jeudi 19 novembre 2009

La Grippe A?

www.mavie.com, version réactualisée du 36 15 my life.
Oui, car je vais vous parler de ma vie personnelle.

Vous avez pu le noter, je ne suis pas aussi réactif que d'accoutumée. Je n'ai pas répondu à tous les commentaires, je n'ai pas fait de billet hier.

Les raisons sont pourtant les meilleures du monde chers lecteurs.

Je suis cloué au canapé-lit avec ce qui avait tout l'air d'être une grippe...forcément par les temps qui courent, on songe immédiatement à la Grippe A.

J'appelle donc mon GP (médecin généraliste), qui me renvoit vers la National Pandemic Flu Service, un numéro à appeler pour vérifier qu'il s'agit bien d'une Grippe A et éviter qu'elle ne se propage chez le médecin même.

Car le cabinet médical refuse que je vienne voir le médecin.

Du coup, comme on appellerait une hotline d'un FAI quelconque, vous avez droit à des questions selon une procédure précise qui au bout de laquelle, le service autorise ou non la délivrance d'un traitement antiviral qu'il faudra aller chercher à une pharmacie nommée armé d'un numéro spécialement attribué.

Il est bien sûr fortement recommandé d'envoyer un ami ou quelqu'un qui ne présente pas de risques de contamination. Pendant ce temps, j'attends le médecin qui doit tout de même me voir pour des symptômes liés à la Grippe A.

Bon, en attendant, je vais me recoucher et tenter de trouver un endroit isolé pour éviter de transmettre le virus à mes proches...

mardi 17 novembre 2009

Qui est donc Tariq Ramadan?

Cela doit bien faire quatre ou cinq ans que j'assiste sur les médias télévisés français à l'apparition fréquente d'un personnage dont le nom ne peut qu'amuser l'auditeur tant on ne peut faire plus "musulman" en apparence.

On connaît désormais plutôt bien maintenant le faciès du sieur Tariq Ramadan. On sait aussi qu'il nous a été présenté comme le représentant et le théoricien d'un islam pacifié.

Ce que l'on ne sait pas, c'est ce qu'il est vraiment. En tous cas, certains éléments troublant viennent entâcher la crédibilité du personnage vu de l'extérieur.

Aussi, depuis quelques temps, Caroline Fourest a-t-elle décidé de mener une croisade, à la dimension toute personnelle, contre celui-ci, convaincue après avoir étudié et lu le Frère Tariq, que celui-ci tient un double discours.

Personnellement, j'avoue avoir toujours prêté une oreille attentive aux interventions de Tariq Ramadan.

Pourquoi? Car ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un symbole.

Le symbole de cette volonté qu'a l'Occident de trouver un interlocuteur crédible prônant un Islam apaisé et qui puisse être le vecteur d'une paix sociale retrouvée.

Le symbole des stigmatisations autour de la crainte de l'islamisme et partant, le symbole du spectre de l'islamophobie.

Oui, car je ne sais toujours pas aujourd'hui si Tariq Ramadan tient effectivement un double discours. Un discours qui d'un côté flatterait l'auditoire de tradition judéo-chrétienne, de l'autre, un message de confiance à destination des radicaux islamistes. Bref, "s’agit-il d’un intellectuel prônant un islam libéral et moderne ou d’un prédicateur islamiste simplement poli et habile ?"

Je ne sais effectivement pas où il se situe.
Je ne l'ai pas lu, pas plus que je n'ai lu Caroline Fourest.

Je me contente des interventions télévisées auxquelles j'ai pu assister (bien qu'elles soient insuffisantes).
A priori, j'éprouvais une certaine sympathie à l'égard de Tariq Ramadan dans la mesure où il s'agissait pour moi du premier intellectuel musulman connu en Occident dont le message semblait pacifique au premier abord.

Mais depuis, le message s'est brouillé parasité par des événéments et des contradicteurs zélés.

Dès lors, je m'interroge.

Y a-t-il ou n'y a-t-il pas de double discours?
Si oui, comme se fait-il qu'il ait toujours une crédibilité auprès de deux catégories de population?
En effet, d'aucun craignent que nous ne soyons manipulés alors que la menace islamiste pénétrerait de l'intérieur mais ce serait oublier que ce double discours serait entendu par les prétendus amis islamistes. Ne devraient-ils pas offensés que Tariq Ramadan condamne publiquement les déviances de gouvernements radicaux tels que celui à la tête de l'Iran?

