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lundi 27 juillet 2009

Génération Perdue

Hier soir, discussion impromptue autour d'un repas tout aussi impromptu avec des amis.
Survient un sujet qui mobilise l'ensemble des convives et qui nous fait passer pour des vieux cons réac trentenaires.

Ma jeune soeur, porte-parole malgré elle de sa génération est assaillie de questions destinées à étancher notre curiosité assoiffée.

Pourquoi avons-nous donc tous l'étrange sensation que les générations plus jeunes n'ont plus de mémoire collective, plus d'histoire musicale, que seul compte l'immédiateté et le moment?

Que n'entendons-nous trop fréquemment de la part d'adulescents de vingt ans que s'ils ne connaissent pas les Jim Morrisson, Joan Baez, Jimi Hendrix, Who, Pink Floyds, Led Zeppelin, Queen ou Police, c'est parce qu'ils sont pas de leur "génération".

Combien de fois avons-nous soupiré devant la vacuité d'un "Stairway to quoi?" "Freddie Mercu qui?"

Bon sang, si la culture musicale devait commencer à sa date de naissance pour finir à celle d'aujourd'hui, c'est une vision bien étroite et pauvre du paysage qui s'offrirait à nous.
Il n'est dès lors pas étonnant que beaucoup de ces jeunes s'émerveillent devant des ersatz de musique, affublés de vagues rythmes actualisés et de basses surexposés afin de donner l'illusion du neuf. Ceux-là ignorent et s'indiffèrent de la création originale reconditionnée.

Mais soyons réalistes. A d'autres temps, d'autres moeurs. Il n'est guère probable que de nos jours naissent de nouvelles idoles, des vraies, celles qui résistent au temps et à la mort.

Cette société de l'instantané, du zapping de l'information, où un chanteur, un groupe devient "culte" aussi rapidement qu'il est oublié, ne permet pas la création du mythe, de la légende, en ce que toute création est irrémédiablement étouffée par une inondation de tubes provisoires.

L'industrialisation du disque, c'est aussi cela. La multiplication des sorties, la quantité au détriment de la qualité, la production contre la création.

Aussi, nous sommes-nous interrogés sur les vecteurs que nous avions nous-mêmes utilisés pour découvrir un peu de ce patrimoine musical.
Comme beaucoup, nous l'avions appris de nos copains, de nos grands frères, de nos aînés.

Aujourd'hui, ce lien "intergénérationnel" n'existe plus, brisé par un désenchantement collectif, une absence de curiosité partagée.

Nous avons déploré cette forme d'indifférence, cette anorexie de la vie. Mais comment leur reprocher d'être cynique et désabusé dans cette société méprisante de l'humain qui n'offre comme seule perspective que d'être de la chair tout juste bonne à alimenter la machine à dividendes. Cette société qui ne promet plus que du "toujours moins", destructrice des rêves et des idéaux.

Que de temps nous faudra-t-il pour retrouver ce lien.

Espérons qu'il ne s'agisse pas d'une génération perdue.

Mise à jour 10:00: La Banane Bleue en a fait un billet lui aussi !

vendredi 8 mai 2009

Utopia: Et Si J'Etais...

Dirigeant d'une Major de l'Industrie du Disque?

Ca commence sérieusement à sentir le sapin pour le projet de loi Hadopi et il se pourrait bien que nous disions au revoir à Christine Albanel au prochain remaniement ministériel (dont il faudra que l'on m'explique en quoi les résultats du suffrage européen pourrait enclencher un chassé-croisé gouvernemental... comment peut-on encore s'étonner de cet amalgame malheureux entre élection européenne et vote "sanction"?)

Un des arguments souvent entendus ça et là de la bouche des pro-Hadopi ou des partisans du "moindre mal" prétenduement protecteur des artistes n'est en fait pas un argument mais un renvoi réthorique vers une supposée absence d'alternative ou de contre-propositions.

Et bien, chers amis (oui, je ne peux m'empêcher cette inclination virtuelle à votre endroit...l'humeur sans doute), n'attendons pas une seconde supplémentaire pour nous mettre dans la peau de Pascal Nègre, Président et Directeur Général d'Universal Music France.

Que faire à l'égard des actionnaires?

Il est un premier combat à mener à l'encontre des actionnaires qu'il convient de convaincre, rapports indépendants à l'appui, que le maintien du modèle économique actuel, n'est pas viable à long-terme.
Pas facile lorsque l'on a exigé des efforts durant ces quelques vingt dernières années à force d'acquisitions et de concentrations pour réunir dans les mains de quelques-uns les enjeux culturels du monde occidental.
Une fusion-acquisition n'est pas nécessairement une bonne ou une mauvaise nouvelle en soi. Elle s'associe souvent en revanche d'une réduction de la rentabilité à court terme, le temps pour les entreprises jumelées de ne devenir qu'une.
Dès lors, l'entreprise s'avère délicate mais certainement pas impossible. Après tout, il en va de la pérennité de l'activité.

Quelles actions entreprendre?

