Affichage des articles dont le libellé est Majors. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Majors. Afficher tous les articles

mardi 16 juin 2009

Hadopi est mort, vive Hadopi !













Quel rapport peut-il bien y avoir entre Richard Branson et Christine Albanel?

Nul n'ignore (sauf à résider au fin fond des steppes du Kazakhstan) qu'en France, le Conseil Constitutionnel vient de porter un coup fatal au projet de loi Hadopi, porté à bout de bras par Christine Albanel, faisant la joie d'internautes - dont votre serviteur - qui y voyaient une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales, atteinte qui plus est dénuée de toute pertinence technique, culturelle ou économique.

Pendant ce temps à Vera Cruz, au Royaume-Uni, Virgin Media, principal cablo-opérateur, vient d'annoncer un partenariat avec Universal Music visant à la mise à disposition de la totalité du catalogue musical de la Major française exempte de tout DRM en échange d'un forfait mensuel qui devrait osciller entre £10 et £15 par mois.

En contrepartie, Virgin Media s'engage à mettre en place la riposte graduée dont la mesure ultime viserait à la suspension temporaire de la connexion Internet de l'utilisateur en question.

Pour l'heure, on ne sait que peu de choses sur les procédés de preuve, la surveillance du réseau, l'intervention d'un juge ni même sur les moyens de défense pour la mise en oeuvre du dispositif.
Les FAI anglais avaient jusque là été timorés quant à la mise en place d'un tel mécanisme. Il aura fallu qu'il y en ait un pour oser faire le premier pas.

Manque de pot...c'est mon FAI...

Mais croient-ils réellement que l'industrie du disque repartira du bon pied avec un tel dispositif?
A croire que Christine Albanel et Richard Branson ne font qu'un !

Toi aussi, amuse-toi chez toi. Sauras-tu distinguer la future ex-Ministre de la Culture française de l'actuel P-DG du groupe Virgin malgré le même sourire mutin et le même regard désespéré de cocker?
Un indice (Julien Lepers sort de ce corps!): l'un des deux semblerait y connaître quelque chose au monde de la musique.

vendredi 8 mai 2009

Utopia: Et Si J'Etais...

Dirigeant d'une Major de l'Industrie du Disque?

Ca commence sérieusement à sentir le sapin pour le projet de loi Hadopi et il se pourrait bien que nous disions au revoir à Christine Albanel au prochain remaniement ministériel (dont il faudra que l'on m'explique en quoi les résultats du suffrage européen pourrait enclencher un chassé-croisé gouvernemental... comment peut-on encore s'étonner de cet amalgame malheureux entre élection européenne et vote "sanction"?)

Un des arguments souvent entendus ça et là de la bouche des pro-Hadopi ou des partisans du "moindre mal" prétenduement protecteur des artistes n'est en fait pas un argument mais un renvoi réthorique vers une supposée absence d'alternative ou de contre-propositions.

Et bien, chers amis (oui, je ne peux m'empêcher cette inclination virtuelle à votre endroit...l'humeur sans doute), n'attendons pas une seconde supplémentaire pour nous mettre dans la peau de Pascal Nègre, Président et Directeur Général d'Universal Music France.

Que faire à l'égard des actionnaires?

Il est un premier combat à mener à l'encontre des actionnaires qu'il convient de convaincre, rapports indépendants à l'appui, que le maintien du modèle économique actuel, n'est pas viable à long-terme.
Pas facile lorsque l'on a exigé des efforts durant ces quelques vingt dernières années à force d'acquisitions et de concentrations pour réunir dans les mains de quelques-uns les enjeux culturels du monde occidental.
Une fusion-acquisition n'est pas nécessairement une bonne ou une mauvaise nouvelle en soi. Elle s'associe souvent en revanche d'une réduction de la rentabilité à court terme, le temps pour les entreprises jumelées de ne devenir qu'une.
Dès lors, l'entreprise s'avère délicate mais certainement pas impossible. Après tout, il en va de la pérennité de l'activité.

Quelles actions entreprendre?

Le coût

Pour relancer l'activité, il faut la moderniser et se conformer à la demande du public.
Remarquons d'emblée que le prix du CD n'a pas varié à la baisse (sauf offres promotionnelles chroniques) depuis sa création...en 1987.
Or, les coûts de production du support ont drastiquement baissé mais n'ont pas été répercuté sur le prix final pour le consommateur.
Rappelons que les économistes dans la lancée de Laffer ont mis en exergue la théorie du juste prix psychologique, celui à partir duquel les ventes sont optimisées.
Il s'agit d'un prix fixé à partir de plusieurs paramètres: la perception du consommateur du produit, sa nouveauté, sa rareté, etc.
Concommittamment à l'obsolescence du support, l'offre musciale "grand public" s'est nettement standardisée favorisant quantité au mépris de la qualité. En outre, le sentiment général qu'une nouvelle génération d'artistes peine à être révélée au grand public s'est installé.
Enfin, l'opportunité de l'achat de produits culturels est directement impacté par l'évolution du pouvoir d'achat de la population, lui-même en berne depuis plusieurs années.
En conséquence, il n'est plus possible de maintenir les mêmes prix que par le passé.
Cela va certes à l'encontre du discours néolibéral qui promeut la croissance à tout va, mais il s'agit d'une vision bien plus pragmatique.

