroulée à l'Aéroport de Vancouver au Canada et qui aura tué Robert Dziekanski, un passager polonais, le 14 octobre 2007.

Je ne ferai pas ici l'apologie ni ne conspuerai le X26. Ce que j'ai pu constaté jusqu'alors des articles et reportages que j'ai pu voir ça et là :
1. Robert Dziekanski aurait été vraisemblablement selon les rapports médicaux dans un état de stress et de fatigue extraordinaires qui conjugués au choc électrique ont provoqué un arrêt cardiaque
2. La preuve du caractère létal du X26 n'a jamais pu être apportée de manière scientifique selon le constructeur mais dans certaines circonstances, ce n'est pas tant le choc électrique per se mais sa combinaison avec d'autres paramètres qui constituent un danger potentiel pour la cible.
3. L'ONU et Amnesty International qualifient le X26 "d'outil de torture".
4. Les vidéos sur Internet pullulent montrant les abus commis par des policiers américains, qui ont tendance à user du Tazer dès qu'ils perdent patience.

Rappelons au passage qu'au moins, nous avons eu la possibilité de savoir et de voir ces vidéos qui ont servi notamment à prendre des sanctions disciplinaires contre les auteurs de ces faits, l'information sur les abus commis aux Etats-Unis étant nettement plus transparente qu'en France.

En conclusion, le Tazer est une arme à faible caractère létale, certes. Une arme tout de même.
Je ne vois pas nécessairement d'un mauvais oeil sa propagation auprès des forces de l'ordre car de ce que j'en comprends de mon regard de néophyte, une arme à feu cause des dégâts bien plus importants. Dès lors, si l'utilisation du X26 vient à remplacer en partie celle des armes traditionnelles, pourquoi s'en offusquer?
N'oublions pas cependant que les forces de l'ordre doivent être nécessairement formées à son utilisation : quand l'utiliser? à quel moment? pour quels motifs? quels risques?
Il faut éviter d'un côté de vanter son caractère non mortel qui incite grandement les possesseurs à l'utiliser à tort et à travers. Il s'agit d'une arme, son utilisation doit être fortement encadrée.
De l'autre côté, il faut éviter l'écueil inverse qui consisterait à s'enfermer dans une posture idéologique dénonçant tout ce qui s'approche de près ou de loin à de la répression, s'appuyant sur le sensationnel des images (impressionnantes au demeurant).

Alors, le Tazer en France? Pourquoi pas si tant est que l'on remplace en partie l'usage de l'arme traditionnelle et que l'on en surveille l'utilisation sur le plan national...malheureusement, à cet effet, les caméras de surveillance embarquées en véhicule de police auraient permis un contrôle plus efficace.
De ce point de vue, les Américains nous devancent.

mardi 22 juillet 2008

Le IIIe millénaire sera religieux ou ne sera pas

La foi n'est pas un vilain mot, la religion n'est pas intrinsèquement obscurantiste, la laïcité n'est pas le rejet de Dieu mais sa tolérance, les valeurs catholiques sont parfaitement compatibles avec un esprit engagé républicain, laïc et démocrate.

Voilà, les mots sont lâchés.

Mais ce qui m'amène au thème présent est un article du Monde.fr reprenant la tribune d'un personnage dont on pourra dire qu'il a fait quelques mauvais choix lourds de conséquences.
Cela ne m'empêche pas d'apprécier cette figure publique dont j'aime reprendre la citation suivante:
"Aujourd'hui, le vrai débat n'oppose plus politique de droite et politique de gauche mais bonne politique et mauvaise politique."
Cette intervention lui avait valu les foudres du parti dont il émane.
Je l'apprécie encore plus aujourd'hui.

Tony Blair : "Je rêve que la foi apporte sens et valeurs à une globalisation chaotique"

mercredi 16 juillet 2008

Faites-moi part de vos idées, je transmettrai...


Dans un entretien accordé au Monde.fr, le Président de la République défend son projet de réforme des institutions, soulignant son souhait profond d'accorder plus d'espace, plus de pouvoirs à "l'opposition".

Dans le flot de mesures en stock, il serait envisagé de garantir et contrôler un temps de parole dans l'audiovisuel au profit de cette "opposition".
Oui, vous avez bien lu "audiovisuel" et non parlementaire.

Vous noterez que le discours de Nicolas Sarkozy se teint de l'habituelle bienveillance, histoire de mieux faire glisser le mélange des genres.

Aussi, sur le fond, une question demeure-t-elle:

Qu'est-ce que "l'opposition"?

Pourquoi diable répondre à une question qui n'a pas été posée ?
Après tout, la presse traditionnelle se complait depuis quelques temps dans la manichéisme !
A tel point, que dans l'inconscient collectif, chacun sait qu'il est fait référence implicite au Parti Socialiste.

