Cher lectorat,
Je me confonds en excuse. Il ne m'a pas été possible d'alimenter ce blog ces derniers jours (bien que l'envie ne me manque pas) pour cause de surabondance de travail !
Je n'ai même pas pu profiter sereinement de ce week-end de trois jours (le lundi était un jour férié ici) pour cette raison ! Les contrats s'accumulent, les urgences aussi !
Je n'ai qu'une envie: boucler tous ces dossiers et vous faire part de mes dernières indignations ou mes derniers coups de coeur !
Cheers !
mercredi 6 mai 2009
mercredi 29 avril 2009
Eventuellement n'est pas probable...mais certain !
Une courte note pour vous inviter à faire attention à ce faux-ami extrêmement utilisé en anglais.
"Eventually" ne signifie pas "éventuellement" et n'insère aucunement l'idée d'une hypothèse ou d'une probabilité. Bien au contraire, l'anglais est lui beaucoup plus affirmatif en ce que cette expression est l'affirmation d'une certitude.
Donc, si vous lisez cet article de Timesonline:
Ne lisez pas "Peut-être finirons-nous tous par détester Obama aussi" mais bel et bien "Nous finirons tous par détester Obama aussi". La nuance est d'importance !
Si vous deviez utiliser l'équivalent du français "éventuellement", préférez "possibly" qui en est sa meilleure traduction.
C'était la minute "Cours d'Anglais avec le Professeur Nemo".
"Eventually" ne signifie pas "éventuellement" et n'insère aucunement l'idée d'une hypothèse ou d'une probabilité. Bien au contraire, l'anglais est lui beaucoup plus affirmatif en ce que cette expression est l'affirmation d'une certitude.
Donc, si vous lisez cet article de Timesonline:
Eventually, we will all hate Obama too.
Ne lisez pas "Peut-être finirons-nous tous par détester Obama aussi" mais bel et bien "Nous finirons tous par détester Obama aussi". La nuance est d'importance !
Si vous deviez utiliser l'équivalent du français "éventuellement", préférez "possibly" qui en est sa meilleure traduction.
C'était la minute "Cours d'Anglais avec le Professeur Nemo".
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lundi 27 avril 2009
Utopia : déméler les bonnes idées des fausses
Lors d'un échange anodin avec Madame, dans un endroit qui ne s'y prétait guère, me voici en train de digresser insatiablement sur un thème propre aux effusions prolixes: "Et si..."
Je ne doute pas un instant que la variante suivante rencontre un succès sans pareil au bar-PMU "Chez Dédé" ou près de la machine à café avec votre collègue Jean-Guy* : "Et si tu gagnais à l'Euromillions?"
Non, chers lecteurs, je ne vous propose pas d'étendre ici cette discussion de comptoirs mais d'en élaborer une autre pour laquelle Internet devrait être définitivement un média d'intérêt.
"Et si vous étiez Président de la République? Et si vous étiez Président d'une Europe fédérale unie? Et si vous aviez le pouvoir de faire adopter les lois de votre choix par la France ou l'Europe?"
L'intérêt de l'exercice sera de régulièrement analyser et soumettre à la critique les vraies et les fausses bonnes idées. Un exercice que je ne manquerai pas de tenter moi-même dans un premier temps.
Je me lance d'ores et déjà sur une première idée:
Et si j'étais Président d'une Europe fédérale?
Je ferais voter une loi sur les droits de douanes, soumettant toute importation à destination de l'Union Européenne à une taxe dont le taux serait fixée chaque année par une commission d'experts indexé sur la situation économique et sociale du pays de production et ce, par secteur d'activités.
Par exemple, l'importation de vêtements de prêt-à-porter produits aux Etats-Unis serait soumis à une taxe que la commission aurait établi à 15% (chiffre fictif) en raison de charges sociales plus faibles et d'un salaire moyen inférieur. L'importation des mêmes produits en provenance du Viêt-Nam serait soumis à une taxe établie à 150%.
