vendredi 11 juillet 2008

La régression sociale, société en progrès?

Vu sur Intox2007.

Dans la même veine du "la France, elle a changé(...): désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit» encensé par un parterre de cadres de l'UMP.

La majorité semble faire rimer régression sociale et projet de société.

Souhaitons que je me trompe.

Blog et journalisme



Rebondissant sur l'annonce de Nicolas Vanbremeersch de mettre un terme à son blog, et sur cet intéressant billet de Philippe Bilger, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager ma réflexion sur l'apparente antinomie qui opposerait activités journalistiques et bloguesques.

D'emblée, je ne peux m'empêcher de penser que les réactions suscitées ça et là entre les blogueurs réputés d'une part, tels que Nicolas Vanbremeersch, Laurent Gloaguen ou Guy Birenbaum, et les journalistes célèbres, tels que Jean-Michel Apathie ou Jean-Marc Morandini (ça me donne quelques douleurs de l'associer au journalisme) s'apparente plus à de la cour de récréation qu'à un débat d'idées.

Ce dernier a d'ailleurs fui depuis longtemps ces luttes intestines, laissant libre cours aux attaques ad personam.

Ces récents mouvements ont pourtant suscité la question de l'opposition entre blogs et journalisme.

Je ne peux que m'étonner que l'on cherche à rapprocher ces deux pratiques.
D'un côté, le blog, activité personnelle où l'auteur exprime, partage son point de vue, son émotion, ses sensations, son indignation à qui veut bien le lire. Quelques fois animés d'un intérêt économique, d'autres d'une démarche purement personnelle.
Que l'auteur ait l'envie d'orienter son blog vers l'information, le commentaire de l'actualité n'en fait pas un journaliste pour autant.
Rien par ailleurs n'oblige l'auteur d'un blog à se soumettre à la déontologie qui régit cette profession.
Ce serait une erreur que de le faire car le lecteur ne recherche pas l'information sur un blog mais un "point de vue".

De l'autre côté, le journaliste est un professionnel qui dédit son temps à la recherche de l'information et qui se soumet à une discipline dans sa retranscription au public.
D'aucuns diront que le point de vue du journaliste transparaît nécessairement dans son article, d'autres rétorqueront que ce serait refaire le débat éculé des limites de l'objectivité chez l'Homme.

Vous pourrez trouver des points de vue dans un journal mais les éditeurs auront pris soin de le souligner dans leur présentation (ex: LeMonde.fr).
Vous pourrez trouver du journalisme dans un blog.
Il n'en reste pas moins que les deux activités sont par nature distinctes.
Leur objet diffère profondément et c'est heureux ainsi.

L'émergence de ces nombreux blogs dits "influents" n'est que la résultante de la passionnante possibilité qu'offre Internet : l'expression d'idées auprès d'un large public sans le prisme des empires médiatiques traditionnels (TV, presse écrite...).

Mais le journalisme n'est pas mort comme le souligne Philippe Bilger: il reste indispensable à la démocratie et à la liberté.

En revanche, on peut déplorer légitimement que la qualité générale de la presse traditionnelle et du journalisme audiovisuel ait chuté cédant aux sirènes du prêt-à-penser, du sensationnalisme, et de la flagornerie.
La défiance générale témoignée par le grand public à leur égard est compréhensible et le succès de la nouvelle presse (Rue89, Bakchich...) n'en est que plus logique.

Mais de grâce, n'opposez pas presse et blogs, car lorsque l'un informe, l'autre permet de confronter son opinion.

Oui, Madame, Monsieur ! Blogs et journaux sont bien complémentaires !

From scratch

Rassurez-vous chers lecteurs, il n'est pas question de faire ici l'apologie de Sidney ou des heures de gloire du Hip-Hop des années 80.

Expression idiomatique rencontrée il y a peu, from scratch signifie "de zéro, de rien".

Lorsque un anglophone s'adressera à vous en vous parlant d'un disque made from scratch, gardez à l'esprit qu'il n'est pas question d'une œuvre composée à partir des grincements provoqués par le vinyle contre le diamant mais bien d'un composition réalisée à partir de rien.

mercredi 9 juillet 2008

Ingrid glorifiée


Après le temps des réjouissements, un sentiment étrange d'incompréhension m'étreint.

Ingrid Betancourt, candidate d'Oxigeno Verde à la présidence de la Colombie, réputée pour son caractère fonceur, voire frondeur, engagée, passionnée, kidnappée puis libérée...