Le moins que l'on puisse dire est que l'aura de ce personnage est sulfureuse: immédiatement, on a su qu'il est effectivement parenté à Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères Musulmans, organisation islamiste. On lui reproche aussi de prétendre prôner un islamisme libéral tout en cautionnant la polygamie.
Certains en outre, ne lui pardonnent pas sa faiblesse face aux violences faites aux femmes, violences légalisées dans certains pays contre lesquels ils revendiquent l'instauration d'un "moratoire".

Tariq Ramadan est peut-être habile. C'est possible. Il est aussi possible que ce double discours soit nécessaire pour ne pas prendre de front un islam disparate et sous influence de groupuscules islamistes.
Mais il est tout aussi possible que sous couvert de lutter contre l'extrêmisme islamique, ce soit en fait contre toute forme de religion que l'on se batte.
Certains aimeraient que les religions du Livre prônent un message de totale liberté, de désinhibition. Je suspecte même que ceux-là aimeraient que les religions cautionnent des tendances à l'égoïsme et à la recherche du plaisir afin de les déculpabiliser.

J'espère qu'il ne s'agit pas de cela.
Le plus difficile dans tout cela est que lorsque je lis Caroline Fourest ou que j'écoute Tariq Ramadan, j'ai tendance à être d'accord avec les deux.

Tariq Ramadan, je prie pour que vous soyez effectivement le représentant d'un islam apaisé et qui prône l'Amour avant tout.
Pour être tout à fait honnête avec vous, je préfère notre Dieu est Amour à votre Dieu est Grand.
Mais si nous nous retrouvions sur ce message de paix, j'en serais le premier satisfait.

lundi 16 novembre 2009

Le plaisir sexuel n'est pas le Bonheur

Réac is back !

Je crois que je vais finir par m'adresser au chef de file de la réacosphère et postuler pour une place de choix tant l'actualité me donne l'envie de réagir en contrepoids de ce que d'aucun qualifient de "progrès de société". Je ne pense pas nécessairement aux affreux gauchisses mais aux tenants de la bienpensance aux vagues relents soixante-huitards qu'ils soient de gauche ou de droite et dont le credo est de militer pour une société toujours plus individualiste, où le plaisir transcenderait toute autre forme de valeur.
Chacun aurait le droit de rechercher le plaisir et il n'y a que peu de raisons contre lesquelles il serait désormais admis que l'on s'opposât à cette quête. Certains démontrent une agressivité certaine à l'idée même que l'on puisse interférer tant l'idée même réveille quelques réminiscences anticléricales.

Mais la promotion du plaisir personnel n'est-elle pas un frein à la constitution du bonheur collectif? Sortez une feuille blanche, vous avez trois heures...

S'il est vrai qu'il s'agit là d'un des messages fondamentaux du Vatican, les plus anticléricaux apprécieront l'ironie: la Révolution Française portée par le libéralisme, que l'on ne peut guère suspecter d'être un parangon de chrétienté, a promu notamment la recherche du Bonheur en valeur fondamentale.

C'est ici que deux écoles philosophiques divergent quant à ce qu'est le Bonheur et la façon de l'atteindre. On pensera spontanément aux épicuriens, aux stoïciens et aux utilitaristes qui ont abondamment débattu sur la notion même de plaisir.
"L’idéal utilitariste, c’est le bonheur général et non le bonheur personnel."
Par "bonheur" on entend le plaisir et l’absence de douleur ; par "malheur" la douleur et la privation de plaisir.
Le Plaisir ici défini s'oppose au plaisir physique par nature, le plaisir que j'évoque dans ce billet, ce qui a par ailleurs existé de tous temps au travers de la notion de "passion". La connotation positive dont on affuble ce terme aujourd'hui n'est pas anodine. Passion vient étymologiquement du latin patio et du grec pathos qui signifie "je souffre" et "souffrance". On ne pouvait alors dissocier la passion, c'est à dire la satisfaction d'un plaisir de son corrollaire, la souffrance engendrée par cette quête infinie.