Avantages: réduction du dumping social, incitation au développement économique intra-Européen, concurrence équilibrée et humaine entre économies des pays occidentaux et pays moins développés
Inconvénients: travail collossal, mise en application difficile, impact immédiat sur les économies moins développées hors Europe, entreprises européennes moins concurrentielles à court terme, effet dissuasif pour les capitaux et investissement à court terme
*Nulle envie de plagier la série à succès de la petite chaîne qui monte. Pour l'anecdote, un de mes collègues en France s'appelle Jean-Guy et disons qu'il a acquis une certaine notoriété au sein de l'entreprise qui n'est pas due à ses qualités professionnelles...
Je ne doute pas un instant que la variante suivante rencontre un succès sans pareil au bar-PMU "Chez Dédé" ou près de la machine à café avec votre collègue Jean-Guy* : "Et si tu gagnais à l'Euromillions?"
Non, chers lecteurs, je ne vous propose pas d'étendre ici cette discussion de comptoirs mais d'en élaborer une autre pour laquelle Internet devrait être définitivement un média d'intérêt.
"Et si vous étiez Président de la République? Et si vous étiez Président d'une Europe fédérale unie? Et si vous aviez le pouvoir de faire adopter les lois de votre choix par la France ou l'Europe?"
L'intérêt de l'exercice sera de régulièrement analyser et soumettre à la critique les vraies et les fausses bonnes idées. Un exercice que je ne manquerai pas de tenter moi-même dans un premier temps.
Je me lance d'ores et déjà sur une première idée:
Et si j'étais Président d'une Europe fédérale?
Je ferais voter une loi sur les droits de douanes, soumettant toute importation à destination de l'Union Européenne à une taxe dont le taux serait fixée chaque année par une commission d'experts indexé sur la situation économique et sociale du pays de production et ce, par secteur d'activités.
Par exemple, l'importation de vêtements de prêt-à-porter produits aux Etats-Unis serait soumis à une taxe que la commission aurait établi à 15% (chiffre fictif) en raison de charges sociales plus faibles et d'un salaire moyen inférieur. L'importation des mêmes produits en provenance du Viêt-Nam serait soumis à une taxe établie à 150%.
Avantages: réduction du dumping social, incitation au développement économique intra-Européen, concurrence équilibrée et humaine entre économies des pays occidentaux et pays moins développés
Inconvénients: travail collossal, mise en application difficile, impact immédiat sur les économies moins développées hors Europe, entreprises européennes moins concurrentielles à court terme, effet dissuasif pour les capitaux et investissement à court terme
*Nulle envie de plagier la série à succès de la petite chaîne qui monte. Pour l'anecdote, un de mes collègues en France s'appelle Jean-Guy et disons qu'il a acquis une certaine notoriété au sein de l'entreprise qui n'est pas due à ses qualités professionnelles...
vendredi 24 avril 2009
L'ACE insulte les Juristes d'Entreprise !
Voici un passage particulièrement intéressant sur la perception qu'ont certains avocats du travail des juristes d'entreprise.
L’élargissement des missions de l’avocat, notamment en permettant l’exercice de l’avocat en entreprise rejoint les propositions constantes de l’ACE et sera le moyen d’augmenter la place du droit dans notre société, ce qui est un devoir pour la profession d’avocat.Nul besoin d'être omniscient pour saisir l'affirmation implicite: seul un élargissement des missions de l'avocat permettrait d'augmenter la place du droit dans notre société.
D'aucuns argueraient que l'on ne pourrait reprocher à une association défendant les intérêts des avocats conseils d'entreprises de prêcher pour leur paroisse.
Certes, ce serait néanmoins reconnaître que le but poursuivi est purement corporatiste.
Je préfère raisonner en fonction de l'intérêt général, qui en l'occurrence rejoint celui des juristes d'entreprise.
Juristes d'entreprise et avocats: des intérêts communs
Les juristes d'entreprise ont toujours déploré que le quidam ne perçoive le droit que par le seul prisme judiciaire. L'association d'idée a longtemps été systématique: droit = avocat = tribunal.
L'activité de conseil juridique n'étant à proprement parler pas clairement identifiée.