Action : améliorer l'équilibre entre valeur du produit et prix final au consommateur de manière à se rapprocher du prix psychologique (prix se situant aux alentours de 7 EUR pour un album CD et de 0,20 EUR pour un titre unique électronique - source: Pifomètre 2009)

A noter que la réduction du prix de revient est rendu d'autant plus possible que les intermédiaires disparaissent avec l'émergence de la vente directe sur Internet et la disparition du support physique.

Les restrictions d'utilisation

A l'heure de la diversification des supports multimédias (TV avec connection réseau, consoles de salon devenant centres de médias, téléphone devenant TV et Internet...), et de l'interaction des produits entre eux (TV/Téléphone/PC/Console/Amplificateurs...), restreindre l'utilisation des fichiers numériques que ce soit en terme de diversification ou d'interaction est contre-productif et participe d'une baisse de la qualité "perçue" par le consommateur.
La demande est aujourd'hui à la multiplication des possibilités.

Action: supprimer les restrictions d'utilisations superflues

La valeur perceptible

Aujourd'hui, la musique est omniprésente. Parallèlement au phénomène de standardisation, et sous l'effet de l'industrialisation des oeuvres culturelles, le caractère "unique" et donc la valeur du produit, tel que perçue par le consommateur en est nettement appauvrie.
Il faut nécessairement passer par une stratégie marketing moins ostentatoire.
En outre, il faut varier la diffusion d'artistes "alternatifs".

Autre moyen d'améliorer la valeur du produit: le rendre "unique" par le soin apporté au package.

Les coffrets, les éditions limitées, les combinaisons multimédias (CD, DVD, interface multimédia), les posters, les livrets... en sont les exemples les plus évidents.

Action: soigner le contenu et le contenant. Varier l'offre culturelle, déconcentrer la stratégie marketing sur les quelques artistes vedettes, et multiplier les coffrets.

La distribution

Un des paramètres favorisant le piratage des oeuvres est la difficulté d'obtention du produit par les moyens licites. Le prix participe par ailleurs de cette idée. Pour autant, ici, il est question du réseau de distribution et de la facilité avec laquelle le consommateur peut se procurer le produit.
La démocratisation d'Internet aurait dû être paradoxalement l'avénement d'une mise à disposition en un click...mais l'industrie du disque a râté le coche en ne mettant pas immédiatement à disposition l'ensemble de leur catalogue au format électronique sur un site facile d'accès. Il est devenu plus facile de se procurer le produit de manière illicite par les réseaux P2P.

Action: mettre l'ensemble du catalogue à disposition soit en version CD soit en version électronique en un clic, sur un site convivial et facile d'accès.

Ces actions seraient à même de relancer l'industrie du disque mais requiert des efforts financiers importants.

Mais voyez-vous, amis internautes, il est ici question d'un problème structurel plus que conjoncturel. La globalisation du néolibéralisme a consacré le modèle unique du profit court-termiste au mépris du projet d'entreprise. Il ne reste qu'à espérer que l'un montre la voie aux autres.

Ah, si j'étais dirigeant de l'industrie du disque...

mercredi 18 février 2009

L'industrialisation de la société

Maître Eolas répond à Luc Besson qui dans une tribune offerte par leMonde.fr se répand en lieux communs dont on ne peut que mesurer si ce n'est la vacuité, du moins l'inconsistance.

Je comprends la motivation du célèbre avocat blogueur dans ce billet qu'il lui dédit.
Pour ma part, cela m'inspire une réflexion que je préfère prendre avec plus de perspective.

Le mal est profond: la déficience du système occidental s'est propagée dans le monde entier par le jeu de la globalisation du marché.

Les raisonnements véhiculés par de tels dirigeants d'entreprise tels que celui d'EuropaCorp, ne font que s'inscrire dans la continuité de notre modèle de société qui "industrialise" tout ce qui la compose.

Par exemple, de projets d'entreprises humaines, nous voici aujourd'hui face à une société du profit financier immédiat méprisant des facteurs aussi essentiels que le capital humain, l'environnement, ou l'intérêt général.