Car le plaisir (avec un p minuscule) est un instantané. Il s'oppose au Plaisir (P majuscule) en ce qu'il ne permet pas l'absence de douleur. Trivialement, étouffez la source du plaisir, et vous provoquerez la douleur du sujet. Or, naturellement, la source du plaisir nous est extérieure. Reprenons les sept péchés capitaux: l'acédie (ou la paresse spirituelle), l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l'envie.
A chacun de ces péchés correspond un plaisir, le repos, la satisfaction, la gourmandise, la sexualité et le luxe, les deux derniers n'étant que les conséquences d'un plaisir non satisfait.

La sexualité figure donc bel et bien dans cette liste. La quête du plaisir immédiat, la satisfaction d'une pulsion sexuelle ne s'accommode pas de la recherche du Bonheur.

Cela me rappelle une conversation que j'avais eu au restaurant avec un très bon ami qui idéologiquement est à l'exact opposé de mon approche du plaisir et de la sexualité en général. Je lui disais qu'il ne fallait pas nécessairement mener une vie d'ascèse pour parvenir au Bonheur. Au contraire, je pense que l'on savoure d'autant plus les plaisirs sur ce chemin si tant est que l'on n'en fait pas une finalité.

Ainsi je suis profondément gêné par cette société du tout-économique et de la déformation du libéralisme qui n'en a gardé que l'approche individualiste. Cette société de la surconsommation qui pousse à satisfaire un plaisir immédiat. Or, un plaisir satisfait ne demande qu'à être réitéré.
On sait tous où nous mène cette course.

Je ne peux dès lors approuver le message envoyé à nos enfants, adultes en devenir, dont on voudrait leur faciliter l'accès à la contraception par le prisme d'une instutition éducative sans pour autant accompagner ces mesures de la nécessaire campagne de sensibilisation à la sexualité dans le cadre d'une relation adulte sérieuse, et prête aux responsabilités induites par la procréation fût-elle non désirée.

Ne me dites pas que ce n'est pas la mission de l'Education Nationale. A partir du moment où l'on facilite l'accès à la contraception aux adolescents, encore plus fragiles devant le besoin de satisfaction du plaisir, on a déjà franchi les limites de sa mission et versé dans une forme de militantisme. Que l'on fasse preuve de pragmatisme en permettant un accès à la contraception n'interdit pas que l'on accompagne ces mesures d'une promotion de la responsabilisation.

J'anticipe les réactions que je vais lire ça et là, surtout après avoir écrit tout récemment un billet qui a donné lieu à quelques querelles animées, écrasant au passage le record du nombre de commentaires sur Unique et Commun.

Appelez-moi réac si vous le voulez. Traitez moi d'intégriste ou de conservateur.
Si pour vous, cela revient à promouvoir l'Amour, la Vie, le Bonheur et donc l'ouverture, le don de soi, et l'affranchissement du besoin personnel, je le revendique.

Mais nous ne devrions pas en arriver à cette situation car l'Etat doit être neutre et laïque.

Il revient aux parents de faire le choix d'éducation pour leurs enfants. Si mes enfants étaient forcés d'évoluer dans un environnement et surtout au sein d'une institution qui promeut la consommation sexuelle à tout crin, je ne verrais que le militantisme catholique à lui opposer afin de contrebalancer l'approche égocentrée du plaisir par un message d'Amour.

La neutralité de l'Etat ne serait plus assurée. Je me tournerais nécessairement vers les institutions privées et respectueuses de chacun.

jeudi 12 novembre 2009

Pourquoi diaboliser l'homme?

Je suis gêné.

Gêné par l'enthousiasme qu'Olympe ressent face aux thèses développées par Françoise Héritier* qu'elle considère "rafraîchissantes".

Gêné par ce que suggère cette théorie socio-biologiste qui renvoit à une espèce d'inconscience collective masculine cherchant à asservir la femme comme animée de mauvaise intention.

Gêné que l'on s'enferme dans un débat sur la génétique dont on connaît les relents nauséabonds.

Gêné que la seule réponse que l'on puisse opposé au schéma réducteur et séculaire de la femme réceptacle soit de brandir une violence sous-jacente d'une femme prédatrice qui n'aurait nul besoin de l'homme pour procréer ou pour vivre.