Nous nous sommes donc retrouvés ainsi dans un pays où beaucoup trop d'actes et de conseils juridiques ont été accomplis par les "professions du juridique par accessoire". Comprenez des professions dont l'activité principale n'est pas juridique et qui ne sont le plus souvent pas formées au droit (expert-comptables, conseils en ressources humaines...)
Les juristes d'entreprise ont donc dû bataillé ferme pour réinstaurer la fonction de conseil juridique.
Combien de fois n'ai-je entendu:
- Juriste d'entreprise? C'est quoi?
Nous ne reviendrons pas sur les raisons d'une telle méconnaissance partagée, la fusion des professions de conseils et avocats y ayant sûrement largement contribué. (Comment communiquer et sensibiliser sur la question juridique quand une déontologie propre à l'activité judiciaire en interdit toute forme?)
Le juriste d'entreprise est le garant de la sécurité juridique: il détecte, conseille et s'entoure...d'avocats !
Nous sommes certainement les premiers clients des avocats ! Nos intérêts sont communs : la sécurité juridique et l'accès au droit pour tous !
L'absence de reconnaissance
Beaucoup trop de voix s'élèvent pour applaudir des deux mains une réforme qui méprise le juriste d'entreprise.
Trouveriez-vous normal qu'on exigeât d'un ingénieur informatique qu'il ait 8 ans d'expérience pour exercer le même métier au motif qu'une réforme réserverait le conseil en informatique aux polytechniciens?
Quel en serait le motif autre que satisfaire les intérêts corporatistes des diplômés issus de l'X?
La situation est exactement la même ici.
Sauf à sous-entendre la sous-qualification de l'un par rapport à l'autre, il n'y aucun motif pour exiger une quelconque expérience pour permettre à des professionnels de bénéficier d'une réforme.
Nous sommes très largement favorables à ce que nous formions une seule et grande famille, encore faudrait-il qu'on n'ostracisât point tels frères et soeurs au motif qu'ils n'auraient pas les yeux bleus!
Avocats: vous voulez exercer notre métier? Rien ne vous l'interdit ! Pour ce faire, vous devrez vous soumettre à la concurrence des autres diplômés du droit.
Vous voulez créer une grande profession du droit réunissant nos deux métiers?
Intégrez-nous sans autre condition que la formation juridique (seul argument pertinent) et adaptez le CRFPA et la CAPA à l'exercice du conseil en entreprise pour les nouvelles générations.
Certains convoiteraient le gâteau pour eux-mêmes?
jeudi 23 avril 2009
What the hell is that?
Je viens juste de tenir une conférence téléphonique avec la représentante d'un client anglais sur une négociation contractuelle. (Minute papillon, ne vous en allez pas si vite, l'anecdote n'a rien de juridique!).
My Goodness!
J'ai été soudainement stupéfait par la conjugaison fascinante de loghorrée tenue par une femme à l'accent inconnu et à peine intelligible.
N'allez pas croire que je n'aurais pipé mot devant pareil surprise. L'exercice était délicat mais votre serviteur s'en est finalement sorti sans coup férir !
Selon l'opérationnel présent lors de cette conversation:
Imaginez-vous face à un interlocuteur à l'accent fortement marqué et pour lequel vous seriez capable de dire
Et pourtant, je reconnais plusieurs accents dans d'autres langues.
Mexicain, Argentin, Castillan, Andalous, Portugais du Nord, de Centre, Brésilien, Britannique de Londres, d'Oxford, de Manchester, Ecossais, Etats du Sud des Etats-Unis, Côte Est...
Et comme beaucoup je distingue l'accent Ch'ti du savoyard ou de l'accent du sud.
Les esprits les plus éclairés auront vite constaté qu'il s'agit là d'accents fortement personnalisés.
God damn it ! Je suis découvert !
Si d'aventures, vous deviez discourir face à un Ecossais, préparez-vos esgourdes !
Vous pourriez bien avoir à prêter l'attention la plus grande pour décortiquer cette manière tout à fait originale de pratique la langue de Shakespeare !
