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jeudi 11 mars 2010

Ni ultra-libéraux, ni capitalistes ?

Petit échange succint avec un ami sur Facebook (si, si!):
L'ultra-libéralisme est un terme inventé par les journalistes mais qui n'existe pas du point de vue de la théorie économique.
A la rigueur, on pourrait parler de néo-classicisme.
A l'heure actuelle, le système économique mondial est tout sauf capitaliste dans la mesure où notamment :
1. La politique des grands groupes est dictée par une vision court-termiste qui nuit à la pérennité des moyens de production
2. Les décisions d'affectation des bénéfices se font au profit de quelques grands actionnaires au détriment des investissments et du capital humain indispensables à la réussite d'une entreprise... Afficher davantage
3. La globalisation de l'économie permet aux grandes entreprises de fausser la concurrence notamment au moyen du dumping fiscal et social
Donc il faudrait revenir aux fondements du capitalisme et le réglementer (la théorie de la main invisible a ici ses limites) afin de permettre une égalité réelle des acteurs et que l'entreprise soit à nouveau le vecteur d'enrichissement commun qu'elle devait être.
Aussi, aurais-je dû ajouter qu'en principe, "en régime capitaliste, le mobile principal de l'activité économique est la recherche du profit qui trouve sa contrepartie dans le risque". Risque tout relatif pour ces grands groupes de sociétés qui profitent d'une position dominante sur le marché et d'avantages liés à l'optimisation fiscale et sociale - en d'autres termes, la volonté d'échapper à l'impôt et aux charges des pays développés afin de bénéficier de la main d'oeuvre et des conditions sociales et fiscales plus clémentes en d'autres pays tout en bénéficiant du pouvoir d'achat des consommateurs occidentaux - ce qu'une PME ne peut faire qu'à un niveau marginal.

En outre, notre société globalisée n'est d'autant pas plus libérale dans la mesure où la seule main invisible est plutôt violentée par des situations de monopoles ou d'oligopoles et partant, de concurrences imparfaites que la loi maintient voire encourage telles que l'industrie audiovisuelle, l'automobile, le secteur de l'énergie, l'industrie cinématographique, la musique, l'immobilier, etc.

La destruction créatrice
, découlant même de la théorie libérale de la main invisible, ne peut même pas faire son oeuvre sur ces sociétés, l'innovation étant ainsi freinée. L'automobile en est un exemple frappant en ce qu'en promouvant l'énergie fossile ou en finançant lourdement l'industrie sans en exiger d'adaptation, l'Etat a largement interdit l'émergence de véhicules à énergie alternative dont les brevets existent pourtant parfois depuis de très longues années !

En résumé, notre économie n'est pas capitaliste car seul l'actionnariat et non le capital au sens "moyens de productions" est démesurément favorisé au détriment même de la viabilité d'une entreprise sur le long terme.
Elle n'est pas non plus libérale en ce que les situations d'oligopoles ou de monopoles ne résultent pas de la main invisible du marché dans une situation de concurrence parfaite, mais de règles biaisées, détournées par le jeu de la loi ou de manoeuvres d'entreprises au niveau mondial.
Les deux points par ailleurs se compensent pleinement, la loi intervient en général pour corriger les déficiences de sociétés qui ont été gérées pour favoriser les actionnaires que l'on voudrait nous faire prendre pour des entrepreneurs.

lundi 25 mai 2009

L'humeur n'est pas à la fête

Chers lecteurs internautes,

Je ne puis que me confondre en excuses de vous laisser cois face à mon apparent mutisme.

Mais la raison est totalement professionnelle et malheureusement d'actualité.

Je ne fais pas mystère de ma profession qui est celle de Juriste d'Entreprise au sein d'une entreprise de taille moyenne de nationalité américaine. Je ne puis vous en dire plus afin de protéger l'identité de mon employeur.

Mon actuelle suractivité a le mérite de mettre en lumière des pratiques sur lesquelles nous pourrions nous pencher d'un point de vue macroéconomique. En effet, comme dans beaucoup d'entreprises à travers le monde, la crise financière se mue en crise économique. Néanmoins, celle-ci ne frappe pas nécessairement l'activité commerciale de tout un chacun même si les premiers effets se font ressentir. Les négociations commerciales sont plus dures, plus longues, la croissance du chiffre d'affaire (leitmotiv des sociétés côtées en bourse) ralentit et même si les bénéfices sont toujours en rendez-vous, il convient de réfléchir par anticipation sur le long terme.
Voilà qui peut être étonnant. Réfléchir sur le long terme n'est pas l'apanage des sociétés côtées en Bourse. Bien au contraire. On ne jure généralement que par les chiffres au trimestre et les annonces qui l'on pourra en faire aux actionnaires, espérant une augmentation du cours de l'action.