Gêné que la misogynie de nos aïeux débouche aujourd'hui chez certains sur une forme de misandrie.

Gêné qu'on ne sache pas s'affranchir de la dimension animale des relations entre les deux sexes afin de réfléchir rationnellement à la recherche d'une meilleure égalité aujourd'hui.

Gêné que l'amour, les sentiments, la famille soient évincés d'un débat portant notamment sur la procréation.

Gêné que vraisemblablement certains ne sont prêts à aborder la question de la domination historique de l'homme sur la femme que par le prisme masculin lorsque un tel débat ne saurait y être réduit.

Gêné qu'encore une fois, dans un manichéisme malvenu, on ne sache pas simplement voir ce qui nous rapproche et que l'on s'attèle encore une fois à ce qui nous distingue.

Gêné que l'on puisse suggérer qu'un sexe soit le parasite de l'autre.

Oui, je suis gêné.


Je préfère encore me dire que nous sommes une grande communauté humaine et qu'il y a bien des choses qui transcendent l'homme ou la femme, de ces choses comme l'Amour, qui font qu'hommes et femmes devraient être traitées avec respect et équité, indifféremment de son sexe, ses croyances, sa couleur de peau ou sa culture.

Ce n'est pas en stigmatisant une catégorie de la population que l'on permettra d'instaurer ce respect mutuel.

* ou du moins de la compréhension qu'elle en a dans la mesure où elle rapproche ses théories des développements de Tatiana Giraud et Pierre-Henri Gouyon

mercredi 11 novembre 2009

Faut-il supprimer le Sénat?

Pourquoi notre organe législatif est-il donccomposé de deux Chambres, surtout lorsque l'une d'elle semble de l'extérieur n'être qu'un decorum pour une retraite dorée de politiciens?

La Constitution du 4 octobre 1958, celle qui a instauré notre Ve République, en son article 24, dispose:

Titre IV Le Parlement

Article 24.

Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques.

Il comprend l'Assemblée nationale et le Sénat.

Les députés à l'Assemblée nationale, dont le nombre ne peut excéder cinq cent soixante-dix-sept, sont élus au suffrage direct.

Le Sénat, dont le nombre de membres ne peut excéder trois cent quarante-huit, est élu au suffrage indirect. Il assure la représentation des collectivités territoriales de la République.

Les Français établis hors de France sont représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat.


Mais pourquoi avoir donc institué une deuxième Chambre?

En droit constitutionnel, le principe de l'existence de deux Chambres au sein du Parlement se dénomme bicaméralisme ou bicamérisme:

"Ce système a pour but de modérer l'action de la Chambre basse, élue au suffrage direct et représentant donc directement le peuple, en soumettant toutes ses décisions à l'examen de la Chambre haute, élue généralement au suffrage indirect et représentant souvent des départements, des régions ou des états, et qui est souvent plus conservatrice."

Dès lors, le bicamérisme hérité de la Boulê athénienne avait été instauré originairment pour pondérer le pouvoir d'une Chambre de représentants notamment lorsque la base électorale sur laquelle est assise une telle chambre est constituée d'une partie homogène d'électeurs aux intérêts similaires (bourgeoisie, aristocratie, ouvriers,...).

Ainsi, au Royaume-Uni, la création d'une Chambre basse était venue pondérer le pouvoir que s'était arrogé la Chambre des Lords au fil du temps en soumettant à son autorité la levée de l'impôt, le nerf de la guerre sans lequel il n'était nul souverain.

Dans les systèmes fédéraux tels que la Confédération Helvétique ou les Etats-Unis d'Amérique, deux raisons principales ont motivé l'instauration du bicaméralisme: d'un côté, il était question de maintenir une certaine unité de l'Etat en privilégiant sa représentation face à un peuple soupçonné d'être hostile culturellement à l'existence même d'un pouvoir central.
Ainsi, l'intérêt du peuple est tempéré par l'intérêt de l'Etat.
De l'autre, il s'agissait de s'assurer que les Etats ou Cantons plus peuplés n'exercent une domination de fait sur ceux moins peuplés en donnant un nombre identique de représentants à la Chambre Haute par division, indépendamment du nombre d'habitants.