*J'adore cet accent, une sorte d'accent de la classe moyenne de la côte Est de Glasgow.
My Goodness!
J'ai été soudainement stupéfait par la conjugaison fascinante de loghorrée tenue par une femme à l'accent inconnu et à peine intelligible.
N'allez pas croire que je n'aurais pipé mot devant pareil surprise. L'exercice était délicat mais votre serviteur s'en est finalement sorti sans coup férir !
Selon l'opérationnel présent lors de cette conversation:
"I love that accent, some kind of middle-class west coast Glasgow accent"*C'est ce que j'appelle de la localisation !
Imaginez-vous face à un interlocuteur à l'accent fortement marqué et pour lequel vous seriez capable de dire
"J'adore cet accent, une sorte d'accent des quartiers ouvriers du nord de Concarneau" (pure invention)Personnellement, dès que j'entends des mots en "aing", j'ai bien du mal à trancher "Sud-Est ou Sud-Ouest?"...
Et pourtant, je reconnais plusieurs accents dans d'autres langues.
Mexicain, Argentin, Castillan, Andalous, Portugais du Nord, de Centre, Brésilien, Britannique de Londres, d'Oxford, de Manchester, Ecossais, Etats du Sud des Etats-Unis, Côte Est...
Et comme beaucoup je distingue l'accent Ch'ti du savoyard ou de l'accent du sud.
Les esprits les plus éclairés auront vite constaté qu'il s'agit là d'accents fortement personnalisés.
God damn it ! Je suis découvert !
Si d'aventures, vous deviez discourir face à un Ecossais, préparez-vos esgourdes !
Vous pourriez bien avoir à prêter l'attention la plus grande pour décortiquer cette manière tout à fait originale de pratique la langue de Shakespeare !
*J'adore cet accent, une sorte d'accent de la classe moyenne de la côte Est de Glasgow.
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vendredi 17 avril 2009
8 ans d'expérience
Voilà un des points sur lequel nous discutions avec d'autres juristes quant au très actuel rapport Darrois.
8 ans d'expérience: c'est la condition requise et applaudie des deux mains (si tant est que l'on puisse applaudir autrement) par l'AFJE, association prétendument représentante de la profession.
Celle-ci avait un fondement dans le cadre de la passerelle dite "article 97" en référence aux dispositions du décret du 27 novembre 1991. En effet, il n'était pas aberrant que l'on exigeât d'un juriste d'entreprise dont la seule formation et expérience sont tournées vers le conseil juridique, que celui-ci ait acquis une certaine connaissance du terrain prouvant sa capacité à s'adapter et donc à se reconvertir pour lui ouvrir les portes d'une nouvelle dimension : le judiciaire.
Il n'était pas non plus aberrant que l'Ordre des Avocats se réservât l'appréciation des candidatures.
Rapporté à la création de la profession d'Avocat en Entreprise, cette exigence est insultante !
Pourquoi faudrait-il justifier d'une telle condition qui n'a à l'évidence aucun fondement, mais surtout n'est absolument pas indispensable pour l'exercice de ce métier?
Peut-on trouver plus ubuesque comme exigence?
Demanderait-on à un infirmer qu'il ait exercé 8 ans pour pouvoir continuer à exercer sous prétexte d'une nouvelle réglementation?
Les membres de la Commission Darrois avoueraient-ils à demi-mots qu'ils considèrent le juriste d'entreprise comme un sous-avocat d'entreprise?
Allons, bon, nous n'allons pas reproduire la guerre fratricide qui oppose certains JE et certains avocats depuis 30 ans !?
Une frontière au-delà du réel...
Qu'est-ce qu'un juriste d'entreprise avec moins de 8 ans d'expérience? Une inconnue? Un demi-juriste? Les diplômes aussi prestigieux que le DJCE sont-ils soudainement balayés d'un revers de la main et devenus inadaptés à la profession tant que l'on n'a pas franchi cette frontière symbolique de 8 ans d'expérience?