C'est ce que j'appelle du prêt-à-penser. Ce postulat n'est que trop rarement remis en question par les journalistes.

Il n'y a là rien de bien scandaleux, me direz-vous, c'est la seule véritable force politique nationale alternative, si l'on en croit leur nombre de députés élus.

Vigilance ! vous rétorquerais-je. L'opposition parlementaire n'est pas l'opposition "idéologique".

Réfléchissons à la définition de ce terme et aux conséquences liées à son institutionnalisation, voulez-vous?

Selon la croyance populaire, l'opposition désignerait le second parti politique du pays par le nombre de représentants à l'Assemblée Nationale.

Aussi, rapportée à l'espace médiatique, cette définition apporte-t-elle plusieurs commentaires:
1. Quid de la visibilité des partis représentés localement (conseils généraux, régionaux, collectivités locales, communes...) ?
2. Quid de la quasi impossibilité pour des partis émergents d'être visible médiatiquement en pareil cas?

Le mélange des genres n'a pas très bonne saveur.
Au Parlement, la légitimité de ceux qui ont droit à la parole s'acquièrent par le vote.
Dans le PAF, cette légitimité s'obtient par la potentielle représentativité - ce qui par ailleurs a donné lieu à la pratique surabondante des sondages.

Or, n'est-il pas légitime de craindre que de consacrer institutionnellement nos deux monolithes politiques comme "majorité" et "opposition" par-delà le cadre parlementaire enfermerait notre République dans un fonctionnement en vase clos, donnant lieu à une surmédiatisation de leurs déclarations et pendant, à une sous-médiatisation d'autres mouvements.

En conséquence, le PS et l'UMP finiraient par contrôler l'offre idéologique*, puisque devenus les prismes de l'expression de toutes nouvelles idées. Ainsi, pouvons-nous craindre un tel glissement dans la mesure où :

1. Depuis 50 ans, la classe politique française n'a pas brillé par sa discipline, sa rigueur intellectuelle et son envie de se renouveler.
Lorsqu'une idée ou un personnage échoue, les voilà resservis 5 ans plus tard affectés de deux ou trois modifications cosmétiques destinées à donner l'apparence du neuf.

2. Quel espace pour les mouvements institutionnellement considérés comme "minoritaires" bien que légitimes (forte représentation locale, important nombre de militants et d'adhérents,...) étouffés par cette surmédiatisation?

3. En période électorale, le jeu démocratique n'en sera-t-il pas faussé?

Est-ce là l'idée de la démocratie? Voulons-nous réellement d'une France bipartiste à l'instar du modèle outre-atlantique?

D'aucuns pourraient voir en cette manœuvre la tentative dissimulée de mettre aux oubliettes la promesse d'injecter une dose de proportionnelle aux différentes élections, seule garante d'une offre politique véritablement représentative et démocratique.

Que voulez-vous, la classe politique est taxée de copinage de toutes parts:
ENA, Inspection des Finances, cercles de pouvoir telle le Siècle..., autant de vecteurs favorisant la formation d'un aréopage des temps modernes.

Ces écoles du pouvoir permettaient jusqu'à présent d'uniformiser d'une certaine façon le personnel politique.

Et bien, vous serez fort aise d'apprécier la mainmise de ce personnel sur l'offre idéologique publique.

Internet sera-t-il le dernier rempart des nouvelles idées politiques?

Favoriser la démocratie, avez-vous dit?

*Partant de l'hypothèse qu'une offre idéologique n'existe que lorsqu'elle est captée par une audience

vendredi 11 juillet 2008

La régression sociale, société en progrès?

Vu sur Intox2007.

Dans la même veine du "la France, elle a changé(...): désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit» encensé par un parterre de cadres de l'UMP.

La majorité semble faire rimer régression sociale et projet de société.

Souhaitons que je me trompe.

mercredi 25 juin 2008

De mauvaise foi, moi?



Selon Jacques Attali: "La faiblesse du PS nuit fortement à la démocratie".

Curieuse affirmation qui se dispense de démonstration.

La sauvegarde de la démocratie serait-elle donc une notion que l'on brandit à convenance pour tenter de maintenir à flot sa formation politique aux abois?
Curieusement, on a connu d'autres partis moins "bankable" qui s'en étaient fait une marotte.

La démocratie française ne se définit-elle que comme l'opposition de deux partis politiques?

Jacques Attali devrait être renvoyé à ses leçons car il confond sans vergogne bipartisme et démocratie.

J'avoue le suspecter de malhonnêteté intellectuelle à cette occasion.
 
blog d'expatrié