En France, le bicaméralisme avait été adopté sur le même principe de contre-pouvoirs et de contrôle de l'un sur l'autre afin de modérer les excès de la Révolution Française.

Mais aujourd'hui, qu'en est-il?

Les raisons qui avaient justifié l'instauration du Sénat ont désormais disparues pour la plupart.

En outre, il est admis que le Sénat est structurellement conservateur, donc de droite par le jeu du mode de scrutin au suffrage universel indirect. Or, sa légimité à se poser en témpérament d'une Assemblée Nationale qui serait majoritairement de gauche est discutable. Ainsi, dans la pratique, le Sénat ne s'oppose que très peu à la Chambre basse.

En ce qui concerne l'intérêt de maintenir une représentation des collectivités territoriales, condition principale mentionnée dans le corps même de la Constitution, en l'état actuel de l'organisation administrative, les collectivités territoriales ne sont ni justement défendues par le Sénat, ni suffisamment puissantes pour justifier qu'on leur reconnût une telle importance.
Or, la question de la décentralisation et de la suppression du département devrait aboutir sur la réforme du mode de scrutin aux élections sénatoriales afin d'asseoir le vote sur la région qui devrait être la grande gagnante des futures réformes annoncées.

Autre élément, l'Etat Français ne brille pas particulièrement par sa fragilité, l'intérêt et l'unité de l'Etat ne sont point menacés par la puissance d'une chambre de députés représentant le peuple. La France n'est pas l'Allemagne ou la Suisse.

En outre, malgré les réformes constitutionnelles récentes, le Parlement dans son ensemble reste absolument soumis dans les faits à la puissance de l'exécutif:
Le Président de la République chef de la majorité, n'est plus au-dessus des querelles politiques comme l'usage le dictait.
Il a par ailleurs désormais le droit de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès sans que ce dernier ne puisse lui répondre directement, ce qui accentue le symbolisme de son autorité. 90% des lois sont des projets de loi, ce qui n'a rien d'étonnant dans la mesure où le gouvernement dispose de l'arsenal constitutionnel nécessaire pour forcer la décision.

Quant au rôle de pondération, dans l'esprit d'un conseil de sages, celui-ci est dévolu au Conseil Constitutionnel chargé notamment du contrôle des lois et de leur conformité au bloc constitutionnel.

Il n'est ainsi par étonnant que l'image de la Chambre Haute soit celle d'une retraite dorée pour politiciens en fin de carrière. Dans la mesure où la professionnalisation de la politique n'est pas acceptable, c'est un argument supplémentaire militant pour sa suppression.
Tout n'est certes pas à jeter. On peut notamment reconnaître la qualité des travaux parlementaires du Sénat, ainsi que celle des Commissions mais le fait même que son activité visible soit réduite à cela n'est finalement pas un argument prompt à lui rendre service en ce qu'on aura vite fait l'analogie de ces travaux aux mots-croisés force 5 de Pépé René.
Ca a beau être d'une grande qualité, ça ressemble fortement à un effort de maintenir un peu de stimulation intellectuelle à un âge avancé...

On peut toutefois nuancer la critique à l'endroit du Sénat en relevant que la faiblesse de sa valeur actuelle n'est que la conséquence de l'effacement du rôle du Parlement dans son ensemble. Un deuxième chambre dont la base électorale serait en revanche modifiée afin d'éviter son inscription permanente à droite, pourrait se révéler fort stabilisante face à une Assemblée Nationale élue avec une dose de proportionnelle.

Mais pour ce faire, il conviendrait au préalable de restaurer l'équilibre des pouvoirs et le respect de la séparation des ordres législatifs et exécutifs, en permettant à un Parlement plus représentatif de mettre en jeu la responsabilité politique du chef de l'exécutif devenu monocéphal.

Nous en sommes bien loin.

mardi 10 novembre 2009

L'adoption par un couple homosexuel ?

Après s'être fait justement tapé sur les doigts par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, le tribunal administratif de Besançon a annulé le refus d'agrément opposé à une enseignante.

Motif? Les juges du fond ont estimé que les raisons invoquées par le Conseil Général n'étaient qu'un prétexte pour refuser à une personne homosexuelle vivant en couple le droit d'adopter malgré les recommendations favorables fournies par les travailleurs sociaux.

La plupart des commentateurs se félicitent d'une telle décision, y voyant le signe du progrès.

