mardi 16 juin 2009

Rassembler les Centristes?


Jean Arthuis, Sénateur Union Centriste, UDF, fait partie de la floppée de parlementaires qui ont quitté le navire MoDem, bien qu'il ait été membre de son bureau exécutif.

Face aux résultats décevant des suffrages municipaux de 2008, c'en était trop, la tactique de François Bayrou lui est apparu intolérable, surtout dans son isolement à l'égard de la droite. (Bon j'avoue déjà avoir du mal à comprendre le concept de centrisme, si cher à Jean Arthuis, mais excentré à droite...alors Jeannot, au centre ou à droite?).

En Juillet 2008, résolument attaché à l'ex-UDF, il fonde une association politique, Rassembler les Centristes, afin de "rassembler les membres de (la) famille politique (centriste) aujourd’hui éclatée" (on ne peut que décemment reconnaître que le nom de l'association ne manque pas de transparence).

Cette initiative ne manque pas de m'interroger à plusieurs égards. Je présente donc virtuellement mes questions à Jean Arthuis:
- Quelles sont les différences fondamentales entre le Nouveau Centre et Rassembler les Centristes?
- Qu'y a-t-il de totalement inacceptable idéologiquement à gauche pour que l'on considère naturelle l'alliance à droite et non celle à gauche?
- Le Nouveau Centre et Rassembler les Centrises dénoncent tous deux "l'éclatement de la famille centriste", pourquoi avez-vous donc quitté le Mouvement Démocrate pour fonder deux mouvements distincts, contribuant à éclater un peu plus la famille centriste?
- Qu'est-ce qui interdit les membres de Rassembler les Centristes d'adhérer à l'UMP et de pondérer le parti de l'intérieur, plutôt que de l'extérieur? Qu'est-ce qui permet d'affirmer qu'un parti extérieur mais affilié à l'UMP aura plus de poids que les membres mêmes de l'UMP aux affinités "centristes"? Croyez-vous que les députés NC ont réussi à influencer la politique de Nicolas Sarkozy?
- En janvier 2006, 92% des adhérents de l'UDF ont approuvé la ligne d'émancipation à l'égard de la droite. Pourquoi ne respectez-vous pas ce choix...démocrate?
- Rassembler les Centristes et le Nouveau Centre sont deux mouvements comptant un grand nombre d'élus mais un nombre marginal d'adhérents. Le Nouveau Centre ne présente des candidats que là où l'UMP les y autorise. Aux yeux des électeurs, qu'est-ce qui distingue ces affiliés de l'UMP? Comment espérer faire triompher les idées centristes si l'UMP décide dans les faits de l'importance que doit garder ce mouvement sur le terrain par le jeu des accords électoraux?
- Estimez-vous que la politique de la majorité actuelle respecte sans réserve vos convictions centristes et républicaines?

lundi 15 juin 2009

Diction du jour

Une élection ne se joue pas nécessairement sur des idées mais sur la perception que les électeurs en ont
Une devise qui devrait faire réfléchir les commentateurs des élections européennes.

La réforme oui, la chianlit non!

Que ne lis-je comme inepties sur des forums ou sites Internet de la part de membres parfois cadres, parfois simple sympathisants sur les réformes à mener au sein du Mouvement Démocrate suite à la débâcle des élections européennes.

La défaite est incontestable - et je crois incontestée -, des erreurs ont été sans doute commises mais voyez-vous, l'agonie est le moment préféré de certains pour commenter. Non pas qu'il s'agisse d'une propension mortifère mais simplement d'un traumatisme dont la douleur nous atteint au plus profond et nous réveille de la léthargie dans laquelle nous étions tombés.

Oui, car de léthargie il était question. Au gré du parcours du MoDem, les idées, le travail de terrain et le combat européen ne transitaient plus depuis le corps jusqu'à la tête et partant, depuis la tête vers l'extérieur.
Aussi, nul ne s'était réellement alarmé jusqu'à cette terrible déconvenue du 7 juin 2009, aspirés par le discours antigouvernemental de notre Président, François Bayrou.

Or, soulignons un instant cette forte incompréhension de certains Démocrates lorsque ces derniers réalisèrent amèrement qu'on ne pouvait apparemment mêler politique nationale et enjeux européens. D'un côté, d'aucuns considèrent que l'opposition frontale au gouvernement n'est guère une posture antisarkozyste, mais cet antisarkozysme n'est qu'un symptôme de l'incompatibilité définitive entre le projet de société porté par la majorité en place (que Bayrou qualifie de "société des inégalités croissantes") et celui des Démocrates, foncièrement républicain en ce qu'il est libéral* (liberté), social (égalité) et humaniste (fraternité). Or, ce projet de société est aussi valable pour la France que pour l'Europe qu'on ne peut raisonnablement dissocier.