Cette Ingrid là, parce que trop insouciante, a passé 6 années de sa vie recluse dans la jungle des FARC, loin de sa famille et de ses amis.

Cette Ingrid là, qui voulait faire la politique à sa manière, dans son pays lointain que la plupart ne connaît ici que pour ses guérillas financées par une production de cocaïne démesurée.

Cette Ingrid là, qui par ses nombreuses accointances avec les personnages publics français, par ses affinités naturelles avec la France, a fait l'objet d'un soutien et d'un traitement médiatique rares.

Oui, cette Ingrid là, on se demande: pourquoi être tant glorifiée en France, pourquoi la légion d'honneur ce 14 juillet, pourquoi être venue immédiatement après sa libération en France et y rester...?

On aurait trouvé cela tellement plus naturelle qu'elle restât en Colombie et qu'elle y soit célébrée comme nous la célébrons en France...oui, mais c'est ignorer la possible menace qui pèse sur elle.

"Le retour en Colombie, je veux qu'il se fasse avec la plus grande prudence parce que ma famille s'inquiète du risque de représailles de la part des Farc après ma libération, à cause de l'humiliation que cela a été pour eux".

Pour autant, on ne peut s'empêcher de s'interroger, un tel battage médiatique postérieur à sa libération est-il justifié ici?

Quelle place, quel rôle, quel facteur justifie que la presse française lui réserve un accueil égal si ce n'est supérieur à celui de son homologue latino-américain?

Pour le moment, je ne trouve pas de réponses convaincantes du point de vue journalistique.

mardi 8 juillet 2008

On ne célèbre pas que des bonnes nouvelles

Versac met un terme à sa "blog-aventure".

Cette décision pourrait être on ne peut plus anodine si elle n'avait été la conséquence de nombreuses attaques d'aigris en tout genre qui ne peuvent concevoir le succès sans y voir compulsivement une forme de machiavélisme, destiné à glorifier l'ego pour mieux asseoir son pouvoir.

On ne peut que s'attrister d'un tel événement dans la mesure où il constitue une répétition de ce qui existe dans les médias traditionnels: l'appauvrissement de l'intellect, l'uniformisation des messages au profit d'une infâme bouillie d'où ne se dégagent que trop rarement quelques soulagements.

Le blog à l'instar du web 2.0 symbolise l'alternative, l'opportunité d'une expression touchant un large public sans le prisme d'institutionnels crispés à des valeurs et des règles d'un autre âge.
Versac était jusqu'alors un blog influent, non par volonté délibérée de son auteur mais simplement parce qu'il symbolisait dans l'inconscient collectif internautique cette alternative.

Certes, Nicolas continuera son aventure sous une autre forme et sous sa véritable identité.

Souhaitons-lui le succès mais surtout, souhaitons-nous qu'Internet soit toujours cet espace frondeur où s'exprime le renouveau des idées.

Jean de la Fontaine, Rockfeller, Ellen McArthur...



Qu'est-ce que ces personnages célèbres ont en commun?

Ils sont nés un 8 juillet tout comme votre dévoué serviteur !

Quant à Gianluigi Buffon, Cindy Sander (oh mon Dieu !), Mélissa Theuriau, Audrey Tautou, Duran Duran et les Simple Minds.

Vous séchez?

Ils célèbrent tous leur trentième anniversaire cette année...tout comme...bon là, vous devinez !

Alors, au mépris de la bienséance, je me souhaite un joyeux anniversaire !

Pour les curieux, j'ai déjà eu mon cadeau, bien avant l'heure...

On ne pouvait faire mieux.

PS: J'ai réussi l'impossible pari de tenir Cindy Sander et Jean de la Fontaine dans le même billet !
Notez mon incroyable agilité: à 30 ans, j'arrive encore à accomplir un grand écart facial.

jeudi 3 juillet 2008

Profitons !


Avant de nous lancer en conjectures à peine libérés ces 15 otages détenus par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, dont l'inespérée Ingrid Betancourt, réjouissons-nous de ce qui est pour le moment, une merveilleuse nouvelle.

Une mère retrouve sa fille, une mère retrouve ses enfants, une femme retrouve sa famille.

Toujours digne et combattive malgré la difficulté.

Cela mérite notre plus grande sympathie.
 
blog d'expatrié