Dès qu'il s'agit de toucher au portemonnaie des actionnaires, la réflexion à un horizon plus éloigné s'ouvre.

Mais toutes les entreprises ne répondent pas nécessairement à cette caricature. Mon employeur compte parmi ceux qui tentent de maintenir un équilibre délicat entre résultats court-termistes prometteurs pour les actionnaires, et projet d'entreprise sur le long terme. Jusqu'à présent, cet équilibre a été maintenu avec brio.

Aujourd'hui, dans l'esprit de prévenir les conséquences de la crise économique à venir, me voilà chargé d'accompagner les réductions d'effectifs en Europe. Attention, il est une nuance délicate que l'anglais consacre entre "downsizing" et "rightsizing". Il n'est pas question de réduire les effectifs répondant à une crise économique mais d'analyser objectivement les postes redondants, et les emplois qui ne s'inscrivent pas nécessairement dans l'organisation globale de l'entreprise.

Aussi, certains profitent de ce mouvement pour aborder la question des salariés "gênants". Comprenez ceux dont les performances et la qualité professionnels ne sont pas au rendez-vous. La nuance est importante juridiquement car si d'un côté il s'agit d'une réflexion globale sur l'organisation de l'entreprise et le meilleur rendement possible. De l'autre, est abordée la question à l'échelle individuelle. Et ici, il est difficile de ne pas consacrer l'appréciation souveraine du manager sur les performances de ses salariés. Si aucun outil n'a été donné à ce manager pour évaluer et accompagner son collaborateur, l'exercice en devient périlleux.

Le Juriste d'Entreprise devient à ce titre absolument indispensable car l'analyse a priori des risques juridiques permettra de réfléchir à la stratégie à aborder.
Je peux vous dire qu'à ce poste on découvre que la perspective d'une crise économique exerce des effets pervers en ce qu'elle exerce une pression invisible sur les managers qui découvrent des travers inacceptables parmi leurs employés. Certains sont réels et indiscustables.
J'ai la chance de travailler pour une société humaniste qui ne permettra pas que l'on licencie un salarié sur des considérations fragiles et subjectives...et pourtant, les américains s'embarrassent rarement de ce genre de considérations en se contentant d'une réponse chiffrée à la question "combien ce licenciement va coûter?".

Il n'en reste pas moins que ce n'est pas un moment agréable à passer car on ne peut s'empêcher de penser: "et si c'était moi?"

Voilà, vous savez pourquoi je suis aspiré par le travail qui se surajoute à mes projets commerciaux dont la date limite est déjà dépassée.

mardi 24 février 2009

Panem et circenses !

"Du pain et des jeux !". Ainsi s'exprimait Juvénal, poète latin décrivant que le peuple romain se satisfaisait de nourriture et de divertissement, taisant ainsi tout autre revendication politique.

Ainsi, en régents inspirés, les monarques et dirigeants romains procédèrent régulièrement à des distributions de farine et de pain jusqu'à convertir les boulangers en fonctionnaires d'Etat.

Le pain est un symbole extrêmement puissant de la condition humaine, représentant la nourriture dans son ensemble, élément vital à l'existence.

Le pain est omniprésent dans la Bible, depuis l'Exode où le pain n'est pas levé, en passant par l'incarnation du corps du Christ.

Il n'est pas anodin de souligner que la Révolution Française a éclos dans un contexte de grande famine où le peuple en colère venait chercher le Boulanger, la Boulangère et le Mitron (Louis XVI, sa femme et le dauphin).

Les jeux quant à eux ont toujours été considérés comme un moyen de détourner l'attention que ce soit sur l'ennui, sur la politique,
L'esprit humain cherche spontanément un moyen de ne pas affronter les contrariétés qui s'opposent à lui. Lorsqu'il ne peut le faire physiquement, l'Homme aura tendance à le faire mentalement.

