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vendredi 15 janvier 2010

Vincent Peillon: Chabot bas !

N'étant pas en France, j'apprends par la presse en ligne que Vincent Peillon a crée l'événement hier soir sur France2 en ne se présentant pas à l'émission A Vous de Juger, présentée par l'inénarrable Arlette Chabot.

La blogosphère réagit, certains approuvent, d'autres récusent.

Personnnellement, je suis de ceux qui estiment que de participer à un débat sur l'Identité Nationale et permettre que celui-ci se tienne est déjà sujet à créer une stigmatisation inintéressante et faire le jeu de l'UMP. Spontanément, en ardent défenseur de la liberté d'expression, j'opinerais volontiers pour qu'un débat se tint. Encore faut-il que les conditionsdu débat ne soient pas biaisées.

Tout d'abord, eu égard au thème lui-même, la question de l'identité nationale est fort réductrice et enferme le débat sur la question de l'existe d'une identité alors que l'on devrait s'interroger sur ce qui permet la cohésion nationale avant tout.
Cette cohésion ne dépend pas uniquement d'une question d'identité mais notamment de ce qui fait le lien entre les membres d'une même communauté. Le respect de son prochain, des lois de la République, les valeurs communes, etc.

Ensuite, opposer un représentant du PS à l'actuel Ministre de l'Immigration et au porte-parole du Front National, Marine Le Pen, est une méthode que l'on commence à connaître de la part d'Arlette Chabot qui consiste à tenter de faire de la politique-spectacle en créant les conditions d'un débat houleux. Il en eut été autrement si l'ensemble du panel politique avait été présent, à côté d'experts, de psychosociologues, de philosophes (des vrais hein pas des ersatz télévisuels comme Finkielkraut ou BHL) sous une forme de table ronde, sans mettre en avant une opposition bilatérale artificielle. Ce n'est certes pas télégénique mais que voulez-vous, lorsque l'on aborde de tels débats, le format télévisuel classique n'est peut-être pas le mieux adapté.

Vincent Peillon a par ailleurs déclaré:
"Je crois que, si on n'attire pas fortement l'attention sur les choses, les choses ne se font pas. Si j'avais annoncé plus tôt ma décision que j'avais prise depuis longtemps, alors on aurait peut-être trouvé un remplaçant, il y en a toujours un pour venir à la télévision, et on aurait refait l'émission autrement, a aussi expliqué M. Peillon sur RMC. Donc je pense qu'il fallait procéder comme ça, et je n'y ai pas réfléchi seul, il y a des moments où il faut trouver des moyens de se faire entendre et des moyens d'entrer en résistance, je pense qu'on en est là."
Ainsi, c'est sciemment que le représentant des socialistes a donc fait faux-bond au dernier moment. J'y vois pour ma part la volonté de bousculer les convenances médiatiques schlérosées tout en faisant parler de soi. De toutes évidences, c'est chose réussie.

Sur une chaîne autrement plus professionnelle et indépendante, voire dans un autre contexte, nul doute que je me serais insurgé d'un tel comportement.
Ici, en fait de méthode de voyous, j'aurais tendance à parler de résistance.

PS: Notez que je travaille mes titres, du moins je m'y essaie.

vendredi 5 juin 2009

François Bayrou sur "A Vous de Juger" - Deuxième édition

Décidément, il s'en passe des choses dès que le Président du Mouvement Démocrate intervient sur l'émission présentée par Arlette Chabot.

Hier soir, dans un climat délétère où chaque intervenant personnifiait le débat à outrance et s'était vraisemblablement choisi une cible idéale, face à un Daniel Cohn-Bendit insultant, François Bayrou s'est vraisemblablement "lâché" en ressortant les "vieux dossiers" sur le député européen franco-allemand.

J'avoue pour ma part avoir été déçu même si je peux comprendre que dans cette atmosphère où à gauche comme à droite on cherche à abattre le MoDem, il peut être difficile de garder son sang froid, surtout dans une émission réunissant un panel représentatif du paysage politique français.