Le coût

Pour relancer l'activité, il faut la moderniser et se conformer à la demande du public.
Remarquons d'emblée que le prix du CD n'a pas varié à la baisse (sauf offres promotionnelles chroniques) depuis sa création...en 1987.
Or, les coûts de production du support ont drastiquement baissé mais n'ont pas été répercuté sur le prix final pour le consommateur.
Rappelons que les économistes dans la lancée de Laffer ont mis en exergue la théorie du juste prix psychologique, celui à partir duquel les ventes sont optimisées.
Il s'agit d'un prix fixé à partir de plusieurs paramètres: la perception du consommateur du produit, sa nouveauté, sa rareté, etc.
Concommittamment à l'obsolescence du support, l'offre musciale "grand public" s'est nettement standardisée favorisant quantité au mépris de la qualité. En outre, le sentiment général qu'une nouvelle génération d'artistes peine à être révélée au grand public s'est installé.
Enfin, l'opportunité de l'achat de produits culturels est directement impacté par l'évolution du pouvoir d'achat de la population, lui-même en berne depuis plusieurs années.
En conséquence, il n'est plus possible de maintenir les mêmes prix que par le passé.
Cela va certes à l'encontre du discours néolibéral qui promeut la croissance à tout va, mais il s'agit d'une vision bien plus pragmatique.

Action : améliorer l'équilibre entre valeur du produit et prix final au consommateur de manière à se rapprocher du prix psychologique (prix se situant aux alentours de 7 EUR pour un album CD et de 0,20 EUR pour un titre unique électronique - source: Pifomètre 2009)

A noter que la réduction du prix de revient est rendu d'autant plus possible que les intermédiaires disparaissent avec l'émergence de la vente directe sur Internet et la disparition du support physique.

Les restrictions d'utilisation

A l'heure de la diversification des supports multimédias (TV avec connection réseau, consoles de salon devenant centres de médias, téléphone devenant TV et Internet...), et de l'interaction des produits entre eux (TV/Téléphone/PC/Console/Amplificateurs...), restreindre l'utilisation des fichiers numériques que ce soit en terme de diversification ou d'interaction est contre-productif et participe d'une baisse de la qualité "perçue" par le consommateur.
La demande est aujourd'hui à la multiplication des possibilités.

Action: supprimer les restrictions d'utilisations superflues

La valeur perceptible

Aujourd'hui, la musique est omniprésente. Parallèlement au phénomène de standardisation, et sous l'effet de l'industrialisation des oeuvres culturelles, le caractère "unique" et donc la valeur du produit, tel que perçue par le consommateur en est nettement appauvrie.
Il faut nécessairement passer par une stratégie marketing moins ostentatoire.
En outre, il faut varier la diffusion d'artistes "alternatifs".

Autre moyen d'améliorer la valeur du produit: le rendre "unique" par le soin apporté au package.

Les coffrets, les éditions limitées, les combinaisons multimédias (CD, DVD, interface multimédia), les posters, les livrets... en sont les exemples les plus évidents.

Action: soigner le contenu et le contenant. Varier l'offre culturelle, déconcentrer la stratégie marketing sur les quelques artistes vedettes, et multiplier les coffrets.

La distribution

Un des paramètres favorisant le piratage des oeuvres est la difficulté d'obtention du produit par les moyens licites. Le prix participe par ailleurs de cette idée. Pour autant, ici, il est question du réseau de distribution et de la facilité avec laquelle le consommateur peut se procurer le produit.
La démocratisation d'Internet aurait dû être paradoxalement l'avénement d'une mise à disposition en un click...mais l'industrie du disque a râté le coche en ne mettant pas immédiatement à disposition l'ensemble de leur catalogue au format électronique sur un site facile d'accès. Il est devenu plus facile de se procurer le produit de manière illicite par les réseaux P2P.

Action: mettre l'ensemble du catalogue à disposition soit en version CD soit en version électronique en un clic, sur un site convivial et facile d'accès.

Ces actions seraient à même de relancer l'industrie du disque mais requiert des efforts financiers importants.

Mais voyez-vous, amis internautes, il est ici question d'un problème structurel plus que conjoncturel. La globalisation du néolibéralisme a consacré le modèle unique du profit court-termiste au mépris du projet d'entreprise. Il ne reste qu'à espérer que l'un montre la voie aux autres.

Ah, si j'étais dirigeant de l'industrie du disque...

lundi 6 octobre 2008

Fais pas ci, fais pas ça...

Une chanson qui m'est irrémédiablement passée par l'esprit le jour où nous célébrâmes le baptême de ma fille.

Il semblerait qu'à la vision d'un nouveau-né, une large partie de la population (ou ne serait-ce que des membres de mon entourage?) nourrit des réflexes compulsifs : de tante à cousine en passant par les amis les plus proches, chacun y va de son "conseil" sachant bien entendu qu'à défaut de le respecter, vous aurez droit à l'opprobre publique.

"Tu devrais la couvrir plus, tu sais elle est moins protégée que toi!"
"Ne mets pas la tétine dans ta bouche, tu vas lui donner tes microbes!"
"Et si tu avais un rhume, hein?"
"Fais attention, attache-la bien toujours à son cosy"

Mais le plus amusant, certainement, est la réponse universelle, sorte de réflexe collectif immédiat, lorsque le nourrisson se met à pleurer: "elle est fatiguée".
Diagnostic établi dans l'instant, même lorsqu'il s'agit de faim, d'envie de calme, d'envie de bras...

Alors, je présenterai mes excuses à certains de ces bien intentionnés à qui j'ai réservé une réaction un peu sèche, excédé par cette infantilisation à mon endroit.

Mais beaucoup ignorent le tact et l'humilité. A ceux-là, voilà à quoi vous me faites penser:


Découvrez Jacques Dutronc!
 
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