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vendredi 30 octobre 2009

François Bayrou, un Président d'Honneur?

Oui, oui, oui !!

Je crois qu'il s'agit là de la meilleure solution pour le Mouvement Démocrate qui permette à la fois de s'assurer un leadership fort tout en réservant les tâches de structuration et de gestion à autrui, permettant l'émergence et la légitimité d'une nouvelle génération politique !

François Bayrou serait notre candidat incontesté aux élections présidentielles de 2012 mais le parti serait géré de manière plus démocratique.

Fidélité et innovation ! Voilà une idée brillante ! Bravo !

samedi 26 septembre 2009

Bayrou, l'exutoire à frustration

Petit échange entre Koz et Thibautlanoy sur Twitter dans lequel je ne peux m'empêcher d'intervenir (comme quoi, on peut en dire des choses en 140 caractères).

Extrait:
Koz: @thibautlanoy bref, Bayrou n'est QUE stratégie - personnelle de surcroît - et positionnement
Nemoauditur: C'est drôle certains militants au MoDem lui reprochent exactement l'inverse... de ne pas penser assez à la stratégie (Grid, Promoteurs et compagnie...)

Koz: @thibautlanoy en 140 car. ? Disons qu'il a commencé par s'asseoir sur toute la dimension chrétienne de son héritage

Nemoauditur: C'est vrai qu'il y a un énorme gap idéologique entre démocrates chrétiens et démocrates...tout court... -
Voilà jusqu'où va le conditionnement politicien. Oui car il ne s'agit nullement de positionnement idéologique. On reproche à François Bayrou d'accepter de dialoguer avec tout le monde, gauche y compris. (Rappelons que l'Offre Publique de Dialogue n'est pas uniquement destinée à nos amis de gauche, loin s'en faut). Je ne vois rien qui ne soit diamétralement opposé à son discours de 2007 dont l'un des piliers était justement le rassemblement par-delà les clivages.

Ensuite, dire qu'il a renoncé à son héritage démocrate chrétien, c'est présupposer:
1. Que les idées qu'il défend aujourd'hui vont à l'encontre de cet héritage (je demande à ce qu'on me le démontre)
2. Que le simple fait d'être prêt à dialoguer avec tout le monde, c'est déjà renoncer à cet héritage.

C'est justement contre cela que les démocrates se battent aujourd'hui.
Le clivage droite-gauche français n'est qu'une opposition de partis avant d'être une opposition d'idées. Y a-t-il véritablement une cohérence entre la politique menée par Nicolas Sarkozy aujourd'hui et celle de Jacques Chirac? Depuis longtemps, on emprunte à gauche et à droite. Depuis Giscard en 1974. Sauf que tactiquement, les uns se sont arrogé le prétendu monopole de certaines idées, ce qui ne sert personne sauf notre cher duopole monolithique.

Le Mouvement Démocrate souhaite rendre à la politique ses lettres de noblesse en mettant en exergue le clivage idéologique réel.

Pour moi, il y a d'un côté, ceux qui sont pour la politique antirépublicaine, celle des "inégalités croissantes", de la monarchie élective, de l'atlantisme. De l'autre, il y a ceux qui rêvent d'humanisme, d'égalité, de solidarité, de responsabilité individuelle, de fin des castes politiques.

Parmi ceux-là, certains ne seront pas d'accord sur les méthodes pour y parvenir.
Je pense notamment à ceux qui rejettent définitivement le libéralisme et qui ne l'assimilent qu'à un vague laisser-faire absolu.

Je crois qu'il y a tout de même une grande majorité de Français qui se retrouveront dans le projet démocrate, que ce soit le PS, Europe-Ecologie, le Mouvement Démocrate ou même les Villepinistes qui le défendent.

Mais je suis toujours disposé à ce que l'on m'explique concrètement en quoi les idéologies de ce que l'on a coutume d'appeler le centre-gauche et le centre-droit s'opposent.

En conclusion, c'est cela que les centristes doivent affronter depuis plus de 30 ans: être l'objet des manipulations du PS ou du RPR afin de gagner une élection.

Aujourd'hui, les démocrates doivent surtout accepter d'être l'exutoire des frustrations de ceux qui n'admettent pas que l'on sorte d'un échiquier dessiné par d'autres.
On n'a pas fini d'entendre parler de ce prétendu opportunisme de François Bayrou.

lundi 7 septembre 2009

Discours de Bayrou: un bipartisme sans la gauche?