Je suis déçu parce qu'il n'aurait pas fallu rentré dans le petit jeu sordide, savamment orchestré par le représentant d'Europe-Ecologie. Comment peut-on déjà laisser dire "tu n'es qu'un minable" face à un représentant politique dans une émission télévisée? Comment peut-on s'étonner que le débat dérape par la suite?
Arlette Chabot avait le rôle d'un arbitre de football, qui doit user des cartons jaunes et cartons rouges pour maintenir l'ordre et protéger les joueurs afin que la partie soit de qualité.
Ceci n'a pas été fait.

Il n'empêche qu'il aurait fallu se mettre hors de portée de telles attaques indignes d'un débat politique et surtout ne pas répondre par une accusation hors de propos.
Mais cessons peut-être d'idéaliser à outrance le personnage de François Bayrou, il n'est qu'humain et n'a jamais revendiqué être hors chose que cela. Reconnaissons-lui le droit à l'erreur.

Je trouve cela d'autant plus triste que le programme d'Europe-Ecologie a bien des égards est proche du volet écologique du programme du Mouvement Démocrate...pourquoi ces luttes fratricides? M.Cohn-Bendit, pourquoi vouloir à tout prix la tête de François Bayrou?
Les français sont malades de cette façon de faire de la politique.

lundi 15 décembre 2008

Bayrou sur "A vous de juger"

Jeudi soir sur France2, François Bayrou était l'invité de l'émission A Vous De Juger.
Remercions au passage FranceTélévisions de permettre aux expatriés comme moi de pouvoir regarder l'émission sur son site Internet en direct comme en différé.

Premier enseignement: le Parti Socialiste commence à raisonner à l'unisson. S'ils sont toujours peu prolixes quand vient le moment d'aborder le débat d'idées, il n'en reste pas moins que la ritournelle à l'endroit du leader du Modem est désormais connu: d'Elisabeth Guigou à Bertrand Delanöe, le message est clair : faire croire à l'opportunisme. "Bayrou ne pense qu'à 2012", "on ne comprend pas bien ses idées".

Deuxième enseignement: Jean-François Copé a tenté tant bien que mal de justifier la politique du gouvernement par un argumentaire ad hominem. Sur le sujet essentiel de l'indépendance des médias et plus particulièrement de l'audiovisuel public, celui-ci a finement évacué le boulet en tentant de ridiculer un François Bayrou, "homme de droite que l'on ne comprend pas".

La question restera en suspens : "pourquoi accepter que le pouvoir politique ait un droit de regard sur la présidence de France Télévisions et sur son financement?"
Nous ne sommes certes plus du temps de l'ORTF, mais cela ne justifie pas pour autant que l'on admette cette mainmise vicieuse de l'un sur l'autre.
Le chef du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée Nationale a cru bon caricaturer les enjeux en se moquant de son opposant du soir : Nicolas Sarkozy n'est pas derrière l'oreillette d'Arlette Chabot.
Allons, nous savons tous qu'à partir du moment où l'Elysée aura un droit de nomination et d'intervention en matière financière, l'indépendance de la ligne éditoriale du service public télévisé en sera toute relative.

A posteriori, j'avoue ma légère déception: le message porté par les Démocrates n'a pas été asséné avec force à mon sens. J'ai eu le désagréable arrière-goût que les contradicteurs du soir avaient peut-être réussi leur travail de sape:
N'être ni de droite, ni de gauche, ne signifie nullement être opportuniste ou ne pas avoir d'idées. Être démocrate a aujourd'hui un sens. La synthèse entre la droite libérale et la socio-démocratie est largement possible mais barrée par un bipartisme que nos monolithes politiques tentent de maintenir.

Ce que l'on devrait rappeler avec force, c'est qu'on a bien plus de mal à déterminer où se situe le socialisme français entre son penchant naturel vers l'aile gauche communiste et son attrait vers la social-démocratie.
De même pour l'UMP dont on dit qu'elle aurait décomplexé la droite française mais dont on n'arrive pas à identifier s'il s'agit de conservateurs, de libéraux, de nationalistes, de gaullistes ou même de socialistes tant les mesures du gouvernement tantôt infirment tantôt confirment chacun de ces traits.

Quel lieutenant serait capable de suppléer François Bayrou par ses talents d'orateur et de débatteur politique?

Je m'interroge mais reste optimiste lorsque je sais qu'une grande majorité de militants ne demande qu'à s'exprimer. Le talent parmi eux ne manque pas.
 
blog d'expatrié