Le champ lexical du jeu exprime à lui seul "l'évasion", le "rêve", mais le plus important le divertissement, qui étymologiquement désigne le fait de détourner à son profit, ou dans un sens plus usuel de s'éloigner du réel, se détourner de la vue de l'essentiel.

Il n'est donc pas étonnant que ces deux éléments aient une vertue lénifiante sur la population.
L'abondance de nourriture et partant, un certain niveau d'aisance calmeront les rancoeurs individuelles et collectives en ce qu'ils priveront de pertinence certaines revendications relatifs à la condition matérielle.

Le divertissement répond quant à lui à un réflexe inconscient de protection face à la difficulté.

Tant que la réunion de ces deux éléments est maintenue, les conditions d'une révolte voire d'une révolution semblent être altérées. Mais l'Histoire a prouvé que la suppression de l'un ou l'autre de ces éléments pouvaient compromettre la stabilité politique d'un pays.
Aujourd'hui encore, les pays les plus pauvres et où la répartition des richesses est la moins égale sont les pays les plus instables où seule une dictature armée est prompte à maintenir un régime en place.

La question se pose aujourd'hui face aux défis de notre société "de consommation" qui doit affronter la perspective d'un accès difficile aux matières premières et à l'alimentation.
La surpopulation, la menace écologique, le système ultralibéral sont autant d'obstacles d'aujourd'hui ou demain pour garantir le même accès à la nourriture.
Les investisseurs ont commencé à spéculer sur les matières premières.

Encore une bien mauvaise idée d'un système qui ne se régule guère et se cannibalise.
Encombrer l'accès au "pain" risque de réveiller les pulsions primaires de la population et son instinct de survie.
La seule réponse à cela est malheureusement la répression.

Gageons que nous n'en prenons pas le chemin et que nous serons mettre un frein à ce système financier boulimique et aux dérives liberticides de certains gouvernants occidentaux.

Du paix et des jeux pour la paix civile!
De la régulation financière et des libertés publiques pour nos peuples !

mercredi 18 février 2009

L'industrialisation de la société

Maître Eolas répond à Luc Besson qui dans une tribune offerte par leMonde.fr se répand en lieux communs dont on ne peut que mesurer si ce n'est la vacuité, du moins l'inconsistance.

Je comprends la motivation du célèbre avocat blogueur dans ce billet qu'il lui dédit.
Pour ma part, cela m'inspire une réflexion que je préfère prendre avec plus de perspective.

Le mal est profond: la déficience du système occidental s'est propagée dans le monde entier par le jeu de la globalisation du marché.

Les raisonnements véhiculés par de tels dirigeants d'entreprise tels que celui d'EuropaCorp, ne font que s'inscrire dans la continuité de notre modèle de société qui "industrialise" tout ce qui la compose.

Par exemple, de projets d'entreprises humaines, nous voici aujourd'hui face à une société du profit financier immédiat méprisant des facteurs aussi essentiels que le capital humain, l'environnement, ou l'intérêt général.

Autre exemple, les politiques gouvernementales qui se succèdent depuis plusieurs années ont définitivement rompu avec le besoin de projet de société pour ne laisser la place essentielle qu'à l'économie et la finance, réduisant des piliers de notre civilisation comme la Justice à une peau de chagrin.

Ainsi, rapporté au monde de l'audiovisuel, d'oeuvres culturelles, la transition s'est faite vers ce que l'on nomme aujourd'hui l'industrie du "cinéma" ou du "disque" le plus souvent au détriment du projet artistique.

La constante dans cette évolution protéiforme: l'appétance démesurée et aveugle pour le profit à court terme.

L'ironie du système: son caractère intrinsèquement autodestructeur en ce qu'il ne saurait être viable sur le long terme car méprisant une composante indispensable à sa pérennité.

vendredi 13 février 2009

La crise, révélatrice d'un malaise profond?

La présentation de la Une du Monde.fr n'est sans doute pas anodine mais elle n'en referme pas moins des informations.

C'est la crise, ma brave dame !
La France connaît la pire récession depuis la crise économique de 1975 !

Pas pour tout le monde: 2008 est un bon millésime pour les entreprises du CAC 40. Les dividendes versés aux actionnaires n'ont enregistré qu'un très léger recul, totalisant 54,2 milliards d'euros contre 57,2 milliards en 2007, selon Les Echos de vendredi 13 février.