Il y a quelque chose qui doit immédiatement rassurer les sympathisants et militants démocrates, même les plus critiques, c'est que le discours de François Bayrou en clôture de l'Université de Rentrée 2009 a vraisemblablement eu un fort écho au-delà même de la sphère démocrate. Patrick Devedjian en arrive même à penser que le leader démocrate met le bazar à gauche. (Ô hôpital quand tu te moques de la charité...)

J'ai eu moi-même la chance de pouvoir le suivre en direct depuis l'Angleterre sur LCI par le web (merci à eux!). Le discours était long. C'était du François Bayrou. Je dirais même qu'on a retrouvé notre François Bayrou, bien qu'il ait été plus doux à l'endroit du PS sans pour autant marquer une quelconque volonté de se soumettre. Loin s'en faut.

Pourtant, certains craignent - à tort, à mon sens - que le MoDem ne soit aspiré dans le giron du PS, surtout lorsqu'il est souligné qu'existent deux camps. Il ne s'agit guère d'un écueil en ce qu'il ne s'agit pas d'accepter aujourd'hui le bipartisme que l'on dénonçait hier. Non. Il est rappelé ici qu'une majorité est en place et que celle-ci s'inscrit dans le mouvement mondialiste, cette machine à broyer de l'humain. Qu'en acceptant cela, on renonce à l'héritage français qui s'est historiquement inscrit en alternative à cette tendance. Il y a donc bel et bien une majorité et une opposition. Si la majorité est unie autour de modèle de développement des inégalités par le prisme de la monarchie élective, l'opposition n'est aujourd'hui d'accord que...sur son opposition.

Il faut prendre acte aujourd'hui qu'il ne s'agit pas de dénoncer la bipolarisation de la vie politique mais bien de constater l'obsolescence d'un affrontement politicien plus qu'idéologique entre d'un côté, une droite UMPiste amalgamant tout et n'importe quoi depuis le "centre-droit" jusqu'aux nationalistes en passant par les eurosceptiques et ultra-libéraux et de l'autre, une gauche rose-rouge incapable de s'accorder sur une projet de société en ce que les anticapitalistes et les antilibéraux cotoient de nombreux socio-démocrates.

Faire bouger les lignes, c'est accepter la "troisième voie", celle du projet démocrate qui s'inscrirait entre la gauche antilibérale et la droite des inégalités. Ce projet est à même à mon sens de fédérer une large majorité de Français pour peu que les partis cessent de s'enfermer dans des postures idéologiques et dans le sectarisme. N'en déplaise à mes copains blogueurs de gauche.

J'ai d'ailleurs relevé trois concepts essentiels intelligemment posés par le Président du Mouvement Démocrate et que la cellule de communication serait bien inspirée à en vendre le concept dans les semaines à venir.

L'Offre Publique de Dialogue: Refuser les postures, accepter que nul ne détient la Vérité, réfléchir à un nouveau modèle de société. Voilà quelle est la responsabilité des partis d'opposition. L'occasion idéale de rappeler à Martine Aubry et autre Benoît Hamon qu'un rejet a priori de discussions avec le MoDem n'est ni plus ni moins que du sectarisme ou du calcul politicien.
L'Alternance Crédible: l'Hérétique aime ce qu'il en a entendu. J'applaudis personnellement avec enthousiasme. L'alternance, certes mais pour en faire quoi? Ceci est un plaidoyer pour ne pas se contenter de se retrouver autour de l'antisarkosisme. Ce dernier ne saurait perdurer que parce que le projet de société que nous défendons s'y oppose frontalement.
Le Centre Progressiste: le terme "solidarité" a été certainement l'un des plus utilisés dans ce discours. A la fois, solidarité verticale celle entre générations, et solidarité horizontale, celle entre citoyens de même génération. J'ai un moment eu la crainte d'entendre un discours se gauchiser. La solidarité ne saurait être notre unique boussole.
Heureusement, dans les fondements idéologiques développés en douze points, le deuxième mentionne:
"Il n’y a pas de solidarité sans liberté. Les citoyens doivent être protégés dans leur liberté individuelle et leurs libertés collectives."
Ceci est pour moi l'expression-même de ce qu'est le courant démocrate. Libéralisme et humanisme, ce qui nous a fondé notre République Française: Liberté, Egalité, Fraternité.

