Voilà pourquoi les débats sur la burqa ou le remaniement ministériel sont stériles en ce qu'ils font écran à de profonds problèmes pour lesquels la peur ou la complaisance incitent trop facilement à détourner le regard.
En comparaison, le Québec connait à peu près 18000 avocats pour 8 millions d'habitants, ce qui fait un avocat pour 444 personnes environ.
Au Royaume-Uni, 100.100 solicitors et environ 10.000 barristers, soit un avocat pour 540 personnes environ.
En Espagne, 111.313 avocats, 1 pour 413.
En Italie : 151.470 avocats, 1 pour 396.
En Allemagne : 126.799 avocats, 1 pour 646.*
En outre, l'évolution du nombre (en France, le chiffre a doublé en 20 ans) est cohérent avec la tendance économique mondiale vers plus de sécurité juridique.
Le problème de ce faible nombre est plutôt dû au fait que les avocats français ne savent pas user de la constitution en Ordre pour défendre valablement ses intérêts et celui du justiciable. En outre, les gouvernements successifs n'ont jamais senti le besoin de sensibiliser la population quant au besoin de se protéger juridiquement grâce à l'aide d'un expert formé à ce titre.
L'avocat n'est généralement encore vu que sous sa casquette judiciaire dont il a le monopole en partie. Or, l'activité de conseil juridique est le plus souvent confiée à d'autres professions non compétentes (qui font du conseil juridique au titre d'activité « accessoire » par exemple : expert-comptable, cabinet de conseil RH, cabinet de recouvrement, agences immobilières...)
La comparaison avec le nombre insuffisant de boulangers et de plombiers est bien sûr sans fondement et relève de la démagogie.
En effet, aucun lien entre les deux phénomènes n'est démontré...d'autant que l'argument d'un éventuel surnombre d'avocats peut être facilement battu en brèche.
En conclusion, bien en dessous des standards européens et mondiaux occidentaux, le nombre d'avocats français est insuffisant et témoigne d'une médiocre qualité de la sécurisation juridique et de la protection judiciaire car il démontre indirectement que l'on se passe trop souvent de juriste professionnel pour l'accomplissement d'actes juridiques.
*(Chiffres donnés notamment par la CNB, la Law Society, la Commission pour l'Efficacité de la Justice (CEPEJ), dépendante du Conseil de l'Europe).