Personnellement, si l'on estime que les éléments du dossier suffisent à démontrer le caractère discriminant de la décision, il convient de considérer qu'il s'agit là d'une décision cohérente sanctionnant une pratique hypocrite qui n'a pas lieu d'être à partir du moment où l'adoption est ouverte aux personnes célibataires.

Effectivement, si l'on considère qu'une personne seule, quel que soit son sexe, est à même de pourvoir à l'éducation d'un enfant, l'orientation sexuelle ne saurait être un critère disqualifiant sauf à sombrer dans une discrimination fort peu intelligible.

Mais ne vous méprenez pas sur ma démarche. Il ne s'agit pas pour moi d'applaudir une évolution que l'on n'a pas étudiée avec soin, loin s'en faut.

Certains ne manqueront pas au passage de me traiter de réac, peu m'importe.

Je ne suis pas contre l'adoption d'un enfant par un couple homosexuel. Non, la question n'est pas véritablement ici. Je suis tout simplement contre le fait de favoriser l'adoption d'un enfant autrement que par un couple marié.

Tant qu'il n'existe pas de réelles études sur l'impact d'une éducation par un couple homosexuel sur un enfant, nous ne saurions considérer que tout se vaut.

Je ne suis pas d'accord pour mettre sur un pied d'égalité l'adoption par un couple marié avec celle par une famille monoparentale. En écrivant ces lignes, j'avoue avoir été pris d'un doute. Je n'ai en fait pas de position totalement tranchée si ce n'est qu'il faut absolument reconnaître le couple marié comme la meilleure garantie pour une éducation équilibrée.

La question est de savoir si en ouvrant la brèche de l'adoption par un schéma différent , ce n'est pas déjà en soi une atteinte à ce schéma, une promotion d'un modèle alternatif dont on ne mesure pas réellement l'impact sur l'enfance, et plus globalement sur la société.

Au fond, je serais même prêt à penser qu'une adoption par un couple homosexuel vaut mieux que par un célibataire mais je suis de ceux qui considère que les futurs parents doivent avoir pris l'engagement du mariage l'un à l'égard de l'autre. Et ceux qui me connaissent savent que je suis contre le divorce. Le républicain que je suis reconnaît le droit de penser différemment mais mes convictions religieuses m'interdisent de le pratiquer moi-même car je crois fondamentalement en l'indissolubilité du mariage que l'on ne saurait dissocier du foyer et de la famille.

"Mais mon cher Nemo, vous êtes gonflé, vous avez deux enfants mais n'êtes pas encore marié !"
- Exactement, cher lecteur. Je n'y vois pas nécessairement une contradiction fondamentale en ce que ma compagne et moi nous marions prochainement et que nous avons pris l'un à l'égard de l'autre, comme à l'égard de Dieu un engagement similaire en fondant une famille. Le mariage sera le moment de célébrer cette union et de la frapper du sceau de la solennité. J'avoue néanmoins confesser que nous aurions préféré procéder à l'inverse. Je ne regrette toutefois pas notre choix.

La famille, le mariage, la protection de l'enfance sont des éléments fondamentaux d'une société civilisée et progressiste. Si je ne suis pas fermement contre l'adoption par un couple homosexuel, je ne suis pas de ceux qui croient aveuglément qu'il s'agit nécessairement d'un progrès de société.

Je crois que nous manquons cruellement de recul et d'informations mais pour autant, la situation actuelle n'était pas acceptable, la décision est donc bienvenue à ce titre. Je le répète, je préfère encore un couple homosexuel qui présente des garanties suffisantes de stabilité à un célibataire.

J'espère simplement qu'il ne s'agit pas d'un "moindre mal".

Mais le modèle de société auquel je crois reste celui d'un couple hétérosexuel uni par le lien du mariage. Cela n'interdit pas les choix de vie alternatifs, cela doit rester à mes yeux une exception et non la règle.

Mes trois premiers billets politiques

Polluxe m'a bien aimablement tagué sur une chaîne intéressante à laquelle Nicolas, le Faucon, le sympathique Yann et l'Hérétique ont déjà répondu.