Autre exemple, les politiques gouvernementales qui se succèdent depuis plusieurs années ont définitivement rompu avec le besoin de projet de société pour ne laisser la place essentielle qu'à l'économie et la finance, réduisant des piliers de notre civilisation comme la Justice à une peau de chagrin.

Ainsi, rapporté au monde de l'audiovisuel, d'oeuvres culturelles, la transition s'est faite vers ce que l'on nomme aujourd'hui l'industrie du "cinéma" ou du "disque" le plus souvent au détriment du projet artistique.

La constante dans cette évolution protéiforme: l'appétance démesurée et aveugle pour le profit à court terme.

L'ironie du système: son caractère intrinsèquement autodestructeur en ce qu'il ne saurait être viable sur le long terme car méprisant une composante indispensable à sa pérennité.

jeudi 13 novembre 2008

Wizzgo ou l'entêtement des diffuseurs

Wizzgo est le nom d'un service de "magnétoscope online gratuit", permettant comme son nom l'indique d'enregistrer et de revoir des émissions diffusées gratuitement par les chaînes de télévision française.

Après avoir subi déjà un premier revers judiciaire devant le juge de l'urgence saisi par M6 et W9,
le groupe FranceTélévision vient d'obtenir une décision analogue.

La décision apparaît difficilement contestable juridiquement dans la mesure où effectivement, l'exception de copie privée s'interprète strictement et ne vaut que pour un usage réalisé par le copiste et pour le copiste.

Hors du débat juridique, d'un point de vue économique et progressiste, je suis consterné par cet entêtement des grandes chaînes de télévision à vouloir interdire de telles initiatives lorsqu'elles-mêmes sont incapables d'offrir ce que le consommateur demande.

A l'instar des majors, il est évident que ces tenants de la vieille économie ont commencé à vaciller sur un équilibre dont il sont pourtant à l'origine: ardent artisans de l'industrialisation de l'audiovisuel dans la lignée du marché du multimédia, ceux-là ont révéillé chez le consommateur l'envie de nouveaux modes de consommation, portés par les grandioses promesses de la globalisation et de l'Internet mettant l'information et l'inaccessible à portée de clic.

En effet, à s'évertuer à transformer l'immatériel en un bien quasi-tangible et à vouloir se rémunérer à l'utilisation (ou la diffusion) et non en fonction de l'utilisateur et/ou de l'oeuvre, le consommateur a modifié son appréhension de l'oeuvre culturelle.

L'information circule et le marketing n'a jamais touché sa cible aussi directement et immédiatement que depuis que le web est aisément accessible dans les pays développés.

Le teasing provoqué par une bande-annonce, par une série à succès dont les derniers épisodes sont disponibles outre-atlantique attirent le chaland qui n'accepte plus qu'on lui oppose des frontières invisibles.
La globalisation à deux vitesses est alors vécue comme une antienne que les grandes sociétés versatilement adorent quand elle leur bénéficie et abhorrent lorsque elle présente des inconvénients.
Parlez délocalisation, évasion fiscale, investissements étrangers,... et l'ouverture du marché a du bon.
Droits de propriété intellectuelle, distribution de contenu, multimédia, audiovisuel, et l'on vous oppose le retour aux bonnes vieilles frontières nationales, la logique du marché local et les différences culturelles.

Ce paradoxe est du même ressort que la régulation et la dérégulation, l'Etat-Providence et l'Etat-Gendarme, le libéralisme et le keynésianisme, un Etat fort et un Etat faible,...

Toutefois, au jeu de l'économie libérale et capitalistique, il est un paramètre que les diffuseurs, éditeurs, producteurs de contenu, etc. semblent s'entêter à ne pas prendre en compte.

La loi de l'offre et de la demande est un équilibre que l'on subit plus qu'on n'actionne.
Ce n'est pas en formattant l'offre selon la vision que le fournisseur estime le plus profitableque le consommateur va lui même nécessairement formatter sa demande.

Ceux-là se voilent la face en essayant d'user de l'arme judiciaire et/ou législative pour contrôler un phénomène de masse, une modification structurelle des modes de consommation.

Jouez-donc le jeu de l'économie que vous avez vous-même formattée !

Innovez, devancez la demande, libérez la créativité, la variété des produits, écoutez ce que le consommateur réclame.

Il n'est pas difficile de le savoir tellement les témoignages sur la Toile sont nombreux :
Des produits innovants et non verrouillés qui permettent une totale flexibilité à un prix "juste".

Ce n'est pas en tapant sur Wizzgo que vous "contrôlerez" le phénomène mais en les devançant et en améliorant le concept. Il en va de la santé de l'économie et du futur du marché de l'audiovisuel. Les diverses études démontrent que les consommateurs se détournent des médias traditionnels pour privilégier Internet.
Ne tapez pas sur Internet mais faites-vous en votre allié !
 
blog d'expatrié