De l'autre, le message a été perçu comme individuel, adressé par un futur candidat à la présidentielle de 2012 contre son opposant, faisant fi de l'excellent programme européen du parti et de ses candidats pourtant reconnus pour leur qualité.
Les raisons sont multiples, notamment:
- l'individualisation apparente du parti, un François Bayrou surexposé (fût-ce volontaire ou la conséquence indésirée de médias qui ne jurent que par le Président du mouvement? L'oeuf ou la poule...). Ce qui atteint François Bayrou, atteint le MoDem aux yeux des tiers.
- le discours de François Bayrou résolument antigouvernental et la parution d"Abus de pouvoir"
- une élection de groupes et de listes à laquelle le MoDem a répondu par une communication adaptée à une élection présidentielle
- un discours politique adressé aux militants qui ne sont pas ceux à convaincre.

Malgré la subtilité de la situation, certains ont cette tendance détestable, irraisonnée et épidermique, à réclamer la tête de celui qui incarne le mouvement (comme on licencie un entraîneur "fusible" dans un club de foot en dérive, persuadés que c'est l'unique solution).
On ne peut tout à fait reprocher aux médias de pratiquer cet exercice: l'urgence de l'information ne permet pas d'essayer d'analyser le fond. On se contente des apparences.

Non. Ce qui n'est pas tolérable, c'est cet appel de la part de certains à brûler aujourd'hui ce qu'ils ont encensés hier. Entre ceux résolus à jeter le bébé avec l'eau du bain et ceux déterminés à installer la collégialité, le seul choix qui nous serait offert serait:
Vous voulez mourir façon PS ou façon Verts?

Allons, allons. Les déconvenues font partie de la vie politique, aussi forte soit la désillusion.
Le tout est de savoir apprendre de ses erreurs. Pour autant, aux ayatollahs de la collégialité, je les renvoie à l'intervention de Jean-Luc Bennahmias, brillante de pertinence. Quant aux autres, je les renvoie à cette célèbre déclaration du Général de Gaulle:
La réforme oui, la chianlit, non !
Ne touchez pas aux idées ! Cessez de contribuer à répandre l'idée qu'il n'y aura pas eu de programme au MoDem, arrêtez de tirer contre votre propre camp ! Nous avons déjà fort à faire avec les autres partis d'opposition qui n'ont pas compris que tirer contre nous, c'est favoriser leur ennemi.
Traitons ensemble le problème pour ce qu'il est principalement: une erreur de stratégie de communication et un manque de visibilité des cadres du mouvement.

Le reste n'est que gesticulation d'apparatchiks.

* Veuillez comprendre libéral dans son sens véritable et non dans la dérive de sa compréhension où certains qualifient la société actuelle de libérale, ce qui est une erreur fondamentale.

dimanche 14 juin 2009

Ca se passe de commentaires

Au détour d'une vidéo reprise par un de mes amis sur Facebook, que je vous invite à découvrir...



Ebahi par tant de talents, je ne résiste pas à découvrir son site...
Vite, vite, courez-y, vous pourriez bien avoir envie d'acheter son disque ! Ca vous évitera de dépenser des sous dans le dernier Francky Vincent.

Quelle horreur !

Mes chers concitoyens, il semblerait que notre peine ait été alourdie de 5 ans ferme.

Espérons que le tribunal populaire sera indulgent en 2012 pour nous faire bénéficier d'une libération anticipée...

samedi 13 juin 2009

Sarkozy, chasseur de tête

Dans sa grande stratégie "débauchage qui a l'odeur de l'ouverture mais qui n'en a pas la saveur", le Président de la République poursuit sa quête folle consistant à fragiliser tout mouvement d'opposition à l'UMP, rappelant les plus grandes heures des démocraties...populaires.

Effectivement, si l'on peut comprendre l'envie d'assurer une réélection, frapper un homme à terre est tout de même symptomatique d'une dérive inquiétante.
Que cherche-t-il réellement à obtenir? Un parti unique en France? Le contrôle de tous les pouvoirs entre ses mains uniques avec le consentement et la satisfaction du peuple?
Le beurre, la crémière...tout ça...

Mais mettons ces considérations de côté.
Ce qui est bon de relever c'est que contrairement au PS, les membres prétendument sollicités du Mouvement Démocrate ne rompent pas...ils ne plient d'ailleurs même pas, ils démontrent que toute idée d'alliance avec un gouvernement dont ils n'ont de cesse de dénoncer les dérives est absolument incompatible avec leurs convictions politiques.

Arrêtons-nous un instant sur le mécanisme de la stratégie sarkozyste: il n'est en fait nul besoin d' offrir un portefeuille ministériel à qui que ce soit pour faire vaciller les adversaires. La tactique utilisée est celle du "name dropping" (mais comme je n'apprécie guère les anglicismes, parlons de "lâché de nom").

La technique est simple: il suffit que quelques membres du gouvernement ou bien de la majorité viennent à évoquer l'idée qu'untel est reconnu pour ses compétences professionnelles ou qu'il verrait bien untel au Ministère de l'Environnement pour que le "buzz" et l'agitation incontrôlée se diffusent au sein du parti politique concerné.

Le dernier en date concerné par une telle manoeuvre est Jean-Luc Bennahmias, Vice-Président cofondateur du MoDem et transfuge des Verts.
Oui mais voyez-vous, tout le monde ne va pas à la soupe, certains savent encore garder une certaine intégrité morale et politique.