La démonstration de la continuité d'un système qui fait glisser toujours plus les revenus du travail vers les revenus du capital, ce qui finira tôt ou tard par provoquer la propre perte de ce système qui n'est capitaliste que par le nom.

Le mépris croissant affiché pour le capital humain, cols blancs ou cols bleus, du simple exécutant au cadre supérieur, se traduit par une rupture grandissante, une méfiance spontanée du salarié à l'égard de son employeur. La machine à rêve est en panne, les cadres ne rêvent plus guère de promotion qui ne leur garantira certainement plus une évolution sociale dans la mesure où beaucoup trop se retrouvent avec des responsabilités lourdes, chronophages sans pour autant qu'ils se sentent valorisés et reconnus.

La reconnaissance du travail à l'échelle du salarié passe par plusieurs facteurs dont notamment:
- le salaire: qui doit refléter le niveau de responsabilité, d'implication et de contribution au projet de société
- la prise en compte du travail effectué par la hiérarchie
- la communication: qui doit rappeler l'importance réelle du salarié dans le rouage de l'entreprise

Le premier de ces critères est déjà défaillant. Il devient difficile pour un employé pourtant performant, investi dans son travail de s'entendre dire en cette période qu'il n'aura pas d'augmentation...crise oblige, vivant consciemment ou inconsciemment une telle décision comme une sanction qui n'a pas de justification personnelle. Outre cet exemple, le travail n'est plus aujourd'hui un critère de promotion sociale, les métiers autrefois fortement rémunérateurs font pâle figure face aux sommes astronomiques perçues par les actionnaires.
Le rentier fait envie, le travailleur fait pitié ! C'est la promotion du profit inhumain, prêt à tout pour le gain personnel, quitte à licencier même lorsque la société réalise des profits monumentaux. C'est en contrepartie, la déchéance de l'émancipation par le travail et donc l'éducation.

Pourquoi faire des études?
A quoi ça va me mener de faire des études autrefois brillantes?
Devenir avocat? 5 ans d'études universitaires parfois douloureuses, chronophages, multipliant les stages non rémunérés où l'on a été souvent déconsidérés, même réussies brillamment, pour continuer sur un examen d'entrée difficile, un an et demi de formation parfois fastidieuse, débouchant sur un diplôme final achevant un parcours enfin abouti...pour s'entendre dire par le premier recruteur venu: "vous n'avez pas fait l'ESSEC ou HEC? un MBA? un LLM? une première expérience à l'étranger? pour toucher une rémunération d'entrée n'excédant pas 1500 EUR net par mois?"
Vous serez une profession libérale mais entièrement soumis à la subordination de l'avocat associé dont vous dépendez.

Ingénieur informaticien?
Exercer un métier autrefois confié à un technicien (peu gratifiant intellectuellement) pour un salaire qui n'a pas bougé...

Chercheur à la pointe de la science?
Se battre pour obtenir un des rares postes de recherche en France où les budgets finiront un jour par permettre de découvrir le vaccin contre la rage...

Les exemples pullulent.

En bref, quelle profession salariée permet-elle aujourd'hui de garantir un très bon revenu?
Les exemples là, disparaissent de jour en jour...

Le second critère est tout aussi défaillant dans un système toujours plus globalisé, où l'on ne devient qu'un numéro dans une entreprise où les décisions se prennent ailleurs, où il est rarement possible de se faire entendre et d'être réellement à la source des initiatives, où les défauts de communication entre la hiérarchie et les collaborateurs contribuent à se sentir "dévalorisé" voire "inutile".

Le troisième critère est variable en fonction du responsable hiérarchique direct...mais trop souvent, les évaluations annuelles sont les seuls moments où celui-ci prend le temps de reconnaître (lorsqu'il le fait!) la qualité du travail du collaborateur...
Mais le problème essentiel tient surtout du fait qu'un employeur évite d'identifier précisément le rôle d'un collaborateur afin de permettre une certaine flexibilité...mais ceci est au mépris d'une interaction idéale entre ledit collaborateur et les autres acteurs de l'entreprise.
Si vos missions sont clairement identifiées, vos responsabilités précisément établies, vous serez reconnue comme l'interlocuteur essentiel sur tel ou tel projet, tel ou tel aspect.
Un travail trop souvent laissé à l'abandon.