En attendant, d'autres continuent leurs tractations politiciennes...l'UMP envisage de s'allier avec les Verts... Comme si on ne l'avait pas vu venir.

vendredi 24 juillet 2009

La cacophonie ordonnée des Démocrates


Disparitus a su trouvé les mots pour exercer une pression invisible sur votre serviteur. Oui, je suis faible et ne résiste pas devant la flatterie. Quelqu'un qui attend mon billet avec impatience, c'est forcément quelqu'un de bien.

Mais il n'a pas tort, Disparitus, de s'interroger sur ce qui se passe au Mouvement Démocrate depuis son départ (que je suis sûr n'est que temporaire!). Depuis l'échec des élections européennes - certains parlent de semi-échec en se drapant dans une forme de déni de réalité - les tensions personnelles se sont avivées à la mesure de la déception que les militants ont ressentie.

Ces querelles ont été surtout illustrées par l'initiative des Promoteurs lancée par le blogueur populaire et élu du MoDem, Christophe Ginisty.
L'objectif poursuivi est louable mais la méthode ne manque d'en choquer quelques-uns (médiatisation de l'action avant toute concertation, personnalisation de l'initiative, dénonciations de collusions personnelles...)
Christophe Ginisty assume en déclarant que c'est en mettant une certaine pression que l'on sera pris en considération, ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent.

Ceci est révélateur d'une méfiance qui s'est installée entre certains militants et la direction du mouvement.

Le Conseil National s'est tenu le 4 juillet, soit moins d'un mois après les élections européennes, réponse plutôt rapide à l'échelle d'un parti politique. Malgré cela, les Promoteurs s'insurgeaient d'une certaine lenteur.
Des décisions ont été prises, certaines peut-être plus ambitieuses que d'autres, avec des échéances très courtes notamment l'extension du Bureau Exécutif à certains responsables de terrain élus ou non-élus dans la semaine du 11 juillet.

Il ne faut pas s'étonner que sous la pression, le Conseil National décide d'agir vite pour satisfaire l'impatience de certains militants visibles. Sauf que rien ne s'est réellement passé depuis...rebelotte et dix de der, l'ire des Promoteurs gronde (ou serait-ce celle de Christophe Ginisty? à force d'entremêler les supports de communication, on ne s'y retrouve plus).

Je n'aime décidément pas la tournure personnelle de l'initiative des Promoteurs.
Les commentaires sous ce billet de Christophe, font largement place à une fronde antisarnezienne, comme si la Vice-Présidente du Mouvement Démocrate était devenue la victime expiatoire de nos fautes collectives.

Histoire de justifier la pérennité de leur action, un plébiscite (et non un sondage) a été lancé sur le site Internet des Promoteurs. Sauf que la représentativité des résultats est tout sauf significative en ce qu'il n'a été adressé principalement qu'à ceux qui viennent consulter le site des Promoteurs que l'on peut penser spontanément favorables à cette initiative. Seul un sondage à l'échelle du parti ou des sympathisants démocrates aurait eu une véritable pertinence.
Là, c'est un peu comme demander lors d'un concert si le public est content d'être là.

Tout ceci provoque beaucoup de bruits et permet de bousculer un peu les convenances du parti.
Pour autant, ce bruit ne se mue pas en cacophonie façon PS, dans la mesure où nous avons un chef incontestable qui incarne fortement les valeurs démocrates.

Il est certain que l'Université de Rentrée du mois de septembre sera une occasion idéale d'avancer, forts de l'expérience de nos erreurs même si je rejoins les Promoteurs sur un point, il nous faudra rester vigilant.

vendredi 17 juillet 2009

Sondages: et si Bayrou avait eu raison?

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Arrêt sur Images et Marianne2.fr.

Victimisation vous aviez dit?

vendredi 10 juillet 2009

François Bayrou fait du moonwalk

Républicain, Démocrate, Humanisme, Gaullisme, Libéralisme: autant de concepts qui définissent le projet de société du Mouvement Démocrate et qui d'apparence semblent obsolètes mais à défaut d'avoir été véritablement transposés dans notre pays, sont en réalité le gage du progrès par le retour des fondamentaux historiques français.

Avoir l'air de reculer pour mieux avancer, comme le pas du Moonwalk.