Celui-ci a donc profité du micro qui lui était offert par Parlons Net pour affirmer sans ambages son refus catégorique de rejoindre le gouvernement si un poste lui était proposé.
L'information est relayée fidèlement par LeFigaro.fr et Rue89.com.

Avec le temps je devrais savoir qu'il ne faut pas lire les commentaires très partisans sous les articles de ces deux journaux en ligne mais que voulez-vous, faible que je suis, je ne sais pas résister à l'envie d'en découdre.

Ce qui est atterrant et à la fois inquiétant pour la vie politique française, c'est que malgré une attitude exemplaire et un discours franc - Bennhamias ne pratique pas vraiment la langue de bois - vous avez toujours une quantité importante de commentateurs pour suspecter quelque manigance inavouée.

Voyez par exemple ce commentaire sélectionné par la rédaction de Rue89 d'un internaute nommé Numerosix:
C'est bien pour des gens sensés être dans l'opposition d'expliquer longuement pourquoi ils n'iront pas ( ou n'iraient pas) au gouvernement , mais ça reste suspect …
Ce qui serait plus rassurant, quand on leurs pose la question , ce serait qu'ils répondent « Moi ? HA ! HA ! Mais ça va pas la tête , non ? »
Curieusement, ils ne répondent jamais comme ça , vous avez remarqué ?
Sur le Figaro.fr, voici un commentaire que j'ai moi-même sélectionné représentant toute une frange des lecteurs dont je ne comprends pas l'agressivité:

PhilUSA 12/06/2009 à 20:35

Ca tombe bien !...
Comme il le reconnaît lui-même, personne ne le lui a demandé !
Ce qui est très drôle, c'est que pour tous les "Has been" du Modem ou du PS, annoncer qu'ils n'iront pas au gouvernement est leur dernier moyen de faire parler d'eux !
Ils devraient faire comme les Anglais : monter un "gouvernement fantôme" (Shadow cabinet)... avec D. de Villepin par exemple !
Pauvres gens...
Rappelons ici que c'est une information révélée par le Canard Enchaîné qui a initié la discussion à ce sujet.

Ce que je ne comprends pas réellement chez cette partie de la population (de droite comme de gauche en l'occurrence), c'est que si JLB ne s'était pas exprimé on aurait pris ce silence pour un consentement tacite, s'il avait accepté ce poste hypothétique tout le monde aurait crié "z'avez vu? Le Modem, l'UMP et le PS, c'est pareil" et lorsque les membres du MoDem refusent nettement, ces gens là trouvent l'affaire suspicieuse...

Va savoir Charles...

Amuse-toi avec tes amis: si tu cherches bien dans le texte, tu trouveras un appeau à trolls.

vendredi 12 juin 2009

Tractations de couloir à Strasbourg


Vu chez l'Hérétique et chez Quatremer, le Parti Démocrate italien quitte l'ALDE pour former une nouvelle alliance avec le PSE.

Information confirmée sur le site Internet du Parti:
http://www.partitodemocratico.it/dettaglio/81408/una_casa_in_europa

Selon le message officiel, les démocrates italiens ont pris cette décision afin de former une majorité réformatrice en opposition avec les partis eurosceptiques à Strasbourg, l'alliance avec le PS étant une étape à ce titre et non une finalité.

Le MoDem s'est déjà exprimé favorablement pour une alliance PSE/Verts/ALDE qui porterait un candidat autre que José Manuel Durão Barroso à la Présidence de la Commission. Encore fallait-il convaincre les autres partis membres du groupe démocrate européen de faire de même.

Les démocrates italiens n'ont donc pas attendu ces discussions qui devaient avoir lieu notamment lors de la réunion de constitution du groupe du 30 juin prochain.

Il est clair que ce départ risque de sérieusement stygmatiser les discussions au sein des libéraux et démocrates.

Le PSE à cette occasion s'offre un nouveau nom: l'Alliance Européenne Sociale et Démocrate.
Simple travail cosmétique ou réelle réorientation centriste du groupe européen?

Dans le premier cas, rejoindre le groupe sera difficile en ce que d'aucuns crieront à l'opportunisme et les adversaires des démocrates continueront à houspiller et à s'égosiller sur leur prétendu opportunisme.

Dans le deuxième, le PS risque de creuser un peu plus les divisions internes en acceptant de s'associer avec des "libéraux" à Strasbourg, confirmant une droitisation à rebrousse-poil du mouvement initié depuis le Congrès de Reims par le parti à la rose.

Les partis politiques doivent communiquer là-dessus ! A défaut, ils contribuent fortement à confirmer le divorce entre les électeurs et les institutions européennes !

Pour ce qui est de mon opinion personnelle, à partir du moment où l'on peut instaurer une véritable alternative à la gouvernance européenne à laquelle nous avons droit jusqu'à aujourd'hui, j'approuve...si tant est que cette alternative ne va pas en contradiction avec le programme européen du MoDem sur lequel j'ai la faiblesse de penser que nous pouvons largement converger avec le PSE en de nombreux points (harmonisation fiscale et sociale, développement durable, groupe "pro-européen"...).
 
blog d'expatrié