Que se passe-t-il au juste la neuvième année? Un hâlo de lumière entoure le juriste d'entreprise tel le Saint-Esprit un jour de Pentecôte? Une illumination métaphysique? Le Nirvâna ?
La compétence du JE
Arrêtons ces inepties. Les juristes d'entreprise ont soigneusement oeuvré jusqu'à aujourd'hui à sensibiliser les entreprises aux questions juridiques, favorisé l'intervention d'un avocat mettant à mal de facto, l'évolution inquiétante des professions du "juridique par accessoire"... en quelques mots, nous avons fait la publicité des professions du droit et contribué à l'enrichissement de tous.
Un Juriste d'Entreprise est un professionnel compétent et reconnu.
Sa formation universitaire et sa connaissance de l'entreprise lui donnent ses qualités.
C'est ce que le rapport Darrois aurait dû rappeler. La compétence du JE est bel et bien réelle.
" La valeur n'attend pas le nombre des années".
Mais cela aurait signifié qu'on lui accorderait systématiquement le statut d'avocat d'entreprise...et donc n'évincerait pas ces indésirables pour laisser le champ libre aux avocats qui souhaitent se reconvertir.
Or, rien ne les empêche de se convertir pour autant qu'ils daignent abandonner leurs privilèges et qu'ils se soumettent à une juste concurrence.
Le CRFPA, paragon de l'excellence juridique
Pourquoi réserver le conseil juridique à la profession d'avocat?
Pourquoi ne pas plutôt donner des règles à la profession existante?
Quitte à réserver au CRFPA le monopole de la formation du conseil juridique, ne vaudrait-il pas mieux permettre de postuler dès la fin du lycée?
Ah zut...cela voudrait dire que l'on admet enfin la sélection à l'entrée des études...bah oui, ma brave dame, on n'entre pas au CRFPA comme dans un moulin: vous devrez réussir au préalable un examen d'entrée...
Quel est le rôle du CRFPA, quelle formation indispensable dispenserait-il pour préparer à l'exercice du conseil juridique, profession qui en 30 ans d'existence s'est montré étrangement indifférente à son égard...?
Peut-être qu'un début de réponse réside dans le fait que l'on recherche avant tout la compétence juridique et la connaissance de l'entreprise. L'une s'acquiert sur les bancs de la fac, l'autre...avec le temps. Deux choses que le CRFPA ne peut et ne saurait offrir.
8 ans d'expérience: c'est la condition requise et applaudie des deux mains (si tant est que l'on puisse applaudir autrement) par l'AFJE, association prétendument représentante de la profession.
Celle-ci avait un fondement dans le cadre de la passerelle dite "article 97" en référence aux dispositions du décret du 27 novembre 1991. En effet, il n'était pas aberrant que l'on exigeât d'un juriste d'entreprise dont la seule formation et expérience sont tournées vers le conseil juridique, que celui-ci ait acquis une certaine connaissance du terrain prouvant sa capacité à s'adapter et donc à se reconvertir pour lui ouvrir les portes d'une nouvelle dimension : le judiciaire.
Il n'était pas non plus aberrant que l'Ordre des Avocats se réservât l'appréciation des candidatures.
Rapporté à la création de la profession d'Avocat en Entreprise, cette exigence est insultante !
Pourquoi faudrait-il justifier d'une telle condition qui n'a à l'évidence aucun fondement, mais surtout n'est absolument pas indispensable pour l'exercice de ce métier?
Peut-on trouver plus ubuesque comme exigence?
Demanderait-on à un infirmer qu'il ait exercé 8 ans pour pouvoir continuer à exercer sous prétexte d'une nouvelle réglementation?
Les membres de la Commission Darrois avoueraient-ils à demi-mots qu'ils considèrent le juriste d'entreprise comme un sous-avocat d'entreprise?
Allons, bon, nous n'allons pas reproduire la guerre fratricide qui oppose certains JE et certains avocats depuis 30 ans !?
Une frontière au-delà du réel...
Qu'est-ce qu'un juriste d'entreprise avec moins de 8 ans d'expérience? Une inconnue? Un demi-juriste? Les diplômes aussi prestigieux que le DJCE sont-ils soudainement balayés d'un revers de la main et devenus inadaptés à la profession tant que l'on n'a pas franchi cette frontière symbolique de 8 ans d'expérience?