Aujourd'hui, même les cadres ne croient plus à l'émancipation par le travail.

Un problème majeur n'est-il pas en train de poindre?
Le salarié est indispensable au projet d'entreprise quoiqu'en pense l'actionnariat.
Si celui-ci peut accepter de ne pas adhérer corps et âme à un projet spécifique, il faut qu'il puisse toujours croire à l'entreprise dans sa globalité.

A défaut, il va devenir extrêmement compliqué de gérer le capital humain, grippant l'ensemble de la machinerie d'entreprise.
La vision court termiste de l'actionnaire pourrait bien accomplir son dessein: à force de ne regarder qu'à vue de nez, on risque de ne pas voir l'obstacle qui se présente au coin de la rue.

L'humain doit revenir au centre de notre économie !
Espérons que cette crise soit l'occasion de ce faire !

jeudi 29 janvier 2009

Les nouvelles ne sont pas bonnes

Selon le FMI, l'économie britannique devra affronter la plus importante année de récession depuis les années 30.

Contrairement à ce qu'affirmait le Premier Ministre Gordon Brown, le Royaume-Uni n'est peut-être pas mieux préparé que d'autre pays pour affronter cette crise.

La comparaison laisse quelque peu à sourire (jaune) dans la mesure où les autres pays occidentaux qui s'en tireraient mieux verront vraisemblablement leur économie baisser de 2,5% pour l'Allemagne (contre 2,8% pour la Grande-Bretagne), 2,6% pour le Japon, 1,6% pour les USA, etc.

Ce qui apparaît aberrant est que ce systême économique globalisé dans lequel nous évoluons depuis plusieurs années, disposant de ramifications dans les Etats du monde entier, souffre d'une crise plus structurelle que conjoncturelle mais à laquelle seules des réponses locales sont données !

Imaginez-vous un instant que l'on vous dise que vous êtes atteint d'une maladie répandue dans tout votre système mais que l'on ne vous donne que des traitements locaux pour soigner le pied ou la main !

D'aucuns reprendraient mon analogie pour me dire : "mais si on soigne le coeur du système, l'ensemble du corps ira mieux !"
Certes, mais où se situe désormais le "coeur" du système économique?
L'un des premiers effets de la globalisation a été de fragmenter le coeur des investissements, ainsi que le capital à travers le monde, donc traiter le coeur pourquoi pas, mais celui-ci est désormais un coeur global, seule une action concertée des pays occidentaux, une réflexion sur l'utilisation des fonds et de la relance économique est à même de répondre aux défis de cette crise.

Pensez qu'un nouveau New Deal aux Etats-Unis pourrait permettre de relancer la machine est une erreur grossière ! Nous ne sommes plus dans le même contexte que celui qu'a connu Roosevelt !

La multiplication des plans de relance locaux n'est que la démonstration de l'absence de véritable fonctionnement des organisations multipartites telles que le G20, l'OMC, le FMI et autres...

A quand une solution mondiale à une crise mondiale?

jeudi 16 octobre 2008

C'est la crise ! Vite augmentons les salaires...

..des collaborateurs de l'Elysée !

Lorsque l'on entend à tout va, que la crise financière nous plonge déjà dans des abîmes de dette publique dans la mesure où il nous faut couvrir les pertes des établissements financiers, que la croissance et le pouvoir d'achat risquent d'être en berne pour un moment, que le chômage va augmenter en conséquence, que les entreprises vont se serrer la ceinture, notre gouvernement décide d'augmenter le traitement des collaborateurs de l'Elysée de 50% en deux ans.

Cela se passe de commentaires.

mercredi 15 octobre 2008

Quand l'immobilier va, tout va?


Depuis plusieurs mois, chacun ressent que le marché de l'immobilier se tasse.

Les opérateurs économiques du secteur et plus particulièrement les agents immobiliers ont tenté tant bien que mal de camoufler la baisse des prix, espérant endiguer l'effet boule de neige.

Comme à l'accoutumée, les spécialistes se déchirent sur le constat et les prévisions des chiffres du secteur.
Lorsque l'un annonce une baisse importante de 18%, d'autres comme le rapporte l'article de Rue89.com, affirme péremptoirement qu'il ne s'agira au pire que d'une légère baisse de 5%.

