Lors d'un échange anodin avec Madame, dans un endroit qui ne s'y prétait guère, me voici en train de digresser insatiablement sur un thème propre aux effusions prolixes: "Et si..."
Je ne doute pas un instant que la variante suivante rencontre un succès sans pareil au bar-PMU "Chez Dédé" ou près de la machine à café avec votre collègue Jean-Guy* : "Et si tu gagnais à l'Euromillions?"
Non, chers lecteurs, je ne vous propose pas d'étendre ici cette discussion de comptoirs mais d'en élaborer une autre pour laquelle Internet devrait être définitivement un média d'intérêt.
"Et si vous étiez Président de la République? Et si vous étiez Président d'une Europe fédérale unie? Et si vous aviez le pouvoir de faire adopter les lois de votre choix par la France ou l'Europe?"
L'intérêt de l'exercice sera de régulièrement analyser et soumettre à la critique les vraies et les fausses bonnes idées. Un exercice que je ne manquerai pas de tenter moi-même dans un premier temps.
Je me lance d'ores et déjà sur une première idée:
Et si j'étais Président d'une Europe fédérale?
Je ferais voter une loi sur les droits de douanes, soumettant toute importation à destination de l'Union Européenne à une taxe dont le taux serait fixée chaque année par une commission d'experts indexé sur la situation économique et sociale du pays de production et ce, par secteur d'activités.
Par exemple, l'importation de vêtements de prêt-à-porter produits aux Etats-Unis serait soumis à une taxe que la commission aurait établi à 15% (chiffre fictif) en raison de charges sociales plus faibles et d'un salaire moyen inférieur. L'importation des mêmes produits en provenance du Viêt-Nam serait soumis à une taxe établie à 150%.
Avantages: réduction du dumping social, incitation au développement économique intra-Européen, concurrence équilibrée et humaine entre économies des pays occidentaux et pays moins développés
Inconvénients: travail collossal, mise en application difficile, impact immédiat sur les économies moins développées hors Europe, entreprises européennes moins concurrentielles à court terme, effet dissuasif pour les capitaux et investissement à court terme
*Nulle envie de plagier la série à succès de la petite chaîne qui monte. Pour l'anecdote, un de mes collègues en France s'appelle Jean-Guy et disons qu'il a acquis une certaine notoriété au sein de l'entreprise qui n'est pas due à ses qualités professionnelles...
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lundi 27 avril 2009
mardi 3 février 2009
Sarkozy et la relation au pouvoir
Bruno Masure, dans un entretien livré aux riverains de Rue89.com, évoque le comportement du Président de la République, souligné par le livre de Philippe Ridet, journaliste au Monde chargé de suivre Nicolas Sarkozy jusque récemment.
" Il est capable, dans la même phrase, d'engueuler un journaliste, voire de l'insulter comme c'est déjà arrivé, puis de le cajoler. "
Cette phrase m'a amené à la réflexion suivante (que vous retrouverez en commentaire sur Rue89).
La pratique du chaud et du froid chère à Sarkozy est bien connue des psychologues: user du bâton et de la carotte à leurs extrêmes, une forte proximité apparente et un avilissement le plus total sont des procédés visant à asseoir une domination sur son interlocuteur.
Ce mélange des genres vise à non pas imposer mais modeler la volonté même de l’autre, en mettant en avant l’image du pouvoir.
C’est un peu le fonctionnement qui amène au Syndrôme de Stockholm : la victime se prend d’empathie pour son preneur d’otage, roi absolu qui détient le pouvoir de vie et de mort.L’inconscient cherche à obtenir les faveurs de ce maître d’apparence.
C’est un élément de plus qui démontre que Nicolas Sarkozy n’est pas un républicain ni même un démocrate mais un amoureux du pouvoir ego-centré, fût-ce au mépris des autres qu’ils aient la forme d’une institution (parlement, média, peuple) ou d’un individu (journaliste, ministre,…)
Le peuple s’aura-t-il s’émanciper de cette emprise?
Espérons-le
" Il est capable, dans la même phrase, d'engueuler un journaliste, voire de l'insulter comme c'est déjà arrivé, puis de le cajoler. "
Cette phrase m'a amené à la réflexion suivante (que vous retrouverez en commentaire sur Rue89).
La pratique du chaud et du froid chère à Sarkozy est bien connue des psychologues: user du bâton et de la carotte à leurs extrêmes, une forte proximité apparente et un avilissement le plus total sont des procédés visant à asseoir une domination sur son interlocuteur.
Ce mélange des genres vise à non pas imposer mais modeler la volonté même de l’autre, en mettant en avant l’image du pouvoir.
C’est un peu le fonctionnement qui amène au Syndrôme de Stockholm : la victime se prend d’empathie pour son preneur d’otage, roi absolu qui détient le pouvoir de vie et de mort.L’inconscient cherche à obtenir les faveurs de ce maître d’apparence.