Pour être honnête, j'ai peur de relire les quelques inepties qui ont parsemé mon blog à son origine.
Rétrospectivement, mon premier constat est que je n'ai attendu que le deuxième billet pour aborder des questions politiques.

Il faut dire que ce thème m'est cher depuis mes plus jeunes années. Je n'étais pas militant mais avais déjà une opinion forgée. Avant même d'atteindre la majorité et de jouir du droit de vote, j'étais ouvertement sympathisant socialiste. Je me rappelle encore m'être vêtu de noir le jour du deuil national en mémoire de François Mitterrand.

Nous n'étions pas nombreux au lycée. Certains auront pu se moquer par ailleurs. Ce n'est pas la preuve de l'impopularité du Président défunt, juste le signe que la politique n'est pas un thème privilégié par des adultes en devenir.

La crainte de me replonger dans mes écrits est que je n'y découvre la passion cédant le pas à la rigueur de la réflexion. Le juriste que je suis essaie sans cesse de tempérer ardeur et emportements et de les confronter à la réflexion mesurée. Ce n'est pas toujours le cas, j'en ai peur. Aussi si une indignation s'apprécie sur le moment, a posteriori, elle peut aisément apparaître comme infantile.

J'ai une haute estime pour la Raison mais reconnais volontiers qu'une juste dose de passion permet de rendre la froideur de la réflexion plus humaine.

Il est temps de clore cet aparté et de jeter un oeil sur mes trois premiers billets politiques.

Premier billet, le 18 juin 2008:

T'as pas un million pour m'dépanner?

Sur la forme, en toute franchise, je suis assez fier de ma prose d'alors.
Elle s'est faite plus directe avec le temps mais j'ai bien envie de reprendre à l'occasion quelques billets écrits avec ce style...si le temps m'en donne l'opportunité.

Sur le fond, le thème n'est peut-être pas tant politique que socio-culturel mais il permet de donner un éclairage à mon sens sur l'inspiration d'une partie de notre législation fiscale et financière.
La jalousie ou conséquemment, la honte d'être aisé (dont la définition est fortement variable) est un mal profondément français. Pour être honnête, je crois même que cela vient de nos racines latines.

Je suis de ceux qui pensent que l'argent n'endort pas nécessairement la tête et que juger quelqu'un sur sa prétendue fortune n'est qu'une forme de discrimination comme une autre, c'est-à-dire inacceptable.

Deuxième billet, le 24 juin 2008:

Une réaction au "NON" exprimé en coeur par nos amis irlandais à l'encontre du projet de Traité Constitutionnel Européen. Ayant moi-même voté "NON", j'étais agacé que l'on opposât ouistes et nonistes avec un manichéisme qui rendrait envieux le Président de l'Amicale des Bushistes.
Personne pour porter sur la place publique les raisons qui ont motivé ce refus. Dans un élan de condescendance ordurière, la plupart des commentateurs s'étaient alors contentés d'associer les nonistes à une tripotée de simplets qui n'avaient rien compris au TCE.
On sait maintenant de quel côté se trouvaient les simplets...

Troisième billet, le 25 juin 2008:

Un billet plutôt court en réaction à une déclaration de Jacques Attali (qui n'a pas manqué de faire réagir depuis) qui reprend l'antienne associant mort du PS à la mort de la démocratie.
Un billet efficace bien qu'anodin à mes yeux même si ce sujet est encore aujourd'hui susceptible de me faire réagir:
Pour défendre sa chapelle, certains n'hésitent pas à brandir une mauvaise foi populiste.
Cela aura eu le mérite de démontrer que paradoxalement, nombreux sont ceux qui parmi les socialistes français estiment que la démocratie doit passer par leur parti et uniquement leur parti. Cela en dit déjà long sur le respect d'autrui et sur sa propre humilité...

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En conclusion, je suis de ceux qui assume ses écrits, son passé. Je ne renie aucun de mes billets d'alors. Je n'ai d'ailleurs pas changé d'opinion sur ces trois sujets. Quand bien même c'eût été le cas, j'assumerais aussi le fait que je puisse changer d'opinion.
J'essaie de rester toujours un tant soit peu humble pour laisser une part raisonnable au doute.

Ayant répondu tardivement, la chaîne a eu le temps de faire le tour de la blogosphère, je ne tague donc personne en particuler: réponde qui voudra !
 
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