Aujourd'hui, le lien entre la disparition de certaines agences immobilières et la crise américaine des subprimes est pourtant peut-être une erreur. En tous cas, ne s'agit-il pas de l'unique facteur.

D'aucuns ne prêtent pas de grande sympathie pour ces intermédiaires - à tort ou à raison -, les considérant comme des "voleurs". La valeur ajoutée apportée par un service onéreux, chiffré en dizaines de milliers d'euros apparaît à l'heure d'Internet, plus que criticable.

1. L'information sur les prix dans tel ou tel quartier est on-ne-peut-plus aisément accessible au quidam pour peu qu'il dispose d'un ordinateur et d'une connexion Internet à portée de mains.
L'expertise de l'agent immobilier et son estimation devienne bien moins indispensable.

2. La "mise en contact" entre acquéreur et vendeur est d'autant plus facilitée par des sites à succès comme entreparticulers.com ou pap.fr.

3. Un Notaire efficace saura accompagner efficacement son client dans une opération immobilière par le conseil et la rédaction d'actes.

Certains ont crû pouvoir profiter de l'eldorado de l'immobilier, songeant aux hausses spéctaculaires des prix comme on en a connu en 2003 en France, et attiré par des commissions qui se chiffrent en pourcentage de prix de vente.

Malheureusement pour certains, c'était faire l'impasse sur une notion essentielle du commerce, l'équilibre entre l'offre et la demande. Moins la valeur ajoutée est évidente aux yeux du client, plus il faut se faire indispensable. Force est de constater que certains n'ont pas appris la leçon.

Manifestement, Internet force beaucoup de secteurs à se réinventer.

mardi 30 septembre 2008

On n'est pas bêta chez Google !

Google: moteur de recherche inéluctable, fleuron de la société éponyme dont le rôle désormais incontournable tant sur la Toile qu'à la Bourse révèle une insolente réussite, discernant les règles de la nouvelle économie, là où d'autres ne voient qu'un nouvel outil de communication.

Lorsque les Majors de l'industrie musicale en sont encore à se demander comment appâter le chaland, accentuant son lobby ça et là pour tenter de protéger un modèle commercial désormais obsolète, Google prend le monde a contrepied en démontrant que le "gratuit" peut rapporter beaucoup.

Son tour de force est d'avoir compris mais aussi d'avoir fait siennes ces nouvelles règles du jeu -que pourtant la plupart s'évertuent à vouloir contourner- et d'avoir su mettre en place un commerce répondant à ces exigences dans lequel l'utilisateur final ne paye rien, sauf services supplémentaires.

La société de Moutain View en Californie ne fait finalement que suivre ce que le marché dicte et réutilise des concepts qui ont fait la gloire du modèle traditionnel payant en les adaptant au monde de l'Internet gratuit : le traitement de texte, la messagerie électronique, la banque de données audiovisuelles, le tableur, la galerie photo, les blogs, les itinéraires, les journaux, les goodies, l'agenda...et maintenant un navigateur, Chrome.

Tout un panel de services absolument gratuits pour l'utilisateur final. Certes, vous aurez brillament remarqué qu'il ne suffit pas de faire du gratuit pour fonctionner, encore faut-il assurer une qualité technique importante.
Là encore, Google a sauté à pieds joints dans la mare en survitaminant ses services les plus attractifs: offrir 8 Go d'espace de messagerie sur Gmail, 1Go par album photo sur Picasa, des logiciels faciles d'accès, etc...
On s'interrogera tout de même sur le fait que la plupart de ses services, bien que lancés il y a plus de 5 ans, sont encore en version "bêta". Serait-ce afin de donner l'illusion que ses services sont en constante évolution?

Google Inc. pèse aujourd'hui près de 30 Mds de dollars US au NASDAQ et sur une progression qui semble inarrêtable. (+20% par rapport à 2007).

Ce succès n'est pourtant pas sans susciter des craintes: certains s'interrogent sur l'omnipotence du géant américain et son intrusion répétée dans la vie privée de ses utilisateurs. Peurs légitimes lorsque l'on réfléchit au nombre d'informations personnelles qui transitent par Internet (photos, adresses, téléphones, informations médicales, confessions...) et leur valeur inestimable aux yeux des services marketing qui sauraient ce que vous aimez, ce que vous désirez, ce que vous craignez, ce que vous détestez...pour mieux orienter leur message et vous faire consommer de leurs produits et services.
En d'autres termes, la manipulation.