Que se passe-t-il au juste la neuvième année? Un hâlo de lumière entoure le juriste d'entreprise tel le Saint-Esprit un jour de Pentecôte? Une illumination métaphysique? Le Nirvâna ?
La compétence du JE
Arrêtons ces inepties. Les juristes d'entreprise ont soigneusement oeuvré jusqu'à aujourd'hui à sensibiliser les entreprises aux questions juridiques, favorisé l'intervention d'un avocat mettant à mal de facto, l'évolution inquiétante des professions du "juridique par accessoire"... en quelques mots, nous avons fait la publicité des professions du droit et contribué à l'enrichissement de tous.
Un Juriste d'Entreprise est un professionnel compétent et reconnu.
Sa formation universitaire et sa connaissance de l'entreprise lui donnent ses qualités.
C'est ce que le rapport Darrois aurait dû rappeler. La compétence du JE est bel et bien réelle.
" La valeur n'attend pas le nombre des années".
Mais cela aurait signifié qu'on lui accorderait systématiquement le statut d'avocat d'entreprise...et donc n'évincerait pas ces indésirables pour laisser le champ libre aux avocats qui souhaitent se reconvertir.
Or, rien ne les empêche de se convertir pour autant qu'ils daignent abandonner leurs privilèges et qu'ils se soumettent à une juste concurrence.
Le CRFPA, paragon de l'excellence juridique
Pourquoi réserver le conseil juridique à la profession d'avocat?
Pourquoi ne pas plutôt donner des règles à la profession existante?
Quitte à réserver au CRFPA le monopole de la formation du conseil juridique, ne vaudrait-il pas mieux permettre de postuler dès la fin du lycée?
Ah zut...cela voudrait dire que l'on admet enfin la sélection à l'entrée des études...bah oui, ma brave dame, on n'entre pas au CRFPA comme dans un moulin: vous devrez réussir au préalable un examen d'entrée...
Quel est le rôle du CRFPA, quelle formation indispensable dispenserait-il pour préparer à l'exercice du conseil juridique, profession qui en 30 ans d'existence s'est montré étrangement indifférente à son égard...?
Peut-être qu'un début de réponse réside dans le fait que l'on recherche avant tout la compétence juridique et la connaissance de l'entreprise. L'une s'acquiert sur les bancs de la fac, l'autre...avec le temps. Deux choses que le CRFPA ne peut et ne saurait offrir.
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mercredi 15 avril 2009
Damn it!
Les pêcheurs bloquent les ports de Boulogne, Calais et Dunkerque.
Je ne me prononcerai pas sur la pertinence ou non de ce mouvement de contestation.
Non, ce sera juste un billet d'humeur.
Ma compagnie de ferry propose soit de rerouter les passagers par l'Eurotunnel, soit de changer le billet gratuitement.
Il n'est pas envisageable pour moi d'attendre indéfiniment au port de Calais qu'une place se libère sur l'Eurotunnel accompagné par ma femme enceinte et ma fille de neuf mois.
Dès lors, me voilà contraint, sous réserve que mon employeur compatissant ne s'y oppose pas, de perdre une journée de congé supplémentaire.
Me voilà donc solidaire d'un mouvement de protestation malgré moi.
Je ne me prononcerai pas sur la pertinence ou non de ce mouvement de contestation.
Non, ce sera juste un billet d'humeur.
Ma compagnie de ferry propose soit de rerouter les passagers par l'Eurotunnel, soit de changer le billet gratuitement.
Il n'est pas envisageable pour moi d'attendre indéfiniment au port de Calais qu'une place se libère sur l'Eurotunnel accompagné par ma femme enceinte et ma fille de neuf mois.
Dès lors, me voilà contraint, sous réserve que mon employeur compatissant ne s'y oppose pas, de perdre une journée de congé supplémentaire.
Me voilà donc solidaire d'un mouvement de protestation malgré moi.
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