Lutter contre l'adversité, contre l'UMP qui ne cesse d'agir pour avoir la peau du MoDem, contre beaucoup à gauche pris au jeu des divisions intestines conspuant les Démocrates et les assimilant à la majorité au pouvoir: avoir l'air de marcher contre le vent.

Voilà pourquoi François Bayrou est un expert du Moonwalk.
(Je paye une mousse à qui est capable de me faire un montage vidéo pour illustrer mon billet !)

dimanche 5 juillet 2009

Ginisty / Bayrou : querelles de chapelles?

Bien que je sois sur le qui-vive, j'essaye de me changer quelque peu les idées. Le temps de revenir sur le Conseil National du Mouvement Démocrate d'hier qui devait être l'occasion pour le parti de repartir sur la base d'un fonctionnement plus sain, après la déroute des élections européennes.

Il allait être difficile d'éviter de concentrer une attention particulière sur l'initiative des Promoteurs qui ne pouvait pas ne pas stigmatiser une certaine amertume populaire quitte à la surexposer aux yeux d'autrui.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais j'avais un a priori favorable sur l'initiative des Promoteurs si tant est qu'il s'agissait d'une initiative temporaire et isolée, conditions essentielles pour que ce ne soit perçu comme de la cacophonie à la sauce verte, ou des luttes d'égos au parfum de rose.

Je commence à douter grandement de la méthode de Christophe Ginisty. (qui incarne peu ou prou l'initiative des Promoteurs). Certes, des réformes sont-elles nécessaires, mais faut-il faire preuve d'autant de circonspection et d'une telle forme d'acharnement qui se mue en procès d'intention? Sommes-nous toujours dans la méfiance découlant d'une réserve intellectuelle ou avons-nous déjà basculé vers la défiance?

Les responsables nationaux ont démontré une prise de conscience de l'échec et une volonté d'associer l'ensemble des militants à cette réflexion. Des décisions ont été prises sur cette base et déjà, le mécontentement gronde salissant l'envol d'une initiative pourtant positive.

La critique est bien sûr permise mais lorsque celle-ci tend à diviser plus qu'elle ne rassemble, il y a de quoi s'interroger. Or, un début de réponse apparaît dans le dernier billet de Christophe Ginisty.

D'une défaillance dans la communication, l'affrontement glisse du terrain formel vers une confrontation personnelle. J'ai bien peur que Christophe Ginisty ne nourrisse une aversion pour la personne de François Bayrou, qu'il perçoit comme ressentant la même antipathie à son endroit. D'autant que je commence à avoir du mal à dissocier les Promoteurs de la personne de Christophe Ginisty, surtout lorsque je lis le compte-rendu diffusé par les premiers:
Moi je suis fier que certaines de nos propositions aient été votées, même si je suis très inquiet sur certaines autres décisions qui me paraissent irréalistes mais cela n'engage que moi.
"Ca n'engage que moi"...sur le site officiel des Promoteurs...? Je trouve le mélange des genres ironique quand c'est exactement la critique principale formulée à l'égard de François Bayrou par ceux-là.

Mes camarades démocrates apprécieront.

Pendant ce temps-là, certains ne peuvent s'empêcher de se gargariser d'une toute récente gloriole, dans cette farce écologiste, et appelle les socialistes et les démocrates à le soutenir.
Là, ce sont mes copains blogueurs de gauche qui vont être content.

Sinon, allez lire le Faucon, en amoureux du foot et de l'OM qu'il est, il a besoin de réconfort en ce moment.

vendredi 5 juin 2009

François Bayrou sur "A Vous de Juger" - Deuxième édition

Décidément, il s'en passe des choses dès que le Président du Mouvement Démocrate intervient sur l'émission présentée par Arlette Chabot.

Hier soir, dans un climat délétère où chaque intervenant personnifiait le débat à outrance et s'était vraisemblablement choisi une cible idéale, face à un Daniel Cohn-Bendit insultant, François Bayrou s'est vraisemblablement "lâché" en ressortant les "vieux dossiers" sur le député européen franco-allemand.

J'avoue pour ma part avoir été déçu même si je peux comprendre que dans cette atmosphère où à gauche comme à droite on cherche à abattre le MoDem, il peut être difficile de garder son sang froid, surtout dans une émission réunissant un panel représentatif du paysage politique français.