Sur un autre registre, Google effraie même l'autre géant américain, Microsoft voyant un concurrent puissant et inattendu venir empiéter sur le terrain de ses produits phares, Office2007 et Internet Explorer en tête.

Alors, prochaine étape, M.Google: un système d'exploitation?

vendredi 19 septembre 2008

Le pouvoir d'achat baisse?

Ca, c'est de l'information !

Heureusement que le gouvernement et les journalistes sont là pour confirmer ce que les Français constatent depuis trop longtemps.

Alors, le but d'un tel article et de l'étude - des plus officielles - correspondante, quel est-il?
Contribuer à la déprime ambiante?

Quelles conséquences sont tirées de ce constat?
Le journaliste s'abstient de mener un début de réflexion et l'on attend la réaction du gouvernement... si la seule réponse, c'est une campagne publicitaire.

Attendez ! Les premiers effets vont arriver nous dit-on!
Espérons-le, car entretemps, les dirigeants des entreprises du CAC40 ont vu leur rémunération augmenter de 58% en 2007 et les bénéfices totaux des mêmes entreprises de 5% sur la même période.

L'économie va mal...mais pas pour tout le monde.

mercredi 17 septembre 2008

Crises boursières, crise du capitalisme?

Dans la presse de ces derniers jours, les journaux se font l'écho des effets de la crise du secteur bancaire américain sur les places européennes et asiatiques. Le spectre d'un krach boursier est omniprésent, et la peur qu'il suscite palpable.

Je vous avoue ne pas ressentir la moindre empathie pour cette crise qui n'est que la conséquence directe du dévoiement du capitalisme par les financiers et actionnaires de toutes origines.

Le capitalisme, notion large que des courants politiques les plus divers se sont appropriés, renvoie à plusieurs concepts dont notamment la propriété privée des capitaux, le libéralisme, la recherche du profit rémunérant le risque.

L'esprit du capitalisme n'en demeure pas moins qu'il se destine essentiellement à satisfaire l'intérêt général en ce que l'attrait pour le risque, la multiplication des moyens de production et l'autorégulation devraient bénéficier au plus grand nombre grâce à l'enrichissement de tous, l'établissement de prix justes, le plein emploi, etc.

Or, avec le XXe siècle est arrivée une notion qui coupe le capitalisme de son objet: la spéculation. Les profits ne rémunèrent plus l'aventure de l'entreprise et ne servent pas à être réinjectés dans les moyens de production. Ceux-ci profitent aux détenteurs du pouvoir financier en grossissant "artificiellement" leur masse d'argent.

La spéculation se faisant à tout niveau: spéculation immobilière, (investissement massif dans les habitations en zone peuplée afin d'augmenter la rareté du produit et augmenter artificiellement le prix du marché), spéculation financière, (investissement dans des sociétés à forte rentabilité immédiate en fixant des objectifs annuels chiffrés déconnectés du marché), spéculation boursière (achats et ventes de valeurs mobilières au gré des fluctuations)...

Le problème de la spéculation est que la rémunération ne sert plus aux moyens de production ou à l'entreprise mais ne sert que le spéculateur. Une bulle se crée spontanément, divisant les spéculateurs du monde actif où s'échangent services et produits. A partir du moment où l'argent devient à la fois une fin et un moyen, son caractère fiduciaire s'étiole car ne reposant que sur lui-même et non plus sur une économie du réel.

Les crises boursières que l'on voit ça et là ne sont que le reflet de la perversion du système capitaliste et libéral. Dans quelles mesures l'objet social d'une entreprise tire-t-elle directement profit de la spéculation?

Ne cherchez pas, le bénéfice est indirect et alambiqué. Les actionnaires doivent se concentrer sur la façon de tirer profit de l'activité de leurs entreprises sur le plus long terme et avec le maximum d'efficacité plutôt que de trouver des moyens artificiels de grossir leur revenu.

Non, je n'ai pas de sympathie pour cette crise boursière.

Vive le capitalisme, le vrai !

NB : Ce qui n'est pas incompatible avec le besoin d'économies mixtes.

mercredi 18 juin 2008

T'as pas un million pour m'dépanner?