C’est un élément de plus qui démontre que Nicolas Sarkozy n’est pas un républicain ni même un démocrate mais un amoureux du pouvoir ego-centré, fût-ce au mépris des autres qu’ils aient la forme d’une institution (parlement, média, peuple) ou d’un individu (journaliste, ministre,…)
Le peuple s’aura-t-il s’émanciper de cette emprise?
Espérons-le
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mercredi 16 juillet 2008
Faites-moi part de vos idées, je transmettrai...
Dans un entretien accordé au Monde.fr, le Président de la République défend son projet de réforme des institutions, soulignant son souhait profond d'accorder plus d'espace, plus de pouvoirs à "l'opposition".
Dans le flot de mesures en stock, il serait envisagé de garantir et contrôler un temps de parole dans l'audiovisuel au profit de cette "opposition".
Oui, vous avez bien lu "audiovisuel" et non parlementaire.
Vous noterez que le discours de Nicolas Sarkozy se teint de l'habituelle bienveillance, histoire de mieux faire glisser le mélange des genres.
Aussi, sur le fond, une question demeure-t-elle:
Qu'est-ce que "l'opposition"?
Pourquoi diable répondre à une question qui n'a pas été posée ?
Après tout, la presse traditionnelle se complait depuis quelques temps dans la manichéisme !
A tel point, que dans l'inconscient collectif, chacun sait qu'il est fait référence implicite au Parti Socialiste.
C'est ce que j'appelle du prêt-à-penser. Ce postulat n'est que trop rarement remis en question par les journalistes.
Il n'y a là rien de bien scandaleux, me direz-vous, c'est la seule véritable force politique nationale alternative, si l'on en croit leur nombre de députés élus.
Vigilance ! vous rétorquerais-je. L'opposition parlementaire n'est pas l'opposition "idéologique".
Réfléchissons à la définition de ce terme et aux conséquences liées à son institutionnalisation, voulez-vous?
Selon la croyance populaire, l'opposition désignerait le second parti politique du pays par le nombre de représentants à l'Assemblée Nationale.
Aussi, rapportée à l'espace médiatique, cette définition apporte-t-elle plusieurs commentaires:
1. Quid de la visibilité des partis représentés localement (conseils généraux, régionaux, collectivités locales, communes...) ?
2. Quid de la quasi impossibilité pour des partis émergents d'être visible médiatiquement en pareil cas?
Le mélange des genres n'a pas très bonne saveur.
Au Parlement, la légitimité de ceux qui ont droit à la parole s'acquièrent par le vote.
Dans le PAF, cette légitimité s'obtient par la potentielle représentativité - ce qui par ailleurs a donné lieu à la pratique surabondante des sondages.
Or, n'est-il pas légitime de craindre que de consacrer institutionnellement nos deux monolithes politiques comme "majorité" et "opposition" par-delà le cadre parlementaire enfermerait notre République dans un fonctionnement en vase clos, donnant lieu à une surmédiatisation de leurs déclarations et pendant, à une sous-médiatisation d'autres mouvements.
En conséquence, le PS et l'UMP finiraient par contrôler l'offre idéologique*, puisque devenus les prismes de l'expression de toutes nouvelles idées. Ainsi, pouvons-nous craindre un tel glissement dans la mesure où :
1. Depuis 50 ans, la classe politique française n'a pas brillé par sa discipline, sa rigueur intellectuelle et son envie de se renouveler.
Lorsqu'une idée ou un personnage échoue, les voilà resservis 5 ans plus tard affectés de deux ou trois modifications cosmétiques destinées à donner l'apparence du neuf.
3. En période électorale, le jeu démocratique n'en sera-t-il pas faussé?
Est-ce là l'idée de la démocratie? Voulons-nous réellement d'une France bipartiste à l'instar du modèle outre-atlantique?
D'aucuns pourraient voir en cette manœuvre la tentative dissimulée de mettre aux oubliettes la promesse d'injecter une dose de proportionnelle aux différentes élections, seule garante d'une offre politique véritablement représentative et démocratique.
Que voulez-vous, la classe politique est taxée de copinage de toutes parts:
ENA, Inspection des Finances, cercles de pouvoir telle le Siècle..., autant de vecteurs favorisant la formation d'un aréopage des temps modernes.
Ces écoles du pouvoir permettaient jusqu'à présent d'uniformiser d'une certaine façon le personnel politique.
Et bien, vous serez fort aise d'apprécier la mainmise de ce personnel sur l'offre idéologique publique.
Internet sera-t-il le dernier rempart des nouvelles idées politiques?
Favoriser la démocratie, avez-vous dit?
*Partant de l'hypothèse qu'une offre idéologique n'existe que lorsqu'elle est captée par une audience
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