Je suis déçu parce qu'il n'aurait pas fallu rentré dans le petit jeu sordide, savamment orchestré par le représentant d'Europe-Ecologie. Comment peut-on déjà laisser dire "tu n'es qu'un minable" face à un représentant politique dans une émission télévisée? Comment peut-on s'étonner que le débat dérape par la suite?
Arlette Chabot avait le rôle d'un arbitre de football, qui doit user des cartons jaunes et cartons rouges pour maintenir l'ordre et protéger les joueurs afin que la partie soit de qualité.
Ceci n'a pas été fait.

Il n'empêche qu'il aurait fallu se mettre hors de portée de telles attaques indignes d'un débat politique et surtout ne pas répondre par une accusation hors de propos.
Mais cessons peut-être d'idéaliser à outrance le personnage de François Bayrou, il n'est qu'humain et n'a jamais revendiqué être hors chose que cela. Reconnaissons-lui le droit à l'erreur.

Je trouve cela d'autant plus triste que le programme d'Europe-Ecologie a bien des égards est proche du volet écologique du programme du Mouvement Démocrate...pourquoi ces luttes fratricides? M.Cohn-Bendit, pourquoi vouloir à tout prix la tête de François Bayrou?
Les français sont malades de cette façon de faire de la politique.

lundi 15 décembre 2008

Bayrou sur "A vous de juger"

Jeudi soir sur France2, François Bayrou était l'invité de l'émission A Vous De Juger.
Remercions au passage FranceTélévisions de permettre aux expatriés comme moi de pouvoir regarder l'émission sur son site Internet en direct comme en différé.

Premier enseignement: le Parti Socialiste commence à raisonner à l'unisson. S'ils sont toujours peu prolixes quand vient le moment d'aborder le débat d'idées, il n'en reste pas moins que la ritournelle à l'endroit du leader du Modem est désormais connu: d'Elisabeth Guigou à Bertrand Delanöe, le message est clair : faire croire à l'opportunisme. "Bayrou ne pense qu'à 2012", "on ne comprend pas bien ses idées".

Deuxième enseignement: Jean-François Copé a tenté tant bien que mal de justifier la politique du gouvernement par un argumentaire ad hominem. Sur le sujet essentiel de l'indépendance des médias et plus particulièrement de l'audiovisuel public, celui-ci a finement évacué le boulet en tentant de ridiculer un François Bayrou, "homme de droite que l'on ne comprend pas".

La question restera en suspens : "pourquoi accepter que le pouvoir politique ait un droit de regard sur la présidence de France Télévisions et sur son financement?"
Nous ne sommes certes plus du temps de l'ORTF, mais cela ne justifie pas pour autant que l'on admette cette mainmise vicieuse de l'un sur l'autre.
Le chef du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée Nationale a cru bon caricaturer les enjeux en se moquant de son opposant du soir : Nicolas Sarkozy n'est pas derrière l'oreillette d'Arlette Chabot.
Allons, nous savons tous qu'à partir du moment où l'Elysée aura un droit de nomination et d'intervention en matière financière, l'indépendance de la ligne éditoriale du service public télévisé en sera toute relative.

A posteriori, j'avoue ma légère déception: le message porté par les Démocrates n'a pas été asséné avec force à mon sens. J'ai eu le désagréable arrière-goût que les contradicteurs du soir avaient peut-être réussi leur travail de sape:
N'être ni de droite, ni de gauche, ne signifie nullement être opportuniste ou ne pas avoir d'idées. Être démocrate a aujourd'hui un sens. La synthèse entre la droite libérale et la socio-démocratie est largement possible mais barrée par un bipartisme que nos monolithes politiques tentent de maintenir.

Ce que l'on devrait rappeler avec force, c'est qu'on a bien plus de mal à déterminer où se situe le socialisme français entre son penchant naturel vers l'aile gauche communiste et son attrait vers la social-démocratie.
De même pour l'UMP dont on dit qu'elle aurait décomplexé la droite française mais dont on n'arrive pas à identifier s'il s'agit de conservateurs, de libéraux, de nationalistes, de gaullistes ou même de socialistes tant les mesures du gouvernement tantôt infirment tantôt confirment chacun de ces traits.

Quel lieutenant serait capable de suppléer François Bayrou par ses talents d'orateur et de débatteur politique?

Je m'interroge mais reste optimiste lorsque je sais qu'une grande majorité de militants ne demande qu'à s'exprimer. Le talent parmi eux ne manque pas.
 
blog d'expatrié