Diantre, m'accointerais-je intimement avec mon auditoire, à peine lancée cette fabuleuse aventure bloguesque !
Que nenni ! Le tutoiement ne vous était pas adressé, public aimé (enfin, vous qui êtes tombé sur ma page par erreur et ferez office de public aimé pour aujourd'hui) mais il est le fruit d'un travail acharné d'une seconde trente donnant jour à ce que d'aucuns qualifieraient de merveille de l'intitulation !

Passé cet aparté impérieusement nécessaire, prenons un instant si vous le voulez bien (formule réthorique absolument inutile) pour réfléchir à cet omniprésent tabou en France: l'argent.

Ce qui m'amène à cette réflexion est la récente défaite de l'Equipe de France de football en phase de poules de l'Euro2008. Plus exactement, ce sont les réactions que cette défaite suscite auprès d'un certain public français.

Quel rapport avec la choucroute?

Minute, papillon, j'y viens.

La mauvais fortune des représentants sportifs tricolores de haut niveau est souvent l'occasion rêvée pour beaucoup de s'adonner à un exercice au succès incontestable, l'attaque ad personam.

Celle-ci a souvent pour motivation un mal inscrit dans l'inconscient collectif français, la honte de l'argent. En effet, que n'entendons-nous comme jérémiades telles que:
" Franchement, être payé des millions pour être aussi nul..."
" Ils font leur star, s'achètent des montres en diamant à 90.000,00 EUR, et n'en foutent pas une sur le terrain..."
" Ouais, tous pourris..." (Je suis friand de celle-là qui démontre l'éloquence et les qualités réthoriques de son auteur d'une manière redoutable...)

Le sujet de ce billet ne portera pas sur les travers du "football business" et les montants astronomiques que certains joueurs professionnels peuvent toucher, mais je veux vous parler de cette relation du "je t'aime, moi non plus" que les Français entretiennent avec l'argent.

Pourquoi donc cette honte, ce tabou inscrit dans la culture française ?

Philippe Bilger commettait un billet suscité par une question posée à Lilian Thuram, qui bien que simple impliquait une réponse autrement plus complexe:
http://www.philippebilger.com/blog/2008/06/le-don-du-silence.html

"Lilian Thuram, combien gagnez-vous?"
- Moins que ce que vous pensez ou peut-être plus !" (Le Parisien, 21 mai)

Ce billet avait d'ailleurs suscité de ma part le commentaire suivant:
http://www.philippebilger.com/blog/2008/06/le-don-du-silence.html#comment-118086046

Pour vous en résumer la teneur, lorsque quelqu'un vous pose une telle question en public, celle-ci loin d'être anodine est nécessairement teintée d'une pointe d'hypocrisie, voire de perversité.

Généralement, l'auteur-même de la question se garderait bien de parler de son propre salaire en public, n'ignorant guère les conséquences d'une telle information.

Et pour cause, révéler de tels secrets, c'est prendre le risque de voir déferler une horde de "bienpensants" qui feront de vous un "privilégié" et un "profiteur", induisant à la conclusion qu'un homme fortuné ne peut être bon.

Cette stigmatisation systématique révèle une autre crainte plus profonde, celle de l'abus de privilèges.

En effet, une espèce de suspicion latente, galvanisée par ces personnes "bien intentionnés" (celles-là mêmes qui aiment à penser à votre place) fait des plus fortunés, voire des gens simplement aisés, des individus au cœur de pierre (car ces profiteurs bien évidemment ne font pas preuve de charité).

L'équation est simpliste et manichéenne: faire le procès d'intention d'inconnus sur la simple foi de leur compte en banque est en soi, déjà inacceptable.
Ce sous-entendu selon lequel le montant de votre capital disponible est inversement proportionnel à votre bonté d'âme aura fini d'avoir raison de la logique.

Doit-on inscrire dans la Constitution de 1958 le vœu de charité?
Doit-on réprouver toute velléité d'aisance financière?
Finalement, ne doit-on pas plutôt s'occuper de ceux qui ne gagnent pas assez?
N'est-ce pas là, le vrai combat?

Le jour n'est peut être pas encore arrivé ou tout un chacun pourra parler librement en France de son argent.

Ce jour arrivera peut être lorsque les Américains pourront dépasser leur propre tabou en parlant librement et publiquement de sexe sans verser dans l'extrémisme de la vulgarité ou dans celui du puritanisme néo-conservateur.

A chaque société ses tabous.
 
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